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Deuxième partie. Le halal en marche : une consommation musulmane éclectique en France

Pages 91 à 157

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  • Rodier, C.
(2014). Deuxième partie. Le halal en marche : une consommation musulmane éclectique en France. La question halal : Sociologie d'une consommation controversée (p. 91-157). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/la-question-halal--9782130621171-page-91?lang=fr.

  • Rodier, Christine.
« Deuxième partie. Le halal en marche : une consommation musulmane éclectique en France ». La question halal Sociologie d'une consommation controversée, Presses Universitaires de France, 2014. p.91-157. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-question-halal--9782130621171-page-91?lang=fr.

  • RODIER, Christine,
2014. Deuxième partie. Le halal en marche : une consommation musulmane éclectique en France. In : La question halal Sociologie d'une consommation controversée. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Le Lien social, p.91-157. URL : https://shs.cairn.info/la-question-halal--9782130621171-page-91?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Les personnes classées comme « mangeurs ritualistes » ne font pas l’objet d’une numérotation car elles sont exclusivement identifiées comme les parents de ces descendants – à savoir, la génération migrante, âgée de plus de 55 ans.
  • [2]
    Joëlle Bahloul, Le Culte de la table dressée, Paris, Métailié, 1983, p. 189.
  • [3]
    Il est important ici de noter que ce rapport à la berbérité n’est pas représentatif de l’ensemble des populations migrantes d’origine marocaine en France. Ce pôle peut apparaître dans une certaine mesure antinomique d’un investissement dans des modèles alimentaires urbains, citadins et bourgeois et, à la limite, avec une consommation de viande quotidienne et en grande quantité. Notre objectif a été de saisir cette migration « berbère », au regard de son caractère cynique en la contextualisant dans la perspective transgénérationnelle. Nous observons également au Maroc un forme de retour à une alimentation moins carnée ou tout au moins plus soucieuse de santé et d’environnement. De même, le clivage des générations en matière d’alimentation existe aussi au Maroc, comme dans l’ensemble du Maghreb.
  • [4]
    Fatéma Hal, Les Saveurs et les Gestes. Cuisines et traditions du Maroc, Paris, Stock, 1995.
  • [5]
    L’absence de consensus de la part des acteurs religieux n’a pas freiné l’expansion d’un marché halal qui s’est développé depuis les années 1970.
  • [6]
    Vincent Geisser, France Keyser, Stéphanie Marteau, Nous sommes Français et musulmans, op. cit., p. 100.
  • [7]
    Voir les travaux de Florence Bergeaud-Blackler, Bruno Bernard, Comprendre le halal, Paris, Édipro, 2010.
  • [8]
    Patrick Haenni, « L’économie politique de la consommation musulmane », in Religioscope, 2008, no 18, p. 3.
  • [9]
    Jean-Pierre Hassoun, « Moderniser “l’ethnique” pour développer l’urbain. La venue d’une industrie de la feuille de brick dans une ville de banlieue », in Genèses, 2009, no 76, p. 70-71.
  • [10]
    Catherine Withol de Wenden, Rémy Leveau, La Beurgeoisie. Les trois âges de la vie associative issue de l’immigration, Paris, CNRS, 2001.
  • [11]
    Vincent Geisser, France Keyser, Stéphanie Marteau, Nous sommes Français et musulmans, op. cit., p. 116.
  • [12]
    Charles-Édouard de Suremain, « Shawarma contre McDo », in Anthropology of Food, 2008, [en ligne] http://aof.revues.org/index3693.html
  • [13]
    David Lepoutre, Cœur de banlieue. Codes, rites et langages, Paris, Odile Jacob, 2001, p. 89-90.
  • [14]
    Albert Bastenier, Qu’est-ce qu’une société ethnique ? Ethnicité et racisme dans les sociétés européennes d’immigration, Paris, Puf, 2004, p. 261.
  • [15]
    Jean-Noël Férrié, Le Régime de la civilité en Égypte. Public et réislamisation, Paris, Éd. du CNRS, 2004.
  • [16]
    Jean-Noël Férrié, Le Régime de la civilité en Égypte. Public et réislamisation, op. cit., p. 130.
  • [17]
    Jean-Noël Férrié, Le Régime de la civilité en Égypte. Public et réislamisation, op. cit., p. 20.
  • [18]
    Bryan S. Turner, « Introduction : The price of piety », in Contemporary Islam, 2008, no 2, p. 1-6.
  • [19]
    Max Weber, Économie et société [1921], t. II, Paris, Librairie Plon, 1971.
  • [20]
    Saba Mahmood, The Politics of Piety : The Islamic Revival and the Feminist Subject, Princeton, Princeton University Press, 2005.
  • [21]
    Jean-Louis Amselle, Rétrovolutions. Essai sur les primitivismes contemporains, Paris, Stock, 2012.
  • [22]
