Rêves et mémoire traumatique en temps de paix
- Par Bernard Lempert
Pages 39 à 40
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- LEMPERT, Bernard,
- Lempert, Bernard.
- Lempert, B.
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- LEMPERT, Bernard,
Les rêves cités et interprétés par Charlotte Beradt et ceux sur lesquels travaille Marie-Odile Godard ont en commun de parler de la psyché quand elle se trouve brutalement confrontée à ces violences extrêmes, qui sont des violences politiques. Réalistes en temps réel, ils sont à la fois les contemporains témoins du désastre, la première analyse de la barbarie en cours, et les traces d’un combat intérieur à la vie à la mort. Ils sont pour ainsi dire les spécialistes du traumatisme au moment même où il se constitue. C’est en ce sens qu’ils peuvent aussi nous éclairer sur d’autres rêves, des rêves d’après, des rêves de l’autre côté de la tourmente, pour celles et ceux qui ont survécu. La conscience du présent est le commencement de la connaissance de la mémoire.
Mais ils peuvent aussi nous éclairer, par extension, sur l’ensemble des rêves qui ont à voir avec la mémoire traumatique, même quand la violence mise en œuvre n’est pas publique, mais privée ; même quand elle n’est pas actionnée par un État, mais par un groupe social ou par un clan familial. Entre le public et le privé, entre le social et le familial, la violence circule et ses modes de production passent d’un champ à l’autre. Les affaires de domination et de destruction atteignent des sommets dans le monde totalitaire, mais elles ne sont pas absentes d’autres mondes. La vie publique peut devenir le lieu de la mort publique. Il en est de même pour la vie privée, qui peut devenir le lieu d’une mort secrète. Au négationnisme des grands crimes peut faire éch…
Date de mise en ligne : 16/09/2022
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