« L’effondrement économique que vit le Liban est la conséquence de la corruption et d’un État faible. »
- Par Daniel Meier
Pages 157 à 163
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Le Liban a connu depuis 2019 une sorte d’effondrement économique cataclysmique que la Banque mondiale a qualifié comme l’une des pires crises économiques au monde depuis 1850. De fait, la monnaie s’est effondrée perdant jusqu’à vingt fois sa valeur face au dollar, le prix des denrées a explosé, y compris l’essence et l’électricité qui sont vendues au compte-goutte, appauvrissant brutalement des pans entiers de la population. Le pays est depuis mars 2020 en défaut de paiement, incapable de faire face à ses créanciers ou de rembourser ne serait-ce que l’intérêt de sa dette publique qui s’élève à environ 100 milliards de dollars. La radiographie des maux économiques serait longue et fastidieuse et quelque peu désincarnée des causes et conséquences de cette crise qui retiendront davantage notre attention ici. Une des explications courantes de l’effondrement économique met en avant le rôle de la corruption des élites et du système bancaire. La crise a connu un processus de personnification des figures honnies comme celles de Riad Salamé, Directeur de la Banque centrale (Banque du Liban), ou de Gebran Bassil, neveu du Président Aoun et chef de file du Courant patriotique libre (CPL), incarnant le pouvoir hégémonique d’une classe de parvenus. Or la focalisation sur certains acteurs – voire sur la classe politique tout entière – tend à simplifier l’explication des raisons du désastre actuel et nécessite de revenir sur la nature de cette crise en examinant ses origines et ses implications pour le Liban…
Date de mise en ligne : 19/08/2022
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