    Peter G. Mandaville, « Globalization and the politics of religious knowledge : Pluralizing authority in the Muslim world », in Theory Culture Society, 2007, no 24, p. 101-115. Bryan S. Turner, « Introduction : The price of piety », op. cit.
  • [23]
    Saba Mahmood, The Politics of Piety : The Islamic Revival and the Feminist Subject, op. cit.
  • [24]
    Georg Simmel, La Religion, Paris, Circé, 1998.
  • [25]
    Antoine Hennion, « Ce que ne disent pas les chiffres… Vers une pragmatique de l’attachement », in Olivier Assoulay (dir.), Goûts à vendre. Essais sur la captation esthétique, Paris, Institut français de la mode, p. 95-116.
  • [26]
    Michel Foucault, Histoire de la sexualité, vol. 3 : Le Souci de Soi, Paris, Gallimard, 1984.
  • [27]
    Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Albin Michel, 2002, p. 91.
  • [28]
    Michel Foucault, Le Gouvernement de soi et des autres, II : Le Courage de la vérité, Paris, Gallimard, 2009, p. 89.
  • [29]
    Albert Jean-Pierre, « Ascétisme », Dictionnaire des faits religieux, op. cit., p. 61
  • [30]
    Danièle Hervieu-Léger, « Conversion », Dictionnaire des faits religieux, op. cit., p. 193.
  • [31]
    Anthony Giddens, Modernity and Self-identity : Self and Society in the Late Modern Age, Cambridge, Polity Press, 1991.
  • [32]
    Claude Fischeler, L’Homnivore, Paris, Odile Jacob, 1990, p. 68.
  • [33]
    Laurence Ossipow. La Cuisine du corps et de l’âme : approche ethnologique du végétarisme, du crudivorisme et de la macrobiotique en Suisse, Neuchâtel, Éd. de l’Institut d’ethnologie, 1997, p. 112.
  • [34]
    Laurence Faure, « Sens et enjeux d’un interdit alimentaire dans le judaïsme », in Anthropology of food, 7, 2011, [en ligne] http://aof.revues.org/index6548.html, p. 39.
  • [35]
    Vincent Goossaert, « Les sens multiples du végétarisme en Chine », in Aïda Kanafani-Zahar, Séverine Mathieu, Sophie Nizard (dir.), À croire et à manger. Religions et alimentations, Paris, L’Harmattan, 2007, p. 65-93.
  • [36]
    Sur ce sujet, voir notamment les travaux d’Anne-Marie Brisebarre, La Fête du mouton. Un sacrifice musulman dans l’espace urbain, Paris, CNRS Éd., 1998.
  • [37]
    L’acteur public est représenté par les maires, les élus et les agents de l’administration municipale.
  • [38]
    Eric Hobsbawm, Terence Ranger, The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 1983.
  • [39]
    André Mary, « Tradition, traditionalisme et néotraditionalisme », in Dictionnaire des faits religieux, op. cit., p. 1241.
  • [40]
    Mohamed Mahdi, « Maroc. Se sacrifier pour sacrifier : prescription sociale et impératifs religieux », in Anne-Marie Brisebarre, La Fête du mouton. Un sacrifice dans l’espace urbain, op. cit., p. 299.
  • [41]
    Roger Caillois, L’Homme et le Sacré, Paris, Gallimard, 1950.
  • [42]
    Camille Tarot, Le Symbolique et le Sacré. Théories de la religion, Paris, La Découverte, 2008.
  • [43]
    Jean-Paul Willaime, « La religion : un lien social articulé au don », in Revue du MAUSS, 2003, no 22, p. 265-266.
  • [44]
    Marcel Detienne, Pierre Vernant, La Cuisine du sacrifice en pays grec, Paris, Gallimard, 1979.
  • [45]
    Le chokhet est un sacrificateur rituel, au pluriel chokhatim. L’expression « sacrificateur rituel », officielle dans le judaïsme, est rejetée par les acteurs eux-mêmes qui refusent de voir dans l’abattage rituel une pratique sacrificielle. Le chokhet doit être un érudit et cumuler à la fois un savoir pratique et intellectuel.
  • [46]
    Thomas Luckmann, Peter Berger, La Construction sociale de la réalité, Paris, Méridiens Klincksieck, 1986.
  • [47]
    John Scheidt, Quand faire, c’est croire : les rites sacrificiels des Romains, Paris, Aubier, 2005.
  • [48]
    Sébastien Fath, « Héritage/Choix », in Danièle Hervieu-Léger, Régine Azria (dir.), Dictionnaire des faits religieux, op. cit., p. 480.
  • [49]
    Robert Tessier, Déplacements du sacré dans la société moderne, Montréal, Bellarmin, 1994.
  • [50]
    Jean Seguy, « Christianisme et « environnement naturel » : le cas advendiste », in Danièle Hervieu-léger (dir.), Religion et Écologie, Paris, Cerf, 1993, p. 96.
  • [51]
    Danièle Hervieu-Léger, La Religion en miettes ou la question des sectes, Paris, Calmann-Lévy, 2001.
  • [52]
    Jocelyne Dakhlia, Islamicités, op. cit., p. 35.
  • [53]
    Dina El-khawaga, « Les droits de l’homme en Égypte », in Égypte/Monde arabe, Première série, Les Visions de l’Occident dans le monde arabe, 1997, no 30-31, p. 246.
  • [54]
    Danièle Hervieu-Léger, La Religion pour mémoire, Paris, Cerf, 1993, p. 208.
  • [55]
    Jean Seguy, « Christianisme et « environnement naturel » : le cas advendiste », in Danièle Hervieu-Léger (dir.), Religion et Écologie, op. cit., p. 218.
  • [56]
    Jean-Noël Ferrié, « Les visions de l’Occident dans le monde arabe : introduction », in Égypte/Monde arabe, Première série, Les Visions de l’Occident dans le monde arabe, art. cit., p. 330.
  • [57]
    Belatoui Lahcène, « Entre halal et haram, vivre en adéquation avec sa foi et son contexte », Paris, Conférence AVS, 2007.
  • [58]
    Le Conseil français du culte musulman a mis en place des commissions afin de travailler sur les besoins et l’amélioration des pratiques des musulmans en France. En ce qui concerne la commission sur la certification halal, les divergences idéologiques et nationales sont si grandes parmi ses membres, que celle-ci ne fait pas à l’heure actuelle consensus. Si l’État a accordé à trois mosquées (Paris, Évry et Lyon) l’agrément religieux pour habiliter des sacrificateurs autorisés à pratiquer l’égorgement rituel, d’autres acteurs, dont des associations comme AVS, gagnent du terrain et de la légitimité auprès des consommateurs musulmans. Voir notamment l’ouvrage de Bernard Godard et Sylvie Taussig, Les Musulmans en France. Courants, institutions, communautés : un état des lieux, Paris, Robert Laffont, 2007.
  • [59]
    http://www.halal-avs.com/
  • [60]
    Mostafa Brahami, Fethallah Otmani, 2010, Le Marché du halal. Entre références religieuses et contraintes économiques, Paris, Tawhid, p. 20.
  • [61]
    Comme, par exemple, les agences de certification SCVH de la Mosquée de Paris ou le Contrôle de la mosquée d’Évry-Courcouronnes.
  • [62]
    Mostafa Brahami, Fethallah Otmani, 2010, Le Marché du halal. Entre références religieuses et contraintes économiques, op. cit., p. 262.
  • [63]
    Patrick Haenni, « L’économie politique de la consommation musulmane », in art. cit.
  • [64]
    Olivier Roy, La Sainte Ignorance, op. cit.
  • [65]
    http://www.halal-avs.com/
  • [66]
    Mostafa Brahami, Fethallah Otmani, Le Marché du halal. Entre références religieuses et contraintes économiques, op. cit., p. 19.
  • [67]
    Claire Lamine, Les Intermittents du bio, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2008, p. 180.
  • [68]
    Patrick Haenni, « Gérer les normes extérieures. Le penchant occidental de la bienfaisance islamique en Égypte », in Égypte/Monde arabe, Première série, Les Visions de l’Occident dans le monde arabe, art. cit., p. 290.
  • [69]
    Amel Boubekeur, « L’islam est-il soluble dans le Mecca Cola ? Nouveaux métissages culturels en Occident », Maghreb Machrek, 2005, no 183, p. 45-65.
  • [70]
    Sara Silvestri, Europe’s Muslim Women : Potential, Aspirations and Challenges, King Baudouin Foundation, 2008.
  • [71]
    Luc Boltanski, Laurent Thévenot, De la justification. Les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991, p. 29.
  • [72]
    Nacira, Guénif-Souilamas, Des « beurettes » aux descendantes d’immigrants nord-africains, Paris, Grasset & Fasquelle, 2000, p. 176.
  • [73]
    Ibid., p. 213.
  • [74]
    Nancy Venel, Musulmans et citoyens, Paris, Puf, 2004.
  • [75]
    Dounia Bouzar, L’Islam des banlieues. Les prédicateurs musulmans, nouveaux travailleurs sociaux ?, Paris, Syros, 2001.
  • [76]
    Georges Balandier, Le Détour. Pouvoir et modernité, Paris, Fayard, 1985, p. 116-117.
  • [77]
    Nilüfer Göle, Interpénétrations. L’Islam et l’Europe, Paris, Gallade, 2005.
  • [78]
    Jean-Pierre Poulain, Sociologie de l’alimentation, Paris, Puf, 2002, p. 25-26.
  • [79]
    Georges Balandier, Le Détour. Pouvoir et modernité, op. cit., p. 167.
  • [80]
    Ibid., p. 167.
  • [81]
    Pour plus de détails sur le rapport entre le diabète et les populations originaires du Maroc, nous vous renvoyons aux travaux de Chantal Crenn, op. cit.
  • [82]
    Abraham A. Moles, Eberhard Wahl, « Kitsch et objet », in Communications, 1969, vol. 13, no 13, p. 105-129.
  • [83]
    Jean Baudrillard, Le Système des objets, Paris, Gallimard, 1968, p. 165.
  • [84]
    Jean Baudrillard, La Société de consommation, Paris, Denoël, 1970, p. 280.
  • [85]
    Jean-Noël Férrié, « L’appartenance des objets : problèmes d’anthropologie de la culture et de l’identité », in art. cit.
  • [86]
    Pierre Bourdieu, 1987, Choses dites, Paris, Minuit.
  • [87]
    Jean-Noël Férrié, « L’appartenance des objets : problèmes d’anthropologie de la culture et de l’identité », in art. cit., p. 18.
  • [88]
    Patrick Haenni, L’Islam de marché. L’autre révolution conservatrice, Paris, Seuil, 2005, p. 20.
  • [89]
    Amel Boubekeur, « L’islam est-il soluble dans le Mecca Cola ? Nouveaux métissages culturels en Occident », op. cit., p. 51.

