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Le 31 rue Gay-Lussac au début des sixties (et au-delà)

Pages 262 à 276

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  • Roubaud, S.
(2014). Le 31 rue Gay-Lussac au début des sixties (et au-delà) Dans
  • Sous la direction de X. Bruel,
  • P. Giraud,
  • A. Guillaume-Alonso,
  • C. Jouishomme
Le Travail du visible : Claude Esteban et les arts plastiques (p. 262-276). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.bruel.2014.01.0262.

  • Roubaud, Sylvia.
« Le 31 rue Gay-Lussac au début des sixties (et au-delà) ». Le Travail du visible Claude Esteban et les arts plastiques, Hermann, 2014. p.262-276. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-travail-du-visible--9782705683641-page-262?lang=fr.

  • ROUBAUD, Sylvia,
2014. Le 31 rue Gay-Lussac au début des sixties (et au-delà) In :
  • Sous la direction de BRUEL, Xavier,
  • GIRAUD, Paul-Henri,
  • GUILLAUME-ALONSO, Araceli,
  • JOUISHOMME, Christine,
Le Travail du visible Claude Esteban et les arts plastiques. Paris : Hermann. Hors collection, p.262-276. DOI : 10.3917/herm.bruel.2014.01.0262. URL : https://shs.cairn.info/le-travail-du-visible--9782705683641-page-262?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.bruel.2014.01.0262


Notes

  • [1]
    À leur gestion était préposé, maître-assistant rompu aux problèmes d’intendance, Louis Urrutia, qui n’avait pas son pareil pour manœuvrer les rouages parfois grinçants du Département d’Espagnol et pour pacifier diplomatiquement les rapports quelquefois tendus que celui-ci entretenait avec les autres secteurs de la Sorbonne.
  • [2]
    Vie de Henri Brulard, chap. I.
  • [3]
    Les Apuntes, mode d’emploi destiné aux amateurs de cocottes en papier et attribué par Unamuno à « l’insondable philosophe don Fulgencio » dont il décrit les bizarreries dans Amor y pedagogía, servent, comme on sait d’épilogue au roman.
  • [4]
    Ici prend fin la seule retranscription que j’ai conservée des envolées oratoires de Claude. Elle ne donne, hélas ! qu’une faible idée des nombreuses improvisations dont il nous gratifiait lorsque nous retrouvions tous trois notre refuge habituel derrière les grilles du Luxembourg.
  • [5]
    À la différence de Claude, Étienne avait la blondeur, les yeux clairs, le teint pâle et l’allure flegmatique d’un Anglais, traits dont il se prévalait pour cultiver dans sa mise et ses manières une élégance toute britannique.
  • [6]
    Il commençait, en ces temps heureux, vers la mi-octobre, parfois même un peu plus tard, et s’achevait, certaines années, dès la mi-décembre.
  • [7]
    En plus des « chagrins » et des « éclairés », la classification de Claude comprenait « les ébaubis » et « les subtils », « les ravagés » et « les béats », sa prédilection allant à la catégorie des « lunaires », plus ou moins parents des cronopios de Cortázar.
  • [8]
    À cette époque, l’annexe de Clignancourt et celle, plus tardive, de Malesherbes, n’avaient fort heureusement pas été inaugurées. Leur existence, qui a obligé les enseignants à faire, entre elles et le Quartier Latin, d’assez longs trajets, aurait très probablement rendu impraticables nos manipulations.
  • [9]
    La formule de Baudelaire figure dans un de ses articles, paru en 1857 dans le journal Le Présent et reproduit dans l’édition de ses Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1976, vol. II, p. 567-570.
  • [10]
    Cette épigramme nous a fait beaucoup rire et vite oublier les intuitions d’Étienne qu’avant de disparaître définitivement dans la Nature, il a eu la délicatesse de ne pas nous rappeler. Un an plus tard, les étudiants contestataires de mai 1968 se chargeaient de nous rafraîchir la mémoire et de nous montrer qu’elles n’étaient pas aussi ridicules que nous le pensions.
  • [11]
    L’interdiction de fumer dans l’enceinte de l’Institut n’avait pas encore été décrétée. Elle nous fournit par la suite un prétexte inespéré pour sortir de la salle et nous adonner ensemble, le temps d’une pause, à notre activité coupable, hors du 31 et loin des regards furibonds de nos censeurs. On retrouvait parmi eux, bien entendu, la plupart des « esprits chagrins » ou « ravagés » qui nous blâmaient quelques années plus tôt.
  • [12]
    Diario immobile, texte espagnol et traduction italienne de Jacqueline Risset, Milan, Vanni Scheiwiller/All’insegna del pesce d’oro, 1987. Denise, retirée à l’île d’Yeu pour y peindre les ciels et les rivages de la mer qu’elle aimait, avait fait une chute mortelle en tombant de sa bicyclette.
  • [13]
    Les quarante premières pages du Partage des mots en disent long sur ce qu’ont pu être, à l’école puis au lycée, les angoisses et le malaise de Claude au contact de ses condisciples.
  • [14]
    Vie de Henri Brulard, chap. 1.

Le Claude Esteban dont je vais tenter de restituer l’image n’est ni le poète, ni l’écrivain, ni le passionné de peinture dont l’œuvre est ici commémorée dans sa diversité, son évolution, son éclat, sa profondeur. C’est le Claude de mes souvenirs, celui de notre amitié au long d’un long temps d’une quarantaine d’années – un temps de connivence tantôt étroite tantôt distendue, d’échanges fréquents ou rares, mais dont la rareté même faisait pour moi tout le prix. C’est donc un Claude pour ainsi dire personnel, et aussi, j’en suis consciente, partiel, dont je m’apprête à présenter l’image. Car si j’ai à cœur de la préserver et de la transmettre, je sais bien qu’elle est limitée, fragmentaire, et que d’autres que moi, qui l’ont mieux connu et lui ont été plus proches, pourraient la juger plus qu’imparfaite et parfois même abusive. Ainsi, je suis loin d’être sûre que, malgré tout son humour – il en avait beaucoup mais en usait avec retenue – Claude aurait approuvé le titre, inspiré par le lieu et par l’époque où nous nous sommes connus, que j’ai pris le risque de donner à mon évocation de sa personne. Agréablement facétieux à mes yeux, peut-être l’aurait-il trouvé tout simplement racoleur ? Je crois pourtant qu’il rend bien compte des vents qui soufflaient sur les activités pédagogiques menées dans les quatre étages de l’édifice alors dénommé Institut Hispanique, ou « Inst-hhisp » selon la désignation que lui donnaient, en forçant avec insistance sur le h aspiré, certains esprits narquois…


Date de mise en ligne : 06/01/2026

https://doi.org/10.3917/herm.bruel.2014.01.0262

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