7. Le temps de Cicéron, les poètes
Pages 129 à 147
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- NÉRAUDAU, Jean-Pierre,
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- Néraudau, Jean-Pierre.
- Néraudau, J.-P.
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Cependant que Varron s’engageait dans le drame qui se jouait à Rome, d’autres, découragés, voire désespérés, tentaient de quitter la scène et de se consacrer à leur propre tranquillité. Le désengagement est décrit comme une gourmandise de l’esprit dans les vers célèbres qui ouvrent le livre II du De rerum natura de Lucrèce (Titus Lucretius Carus, dates vraisemblables : 99-55) :
« Douceur, lorsque les vents soulèvent la mer immense, d’observer du rivage le dur effort d’autrui, non que le tourment soit jamais un doux plaisir, mais il nous plaît de voir à quoi nous échappons. »
Le poète énonce là une conséquence morale de la philosophie d’Épicure (341-270) qu’il se propose de traduire pour la révéler aux Romains, par l’intermédiaire de son dédicataire, Caius Memmius. Les deux premiers livres (respectivement 1 117 et 1 174 vers) révèlent les mystères de la formation des corps. En recourant à l’observation et à la logique, Lucrèce montre la nécessité du vide et de l’atome pour expliquer l’ordre du monde. Il peut alors pousser jusqu’à leur terme les conséquences de ces principes et proposer la vision d’un monde dans lequel les corps sont formés par la rencontre des atomes.Ce matérialisme sans faille, la certitude de la pluralité des mondes et la contemplation de l’univers qu’il décrit exaltent le poète, mais jamais il n’oublie que son but est, en prouvant que le monde n’est pas une création des dieux et que tout s’y passe sans qu’ils interviennent, de délivrer les hommes des terreurs que génère la religion…
Date de mise en ligne : 04/07/2024
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