Chapitre 3. Les bases de la croissance brésilienne
- Par Hervé Théry
Pages 77 à 106
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Dans la compétition mondiale, le Brésil dispose de quelques avantages comparatifs de poids, dont les principaux sont sa population, jeune, urbanisée, de plus en plus éduquée, une enviable autosuffisance énergétique – grâce à ses ressources en pétrole, hydroélectricité et énergie tirée de la biomasse – et surtout d’abondantes terres disponibles, grâce à l’immensité de son territoire.
Le Brésil comptait, au Recensement de 2010, 190 755 799 habitants. Cela le met, et de loin, au premier rang en Amérique latine, devant le Mexique (un peu plus de 113 millions), la Colombie et l’Argentine (respectivement 46 et 40 millions), au cinquième rang mondial, après l’Indonésie et avant le Pakistan.C’est le résultat d’une progression rapide (tableau ci-dessous), mais qui a déjà commencé à ralentir : avant le recensement de 1980 (119 millions d’habitants recensés), on croyait que les Brésiliens étaient 123 millions. On avait alors sous-estimé la baisse de la natalité, qui était le signe que le Brésil était déjà en train de changer de comportement démographique.
Avec un rythme d’accroissement de 1,15 %, le Brésil fait encore partie des pays à croissance relativement rapide, par opposition aux pays d’Europe et à certains de ses voisins, comme l’Argentine et l’Uruguay. Mais l’évolution classique de la transition démographique y est clairement en cours. Jusqu’en 1960, la natalité avait peu baissé, restant stable autour de 45 ‰ depuis le premier recensement, en 1872, alors que la mortalité chutait de 30,2 ‰ (1872-1890) à 13,4 ‰ dans les années 1950 : le taux de croissance passait alors de 1,63 % à 2,99 %…
Date de mise en ligne : 16/05/2022
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