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Chapitre 1. La dette originelle de la « société civile ». La structure de l’État-Nation démocratique

Pages 11 à 37

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  • Lafore, R.
(2020). Chapitre 1. La dette originelle de la « société civile ». La structure de l’État-Nation démocratique. Dans
  • Sous la direction de C. Bouneau
  • et R. Lafore
La société civile organisée contre l'État : Tout contre (p. 11-37). Éditions Le Bord de l’eau. https://doi.org/10.3917/lbdl.boune.2020.01.0012.

  • Lafore, Robert.
« Chapitre 1. La dette originelle de la “société civile”. La structure de l’État-Nation démocratique ». La société civile organisée contre l'État Tout contre, Éditions Le Bord de l’eau, 2020. p.11-37. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-societe-civile-organisee-contre-letat--9782356877154-page-11?lang=fr.

  • LAFORE, Robert,
2020. Chapitre 1. La dette originelle de la « société civile ». La structure de l’État-Nation démocratique. In :
  • Sous la direction de BOUNEAU, Christine
  • et LAFORE, Robert,
La société civile organisée contre l'État Tout contre. Lormont : Éditions Le Bord de l’eau. L'histoire des brèches, p.11-37. DOI : 10.3917/lbdl.boune.2020.01.0012. URL : https://shs.cairn.info/la-societe-civile-organisee-contre-letat--9782356877154-page-11?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lbdl.boune.2020.01.0012


Notes

  • [1]
    Colas Dominique, 1992, Le glaive et le fléau. Généalogie du fanatisme et de la société civile, Grasset, Paris.
  • [2]
    Cicéron, 1989, La République, Livre I, XXXII, Les Belles Lettres, Paris.
  • [1]
    Hobbes Thomas, 1642, Elemantorum philosophiae sectio tertia de cive et Elementa philosophica de cive ; 2010, Le citoyen ou les fondements de la politique, Trad. Sorbière Samuel ; voir Du citoyen, trad. Crignon Philippe, Flammarion, collection « GF », Paris.
  • [2]
    On connaît la citation : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile » ; Rousseau Jean-Jacques, (1755), 2011, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité entre les hommes, Deuxième discours, Flammarion, collection « GF », Paris.
  • [3]
    Hegel Friedrich, (1820), 1989, Principes de la philosophie du droit, Gallimard, collection « TEL », Paris.
  • [4]
    De là la célèbre formule de Hegel : l’État est la « condition de possibilité de la société civile ».
  • [1]
    Marx Karl, 1967, Fondements de la critique de l’économie politique, I, Éditions Anthropos, Paris.
  • [2]
    Tocqueville Alexis, 1983, Souvenirs, Calmann Lévy, Paris, not. p. 44 et s.
  • [3]
    Laurent Alain, et Valentin Vincent, 2012, Les penseurs libéraux, Les Belles Lettres, Paris.
  • [4]
    « Ainsi, chez les anciens, l’individu, souverain presque habituellement dans les affaires publiques, est esclave dans tous les rapports privés. […] Chez les modernes, au contraire, l’individu, indépendant dans sa vie privée, n’est même dans les États les plus libres, souverain qu’en apparence. »
  • [1]
    Etemadi Nasser, « Limites et actualité du concept de société civile », Revue L’Homme et la société, 136/137, 2000, p. 95.
  • [2]
    Habermas Jürgen, 1992, L’espace public, Payot, Paris.
  • [3]
    Habermas Jürgen, 1997, Droit et démocratie, Gallimard, Paris.
  • [4]
    Habermas Jürgen, 1987, Théorie de l’agir communicationnel, Fayard, Paris ; 1992, De l’éthique de la discussion, Les Éditions du Cerf, Paris.
  • [1]
    Frydman Benoît, Habermas et la société civile contemporaine, in : Frydman Benoît (dir.), 2004, La société civile et ses droits, Bruylant, Bruxelles, p. 123.
  • [2]
    C’est cette situation ambiguë qui a généré un sigle anglais qui les nomme les « Government-Organized non-Governmental Organization » (GONGO : organisations gouvernementales non organisées par les gouvernements), appellation parfaitement contradictoire dans ses termes mêmes.
  • [3]
    Voir site Banque Mondiale, Société civile.
  • [1]
    TUE, art. 11.
  • [2]
    Julliard Jacques, 2012, Les gauches françaises, Flammarion, Paris, p. 773 et s.
  • [1]
    Rosanvallon Pierre, 2004, Le modèle politique français, la société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Seuil, Paris.
  • [1]
    On reconnaît là les impasses des premières formes démocratiques expérimentées notamment sous la Révolution française, où le modèle idéal est celui de la fusion sans reste des citoyens dans le « peuple » ou la « nation » ; c’est le même processus qui est à l’œuvre dans les États totalitaires qui, abolissant les distinctions entre privé et public, entre l’économie, l’État et la société, entendaient revenir à la fusion de l’ensemble de la vie sociale dans le politique.
  • [2]
    Voir par ex. Vitali Rocco, « État et société civile : une coopération conflictuelle », Pyramides, 6/2002, p. 53.
  • [1]
    Lagroye Jacques et Offerlé Michel, 2011, Sociologie de l’institution, Belin, Paris.
  • [1]
    Douglas John, « Political theories of Nonprofit organization », in Powell, Walter W. (ed.), 1987, The Third Sector. A research Handbook, Sage, New Haven/London.
  • [2]
    On dispose d’exemples nets de ces équilibres instables destinés à apprivoiser a minima les tensions sociales et économiques dans le cas des politiques d’accès au logement de certaines populations dites en « difficultés », ou encore de lutte contre la pauvreté ou des politiques de contrôle des migrations : entre le cadre général défini par l’État et les positions de la « société civile » elles-mêmes très différenciées, de profondes contradictions sont décelables et elles tiennent à l’impossibilité « d’universaliser » ces conceptions pour les faire converger.
  • [1]
    Voir Badie Bertrand et Birnbaum Pierre, 1979, Sociologie de l’État, Grasset, Paris ; ces deux auteurs prennent comme critère le couple « État » et « société civile » pour établir une typologie des États en distinguant « États forts », dans lesquels la puissance publique domine la « société civile », et « États faibles » où s’impose la configuration inverse. En ce qui concerne la France, on s’accorde à dire que « c’est l’État qui a fait la société ». Pour une approche historique du cas français, voir Ozouf Mona, 2015, De la Révolution en République, les chemins de la France, Gallimard, Paris.
  • [1]
    Bras Gérard, 2017, Les voies du peuple. Éléments d’une histoire conceptuelle, Éditions Amsterdam, Paris.
  • [1]
    Rosanvallon Pierre, 1993, L’État en France de 1789 à nos jours, Seuil, Paris.
  • [1]
    Dreyfus Michel, 2018, Histoire de l’économie sociale, PUR, Rennes.
  • [2]
    Karila-Cohen Pierre et Wilfert Blaise, 1998, Leçon d’histoire sur le syndicalisme en France, PUF, Paris ; Andolfatto Dominique et Labbé Dominique, 2006, Histoire des syndicats (1906-2006), Seuil, Paris ; Mouriaux René, 1999, Le syndicalisme en France, PUF, collection « QSJ », Paris.
  • [3]
    Rosanvallon Pierre, 2006, La Contre-démocratie, la politique à l’âge de la défiance, Seuil, Paris.
  • [4]
    Neveu Éric, 1996, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte, Paris.
  • [5]
    Voir aussi, Sawicki Frédéric et Siméant Johanna, « Décloisonner la sociologie de l’engagement militant. Note critique sur quelques tendances récentes des travaux français », Sociologie du travail, n° 51, 2009, p. 97.
  • [1]
    Hermet Guy, Badie Bertrand, Birnbaum Pierre et Braud Philippe, 2010, Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques, Armand Colin, Paris ; Barbier Maurice, 1997, Le mal politique : les critiques du pouvoir et de l’État, L’Harmattan, Paris.
  • [1]
    Jobert Bruno et Muller Pierre, 1987, L’État en action, politiques publiques et corporatisme, PUF, Paris ; Hassenteufel Patrick, « Où en est le paradigme corporatiste ? », Politix, Vol. 3, n° 12, 1990.
  • [2]
    Offerlé Michel, 1994, Sociologie des groupes d’intérêt, Montchrestien, Paris ; Grossman Emiliano et Saurugger Sabine, « Les groupes d’intérêts français, transformation des rôles et enjeux politiques », RFSP, Vol. 56, n° 2, 2006.
  • [1]
    Gauchet Marcel, 2005, La condition politique, Gallimard, Paris.

