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Présentation

Pages 67 à 71

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  • Boucheron, P.
(2019). Présentation. La Trace et l'aura : Vies posthumes d'Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle) (p. 67-71). Le Seuil. https://shs.cairn.info/la-trace-et-l-aura-vies-posthumes-d-ambroise-de-milan-ive-xvie-siecle--9782021310719-page-67?lang=fr.

  • Boucheron, Patrick.
« Présentation ». La Trace et l'aura Vies posthumes d'Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle) Le Seuil, 2019. p.67-71. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-trace-et-l-aura-vies-posthumes-d-ambroise-de-milan-ive-xvie-siecle--9782021310719-page-67?lang=fr.

  • BOUCHERON, Patrick,
2019. Présentation. In : La Trace et l'aura Vies posthumes d'Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle) Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.67-71. URL : https://shs.cairn.info/la-trace-et-l-aura-vies-posthumes-d-ambroise-de-milan-ive-xvie-siecle--9782021310719-page-67?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ambrosius, Epist. 77 (M 22) : Epistulae LXX-LXXVII. Epistulae extra collectionem traditae. Gesta Concili Aquileiensis. Pour une mise au point concernant la datation et l’interprétation de cette célèbre lettre : Giuseppe Visonà, Cronologia ambrosiana. Bibliografia ambrosiana (1900-2000), op. cit., p. 81 et p. 37-43 sur le contexte de mars-avril 386.
  • [2]
    Marco Sannazaro, « Considerazioni sulla topografia e le origini del cimitero milanese Ad Martyres », Aevum, 70, 1996, p. 81-111.
  • [3]
    À moins que ce ne soit un ou deux ans auparavant, mais toujours un 9 mai, puisque la date du Martyrologe hiéronymien (VII Idus Maii) est confirmée par les calendriers ambrosiens depuis au moins le xie siècle. Voir sur ce point Jean-Charles Picard, Le Souvenir des évêques. Sépulture, listes épiscopales et culte des évêques en Italie du Nord des origines au xe siècle, Rome, École française de Rome, BEFAR, 268, 1988, p. 50-51 n. 108, qui demeure la référence fondamentale pour ce sujet.
  • [4]
    Ambroise, Luc., 7, 178 (PL 15, c.1746).
  • [5]
    Augustin, Confessions, 9, 7,16 : Tunc memorato antistiti tuo per visum aperuisti, quo loco laterent martyrum corpora Protasii et Gervasii, quae per tot annos incorrupta in thesauro secreti tui reconderas, unde oportune promeres ad cohercendam rabiem femineam, sed regiam. Voir aussi De civitate Dei, 22, 8, 2 où la révélation d’Ambroise lui apparaît en rêve.
  • [6]
    Voir sur ce point l’analyse de Jean Doignon, « Perspectives ambrosiennes : SS. Gervais et Protais, génies de Milan », Revue d’études augustiniennes, 2, 1956, p. 313-334.
  • [7]
    Sur la portée idéologique de l’inventio des martyrs Gervais et Protais dans le contexte de la lutte d’Ambroise contre la cour impériale et l’arianisme, voir Jesús San Bernardino, « “Sub imperio discordia” : l’uomo che voleva essere Eliseo (giugno 386) », in Luigi Pizzolato et Marco Rizzi (dir.), Nec timeo mori. Atti del Congresso internazionale di studi ambrosiani nel XVI centenario della morte di sant’Ambrogio, Milan, Vita e Pensiero, 1998, p. 709-737, qui renvoie à la bibliographie antérieure.
  • [8]
    Pour Claire Sotinel, l’initiative d’Ambroise réalise une inversion symbolique entre lieu saint et lieu de culte, par l’intermédiaire de cet « élément sanctifiant » qu’est le corps du martyr : ce n’est pas l’église qui se construit sur un lieu saint, mais le corps saint qui constitue l’église en lieu sacré : Claire Sotinel, « Les lieux de culte chrétien et le sacré dans l’Antiquité tardive », Revue de l’histoire des religions, 222-4, 2005, p. 411-434 (notamment p. 422 et sq. pour l’analyse de l’invention des martyrs Gervais et Protais).
  • [9]
    Anja Kalinowski, Frühchristliche Reliquiare im Kontext von Kultstrategien, Heilserwartung und sozialer Selbstdarstellung, Wiesbaden, Reichert, 2011, notamment p. 13 et sq.
  • [10]
    Dominique Iogna-Prat, La Maison Dieu. Une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge, Paris, Éd. du Seuil, 2006, p. 42-43. Voir également Didier Méhu (dir.), Mises en scène et Mémoires de la consécration de l’église dans l’Occident médiéval, Turnhout, Brepols, « Collection d’études médiévales de Nice », 7, 2007.
  • [11]
    Voir sur ce point le travail fondamental d’Yvette Duval, Auprès des saints, corps et âme. L’inhumation « ad sanctos » dans la chrétienté d’Orient et d’Occident du iiie au vie siècle, Paris, Études augustiniennes, 1988. Pour un très bon bilan d’ensemble de cette polarisation de l’espace urbain par les « lieux des saints », voir Gisella Cantino Wataghin, « Les villes et leurs saints, dans l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge. Un regard archéologique sur l’Italie », in Jean-Pierre Caillet, Sylvain Destephen, Bruno Dumézil et Hervé Inglebert (dir.), Des dieux civiques aux saints patrons (ive-viie siècle), Paris, Picard, 2015, p. 167-183.
  • [12]
    Ambroise, Epist. 77 (M 22) : Succedant victimae triumphales in locum ubi Christus hostia est.

Le mercredi 17 juin 386, Ambroise sentit en lui « comme l’éclair d’un pressentiment ». Ainsi raconte-t-il ce moment décisif, quelques jours plus tard, dans une lettre adressée à sa sœur Marcelline. L’empereur Valentinien II exigeait de lui qu’il cède l’une des basiliques milanaises au culte arien. L’épreuve de force touche alors à l’essentiel : la structuration de l’espace sacré d’une ville dont l’évêque s’affirme defensor civitatis, non seulement en se faisant le défenseur des choses saintes, mais en prenant appui sur elles pour élargir l’aura de sacralité qui enveloppe toute la société. Car Ambroise a fait à Milan ce que Constantin fit à Rome : recouvrir d’anciennes zones funéraires par ces citadelles de la foi que sont les basiliques. Pas question donc de les livrer aux hérétiques. Le pasteur est prêt à résister, soutenu par son troupeau qui se masse, fervent et discipliné, dans les grandes églises où vibrent les hymnes qu’il vient de composer et que chantent ardemment ses fidèles.
Les meilleurs défenseurs de la foi sont toutefois les corps des saints ; pour prémunir définitivement les basiliques contre le risque d’usurpation impériale – ou de corruption hérétique, car, dans le cas de l’arianisme, Ambroise affirme que c’est la même chose –, il convient de les armer par la force des reliques. Le 9 mai 386, Ambroise a déposé des reliques apostoliques venues d’Orient dans la basilica Apostolorum. Mais pour la basilique du sud-ouest, qui deviendra basilica Martyrum, celle où il se trouve à présent, le voici à court de reliques…


Date de mise en ligne : 27/09/2022

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