Le repérage de modes spécifiques d’identification alimentaire et des formes de religiosité m’a amenée à élaborer une typologie. Pour ce faire, nous avons construit quatre modèles que sont : les mangeurs ritualistes, les mangeurs consommateurs, les mangeurs revendicatifs et les mangeurs ascètes. Cette typologie, dans sa construction, ne se veut pas être classificatoire. Nous entendons, par là, que ces quatre modèles ou encore appelés idéaux-types dans l’approche wébérienne, sont des modèles abstraits, c’est‑à-dire regroupant différentes caractéristiques que l’on retrouve, non pas combinées dans un seul sujet mais présentes de façon isolée chez nos « mangeurs ». Ce constat analytique se vérifiait la plupart du temps sur le terrain. La plupart des musulmans combinaient certaines caractéristiques d’un type mais aussi plusieurs caractéristiques d’un autre.
Enfin, cette élaboration nous a permis d’articuler à la fois les relations qu’entretiennent les acteurs avec leur alimentation, leur foi et leur groupe d’appartenance, qu’il soit religieux, familial ou générationnel. Le mangeur ritualiste occupe une place particulière car il apparaît, aux yeux des trois autres types de mangeurs, comme celui qui pratique « sans savoir, de manière mécanique », sans un retour réflexif sur ses pratiques. Il représente les parents des descendants de migrants. Par « ritualiste », nous définissons un mangeur pour qui les pratiques halal définissent sa conviction religieuse.
Selon que l’on soit mangeu…


Date de mise en ligne : 09/04/2018

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