2. Le contrat social néolibéral
- Par Antoine Foucher
Pages 28 à 43
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- FOUCHER, Antoine,
- Foucher, Antoine.
- Foucher, A.
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Notes
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[1]
Patrick Artus, Marie-Paule Virard, La Dernière Chance du capitalisme, Paris, Odile Jacob, 2021, p. 21.
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[2]
Selon l’Insee. Données accessibles en ligne.
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[3]
P. Artus, Discipliner la finance, Paris, Odile Jacob, 2019, p. 7.
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[4]
John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, trad. fr., Paris, Payot, 2017, p. 170.
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[5]
Pour une approche critique de l’idée d’une norme financière solidement installée, on peut consulter le stimulant article de Christophe Bonnet et Michel M. Albouy, « Le ROE à 15 %, un mythe financier français ? » (Finance, Contrôle, Stratégie, avril 2021). Si la démonstration sur l’absence de norme officielle d’une rentabilité à 15 % est convaincante, il n’en reste pas moins que les données référencées par les auteurs montrent que la rentabilité à deux chiffres, autour de 12 %, est effectivement de rigueur depuis le début des années 1980, et ce en dépit de la forte diminution de la croissance moyenne dans les pays occidentaux. On notera également, comme le montre l’article en question, que sur la période 1980-2016, plus de 52 % des entreprises du S&P 500 aux États-Unis et 37 % des entreprises du SBF 120 en France présentent un ROE annuel moyen supérieur à 15 %.
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[6]
Les prestations sociales représentaient un peu plus de 20 % du PIB à la fin des années 1970. Elles aspirent 32 % de la richesse nationale à la fin des années 2010 (France, portrait social, Insee, édition 2020, p. 254 et 282).
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[7]
Où nous nous découvrons en affinité avec Hayek : « Dans une société libre, le bien commun consiste principalement en la facilité offerte à la poursuite des objectifs individuels inconnus » (Friedrich August Hayek, Droit, législation et liberté, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2007, p. 324).
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[8]
Ce que le secrétaire américain à la Défense Charles Wilson, en 1953, résumait par une formule passée à la postérité : « Ce qui est bon pour la General Motors est bon pour le pays, et réciproquement. » Et ce que Keynes exprime également d’une façon plus conceptuelle : « On a raison de dire que l’entreprise animée par des espoirs s’étendant sur un long avenir bénéficie à la communauté toute entière » (J. M. Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, op. cit., p. 176).
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[9]
Milton Friedman, Capitalisme et liberté, Paris, Flammarion, 2016, p. 202. L’ouvrage date de 1962, mais c’est davantage son article du New York Times du 13 septembre 1970 (« The Social Responsibility Of Business Is to Increase Its Profits ») qui popularisera sa thèse.
Dans le sillage de 68 qui lance la dernière vague de suspicion contre toutes les formes d’autorité collective, et en réponse à notre expérience de l’impuissance de l’État face à la stagflation des années 1970, nous nous sommes dotés de nouveaux principes d’organisation, notamment de la vie économique. En réalité, c’est un nouveau contrat social que nous avons adopté, et qu’il faut rapidement décrire.
Le plus aisément repérable, car le plus formalisé, c’est le nouveau bréviaire économique qui s’installe, et qui comporte quatre articles majeurs.
D’abord, on vient de le voir, la conviction que l’État (et le secteur public d’une façon plus générale) est davantage un problème qu’une solution, et que la prospérité individuelle et collective réclame son départ de la cabine de pilotage économique. C’est ce que nous avons fait pendant quarante ans, que ce soit par la déréglementation et privatisation de certains secteurs (transport aérien et ferroviaire, production et distribution d’énergie, télécommunications, etc.), par le développement des agences indépendantes (une indépendance conçue comme une garantie de neutralité protégeant les intérêts des individus contre la tentation de l’État d’imposer une certaine conception de l’intérêt général) ou, en France, par la décentralisation, censée rapprocher le pouvoir du terrain et donc, là aussi, lui retirer sa verticalité menaçante.
Deuxième principe : la neutralité de la monnaie, et l’indépendance des banques centrales qui en découle…
Date de mise en ligne : 06/06/2022
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