Accompagner le passage du vivre à l'exister
- Par Philippe Gaberan
Pages 33 à 49
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Notes
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[1]
Jean Starobinski, Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l’obstacle, p. 33. Se reporter aussi à notre thèse, De l’engagement en éducation.
La difficulté rencontrée par Jean, Luc, Madeleine, Marc ou Marie pour s’approprier le sens de leur être-là au monde sans l’avoir voulu et pour s’accepter tels qu’ils sont n’est pas liée à leur handicap. La relation éducative est un enjeu de société et un pari sur l’homme dès lors qu’elle croise le malaise existentiel lié à la condition humaine.
À quoi ça sert de vivre ? La façon dont Jean se met en scène au nom de la cité, le comportement asocial de Luc, la manière dont Madeleine se fond dans le désir de l’adulte, la recherche d’un ailleurs impossible sans cesse mis en avant par Marc ou les appels à la mort réitérés par Marie sont autant de façons de poser la question du « pourquoi suis-je là ? » À leur façon, et c’est bien le signe qu’en dépit de leurs différences ils s’inscrivent dans la ressemblance à l’humain, chacun d’eux éprouve les trois vérités fondatrices qui s’imposent à l’homme et lui dictent sa condition : le monde préexiste à la naissance de chaque être, nul ne demande à être et il ne suffit pas de naître pour être ! De la première vérité, il faut comprendre que « chacun entre dans la vie comme on prend un train en marche » (Althusser) ou que « le moi [est] jeté dans le train des effets et des causes » (Maldiney, 1991, p. 306). Ces deux formules, similaires, font penser que ce train, qui est le train de la vie et qui pourrait devenir « train-train quotidien », fait courir à l’être le risque d’être là sans y être tout à fait et que sa présence au monde soit aliénée à quelque chose qui le dépasse…
Date de mise en ligne : 01/04/2012
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