Corpus du dictionnaire, de A à Z
- Par Sylvain Auroux
Pages 1 à 294
Citer ce chapitre
- AUROUX, Sylvain,
- Auroux, Sylvain.
- Auroux, S.
Citer ce chapitre
- Auroux, S.
- Auroux, Sylvain.
- AUROUX, Sylvain,
Tout au long de leur histoire, les Chinois ont réfléchi sur les rapports entre l’absolu et le relatif, le transcendant et le contingent, sans dissocier l’absolu du relatif ; ils ont eu constamment le souci de poser l’absolu comme non exclusif et d’y réintroduire synthétiquement le relatif, aussi bien chez les bouddhistes que chez les taoïstes.
Pour les Chinois, l’absolu n’est pas de cet univers, qui comporte un Ciel et une Terre promis à la ruine qui seront remplacés par un autre Ciel et une autre Terre ; c’est‑à-dire que cet univers n’est pas la totalité. Mais il en est fait, car il est formé de Souffle dont toute chose n’est qu’une forme concentrée ou diluée (v. Qi 1). Aussi l’être absolu, l’être pris dans sa totalité, n’est-il distinct ni des êtres ni de ce monde. Tout être, toute existence, est lié intrinsèquement à la totalité par sa substance, le souffle, et par sa structure, car tout être est un microcosme dont les différentes parties s’ordonnent en résonance avec l’ensemble, l’ensemble de l’univers étant conçu comme un système de relations et d’interactions (l’École du Yin-Yang et des Cinq Agents tente d’en dégager les lois), la vie et le monde ne sont que rapports infinis entre tout ce qui existe, aucun individu et aucune entité ne peuvent exister isolément et par soi-même. Ainsi, chaque être n’est qu’un croisement de forces et de situations diverses, un filtre qui donne un aspect de la réalité, un signe de relations multiples, multidimensionnelles, avec les autres…
Date de mise en ligne : 06/01/2020
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
12,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €