Chapitre d’ouvrage

Que représente le langage ?

Pages 241 à 257

Citer ce chapitre


  • Marchello-Nizia, C.
(2002). Que représente le langage ? Dans
  • D. Rousseau
  • et M. Morvan
Le Code (p. 241-257). Odile Jacob. https://doi.org/10.3917/oj.rouss.2002.01.0241.

  • Marchello-Nizia, Christiane.
« Que représente le langage ? ». Le Code, Odile Jacob, 2002. p.241-257. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-code--9782738111296-page-241?lang=fr.

  • MARCHELLO-NIZIA, Christiane,
2002. Que représente le langage ? In :
  • ROUSSEAU, Dominique
  • et MORVAN, Michel,
Le Code. Paris : Odile Jacob. Le Temps des savoirs, p.241-257. DOI : 10.3917/oj.rouss.2002.01.0241. URL : https://shs.cairn.info/le-code--9782738111296-page-241?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/oj.rouss.2002.01.0241


De quoi le langage est-il la représentation ? Le langage représente-t-il le réel ?
La question ainsi posée est celle de la relation entre le mot et la chose, entre le lexique et la réalité : les mots disent-ils le monde ?
Il est une réponse qui depuis bien longtemps hante les hommes, et qui exprime un désir profond plus qu’une conviction : les mots représentent la réalité, il y a identité, ou tout au moins adéquation, entre le nom et le réel. C’est ce qu’on nomme le « cratylisme » : voici le début d’un dialogue de Platon, le Cratyle, également nommé « sur la justesse des noms » ; Hermogène, qui plaide pour l’arbitraire des noms, expose à Socrate appelé comme témoin la position de Cratyle :
« Cratyle que voici prétend, Socrate, qu’il y a pour chaque chose un nom qui lui est naturellement approprié et que ce n’est pas un nom que certains hommes lui ont attribué par convention, en lui appliquant tel ou tel son de leur voix, mais que la nature a attribué aux noms un sens propre, qui est le même chez les Grecs et chez les barbares. »
Mais la diversité des langues d’une part, qui donnent aux objets des noms différents, le fait que les langues changent, et donc que les noms qui désignent certains objets du monde changent, la polysémie et l’homonymie avérées dans toutes les langues, et enfin le fait que les objets eux-mêmes peuvent changer sans que leur nom change si peu que ce soit, tout cela montre à l’évidence la naïveté d’une telle conviction.
Un avatar de cette position intenable au total est l’existence, indéniable elle, de mots « motivés » par l’objet même qu’ils désignent…


Date de mise en ligne : 22/12/2021

https://doi.org/10.3917/oj.rouss.2002.01.0241

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