« La démocratie communautaire est idéale pour le Liban. »
- Par Daniel Meier
Pages 29 à 36
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L’idéal communautariste procède de l’idée générale que le Liban serait avant tout composé de communautés dont le fondement serait immanent. À partir de ce constat, Michel Chiha affirme, dans la citation susmentionnée, qu’au Liban la politisation des communautés serait à même de garantir une juste représentation de ces groupes confessionnels. C’est à ce double niveau que l’on voudrait ici prendre le contre-pied de cette assertion.
Le Liban est souvent présenté comme un pays possédant une grande diversité religieuse puisque dix-neuf communautés officiellement reconnues s’y côtoient. Or ces communautés désignent des appartenances religieuses : elles sont issues des trois grands monothéismes et possèdent des sous-groupes de tailles variables en terme de population. Les plus importantes et les plus connues aussi sont, côté chrétien, les maronites, les Grecs orthodoxes, les Arméniens et les Grecs catholiques. Côté musulman, on trouve les sunnites, les chiites et les druzes. Enfin, les israélites sont aujourd’hui une très petite communauté dont l’essentiel des membres a fui à la suite de la création de l’État d’Israël (1948). Ces communautés possèdent chacune leur histoire qui renvoie bien souvent à des migrations hors du territoire libanais actuel, comme c’est le cas pour les maronites, les druzes ou les Arméniens. Il n’y a donc pas de rapport « naturel » entre les communautés confessionnelles et le territoire du Liban ; il y a chaque fois une médiation historique.
Cette histoire passe aussi par des chevauchements intéressants : les conversions…
Date de mise en ligne : 19/08/2022
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