Introduction
- Par Anne Cordier
- et Séverine Erhel
Pages 4 à 15
Citer ce chapitre
- CORDIER, Anne
- et ERHEL, Séverine,
- Cordier, Anne.
- et al.
- Cordier, A.
- et Erhel, S.
- Coordonné par A. Cordier
- et S. Erhel
https://doi.org/10.3917/retz.cordi.2023.01.0004
Citer ce chapitre
- Cordier, A.
- et Erhel, S.
- Coordonné par A. Cordier
- et S. Erhel
- Cordier, Anne.
- et al.
- CORDIER, Anne
- et ERHEL, Séverine,
https://doi.org/10.3917/retz.cordi.2023.01.0004
Notes
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[1]
Recherche effectuée dans Europresse, base effectuant plus de 14 000 titres de magazines et journaux de la presse française et internationale, avec les mots-clés « enfants », « écrans », et combinaison « dangers » / « risques » / « addictions » (singulier et pluriel), prenant pour cible-source les quotidiens nationaux français, et les bornes temporelles juin 2020-juin 2022.
-
[2]
L’exemple de l’affaire dite Ducanda est tout à fait emblématique de ce processus. Le docteur Ducanda a bénéficié d’une audience médiatique – et donc sociale – considérable en diffusant une panique morale associant temps de consommation desdits écrans et « autisme virtuel ». La communauté scientifique s’est attelée à combattre cette panique morale, mais force est de constater que ce sont à des heures d’audience et par des canaux de diffusion grand public que les propos du docteur Ducanda ont été publicisés.
-
[3]
Nous pensons notamment à toutes ces industries qui s’appuient sur les paniques morales liées aux usages juvéniles des écrans pour proposer des applications et autres produits destinés à contrôler les usages, réduire les « risques de navigation », etc.
782 sur 917, soit 85 %. C’est la proportion d’articles consacrés aux « enfants » et aux « écrans », parus dans la presse quotidienne nationale française, entre juin 2020 et juin 2022, qui traitent des « dangers » ou « risques » de ces derniers sur le public enfantin. Sur ces 782 articles, 116 traitent directement de ce que leurs auteurs nomment « l’addiction » ou « les addictions aux écrans ».
« Faut-il supprimer les écrans ? », « Les écrans sont-ils dangereux pour nos enfants ? », « Écrans : écartez vos enfants ! »… autant de titres d’émissions ou d’articles de presse qui témoignent d’une préoccupation majeure dans notre société, depuis 2005, pour les effets sanitaires et sociaux des écrans sur les enfants et les adolescents. L’étude des publications médiatiques permet d’ailleurs de prendre la mesure de cette préoccupation et de sa montée en puissance : ainsi, alors qu’en 2005 le nombre d’articles de presse traitant des effets de l’utilisation des écrans sur la santé des enfants et des adolescents était de 982, il est de 103 400 en 2012 pour atteindre des valeurs de 1 646 500 en 2018 (HCSP, 2020) ! Un emballement qui peut paraitre disproportionné au regard du nombre de publications scientifiques sur ce sujet qui restent de l’ordre de 350 papiers par an depuis 2015 (HCSP, 2020).
Est-ce à dire que les questions soulevées sont illégitimes ou que les inquiétudes sont infondées ? Non. Car il est important de respecter la parole de chacun, d’entendre les craintes de certains et de traiter, de façon documentée et distanciée, ces questions…
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