La société civile, entendue comme l’ensemble des formes collectives qui émanent des acteurs sociaux dans un espace civil ouvert et pluraliste, se définit le plus souvent par sa distance par rapport à l’instance politique. Certes, ses modes d’expression peuvent aller à la rencontre de cette dernière, soit pour s’y substituer, soit pour la contester, mais son essence paraît se tenir dans les capacités propres de la société à se représenter sous de multiples formes, à s’organiser dans de multiples structures, à agir pour elle-même et par elle-même dans de multiples directions. Elle manifesterait donc une capacité d’auto-organisation et concrétiserait l’autonomie, voire l’indépendance du « social », entendu ici comme distinct du politique. Elle se situerait dans l’exact prolongement de l’individu de la société démocratique qui, lui aussi, est pensé – et se pense d’ailleurs – comme autonome par rapport à la collectivité.
Partant de cette conception de la « société civile », nous inclinons à la penser comme une force agissante indépendante et autocentrée qui produirait de son propre mouvement des dynamiques sociales et viendrait ainsi concurrencer le politique dans ses capacités d’intégration collective, voire le supplanter ; certaines idéologies y ont même vu et y voient encore une alternative globale aux dangers toujours renaissants du politique ou à son impuissance, ce dernier pouvant alors s’y diluer et disparaître dans sa forme d’instance surplombante et dominatrice ; la « société civile » serai…


Date de mise en ligne : 11/05/2026

https://doi.org/10.3917/lbdl.boune.2020.01.0012

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