49. Peut-on être physiquement excité sans l’être mentalement ?
- Par Marc Olano
Pages 121 à 122
Citer ce chapitre
- OLANO, Marc,
- LHÉRÉTÉ, Héloïse,
- Olano, Marc.
- Olano, M.
- H. Lhérété
https://doi.org/10.3917/sh.lhere.2021.01.0121
Citer ce chapitre
- Olano, M.
- H. Lhérété
- Olano, Marc.
- OLANO, Marc,
- LHÉRÉTÉ, Héloïse,
https://doi.org/10.3917/sh.lhere.2021.01.0121
1 Chacun sait ce qu’il advient à George Brassens quand il pense à Fernande… Et de fait, l’homme a parfois une réaction physique peu contrôlable quand il imagine l’objet de ses fantasmes. Difficile alors de jouer l’indifférent, chose plus aisée pour les femmes en pareille circonstance. Parviendraient-elles mieux à déconnecter excitation mentale et physiologique ? À partir de cette question, des chercheurs canadiens ont repris 134 études menées entre 1969 et 2007, dans lesquelles plus de 2 500 femmes et 1 900 hommes avaient visionné ou écouté des contenus à caractère sexuel. Dans ces expériences, les participants devaient indiquer à quel point ces séquences les excitaient. D’un autre côté, les chercheurs mesuraient leurs réactions physiques (érection pénienne chez l’homme et changement du flux sanguin vaginal chez la femme). Si chez les hommes, le physique et le mental concordaient, pour les femmes, cela se révélait beaucoup plus aléatoire. Elles pouvaient montrer des signes physiques, tels que l’humidification du vagin, sans affirmer être émoustillées par ce qu’elles voyaient. Les chercheurs parlent d’une réaction automatique. En présence de stimuli sexuels, leur corps peut réagir comme s’il se préparait à un rapport sexuel, même quand elles se sentent en danger. À ce moment-là, leur réaction physiologique n’a donc rien à voir avec leur état émotionnel. À l’inverse, les femmes peuvent aussi se dire excitées par des images érotiques, sans pour autant montrer la moindre réaction physique.