Conclusion
- Par Séverine Kakpo
Pages 183 à 190
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- KAKPO, Séverine,
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- Kakpo, S.
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Le poids considérable qu’a pris la scolarisation, au cours de ces dernières décennies, sous l’effet de l’évolution des besoins sociaux de formation et de la dégradation continue du marché de l’emploi, a conduit les familles populaires à développer un nouveau type de rapport à l’école et a fait peu à peu s’estomper les différences de préoccupation scolaire selon l’appartenance sociale (Terrail, 1997 b). Notre recherche apporte sa part au travail de déconstruction du mythe de la « démission » éducative des familles populaires (Lahire, 1995 ; Thin, 1998 ; Périer, 2005 ; Poullaouec, 2010 ; Delay, 2011). Elle montre que les parents appartenant aux couches sociales modestes ont profondément intégré les enjeux scolaires : tous aspirent à voir leurs enfants s’affranchir des métiers d’exécution et tous sont dotés d’une conscience aiguë, et parfois déjà douloureuse, du rôle joué par les titres scolaires dans « le modelage des trajectoires sociales » (Poullaouec, 2010).
Nos investigations montrent qu’une partie des familles populaires a opéré une « conversion » aux enjeux scolaires sans doute plus profonde qu’on ne l’avait pensée jusqu’ici (Thin, 1998 ; Périer, 2005 ; Delay, 2011). Les familles de notre enquête n’ont pas seulement intégré la nécessité pour leurs enfants de poursuivre des études longues ou d’accéder à une qualification qui soit un tant soit peu « monnayable sur le marché de l’emploi » (Périer, 2005), elles ont aussi pris fondamentalement conscience qu’elles étaient en capacité de peser sur leur destin scolaire et adoptent à cette fin des comportements qui relèvent d’un mode d’action stratégique…
Date de mise en ligne : 17/09/2015
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