II. La société politique anglaise
Pages 33 à 60
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- GENÊT, Jean-Philippe,
- Genêt, Jean-Philippe.
- Genêt, J.-P.
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Notes
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[1]
Ce terme ne correspond pas à une réalité sociologique, et définit pour l’analyse un ensemble de groupes sociaux qui sont tous, à des niveaux différents, à la fois seigneurs détenteurs de manoirs et membres de la hiérarchie féodale. Il inclut donc des ecclésiastiques, et, de façon minoritaire, des membres de l’oligarchie urbaine, possesseurs de manoirs depuis le xiiie siècle.
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[2]
Au xvie siècle, apparaîtront de nouveaux tenants in chief qui ne seront pas forcément des barons : les acquéreurs des biens monastiques confisqués en 1536.
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[3]
F. Lachaud, « La formation de la gentry, fin xie - milieu xive siècle : un nouveau concept historiographique ? », dans F. Lachaud, I. Lescent-Giles et F. J. Ruggiu, Histoires d’outre-manche. Tendances récentes de l’historiographie britannique, Paris, 2001, p. 13-36.
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[4]
Guillaume de Poitiers, Histoire de Guillaume le Conquérant, éd. par R. Foreville, Paris, 1952, texte discuté par S. Harvey, « The knight and the knight’s fee in England », PP, 49, 1973, p. 3-43 (réédité dans R. H. Hilton, Peasants, Knights and Heretics. Studies in Medieval English Social History, Cambridge, 1976, p. 133-173) et P. R. Coss, The Knight in Medieval England, 1000-1400, Stroud, 1993, qui résume le débat provoqué par l’article de Sally Harvey.
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[5]
C. Carpenter, « The Beauchamp affinity : A study of bastard feudalism at work », EHR, XCV, 1980, p. 514-532 et Locality and Polity. A Study of Warwickshire Landed Society, 1401-1499, Cambridge, 1992 ; M. Cherry, « The courtenay earls of Devon : The formation and desintegration of a late medieval affinity », Southern History, I, 1979, p. 71-97 ; M. Jones (éd.), Gentry and Lesser Nobility in Medieval Europe, Gloucester, 1986 ; M. G. A. Vale, Piety, Charity and Literacy among the Yorkshire Gentry (Borthwick Papers, L), York, 1976 ; S. Walker, « Autour des magnats et du pouvoir de la gentry en Angleterre à la fin du Moyen Âge », dans P. Contamine, L’État et les aristocraties, XlIe-XVIIe siècle, France, Angleterre, Écosse, Paris, 1989, p. 189-211.
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[6]
Carpenter, op. cit. ; S. Payling, Political Society in Lancastrian England : the Greater Gentry of Nottinghamshire, Oxford, 1991 ; N. Saul, Knights and Esquires : The Gloucestershire Gentry in the Fourteenth Century, Oxford, 1981.
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[7]
Voir les cas de Thomas de Moulton et de Simon de Kyme dans J. C. Holt, The Northerners, Oxford, [1961], nouv. éd., 1992.
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[8]
J. R. Maddicott, Simon de Montfort, Cambridge, 1994 (cf. J.-P. Genet, « Simon de Montfort : Baron ou homme politique ? », Médiévales, 34, 1998, p. 53-68).
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[9]
G. L. Harriss, King, Parliament op. cit.
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[10]
B. Guenée, Un meurtre, une société : l’assassinat du duc d’Orléans, 23 novembre 1407, Paris, 1992, p. 28-41. M. Ornato, Répertoire prosopographique de personnages apparentés à la couronne de France aux xive et xve siècles, Paris, 2001.
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[11]
K. B. McFarlane, The Nobility of Later Medieval England, Oxford, 1973, England in the Fifteenth-Century, 1981, réédition d’articles essentiels sur la féodalité bâtarde, et Lancastrian Kings and Lollard Knights, Oxford, 1987. D’autres synthèses, Ch. Given-Wilson, The English Nobility in the Late Middle Ages : The Fourteenth Century Political Nobility, London - New York, 1987 ; J. Rosenthal, Nobles and the Noble Life, 1295-1500, Londres, 1976 et Patriarchy and Familles of Privilege in Fifteenth Century England, Baltimore, 1991, complètent McFarlane ; cf. J. M. W. Bean, From Lord to Patron. Lordship in Late Medieval England, Manchester, 1989 ; S. Payling, « Social mobility, demographic change and landed society in late medieval England », EcHR, 1992, XLV (1), p. 51-73.
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[12]
K. Mertes, The English Noble Household, 1250-1600. Good Governance and Political Rule, Oxford, 1988 et C. M. Woolgar, Household Accounts from Medieval England (The British Academy Records of Social and Economic History, New Series, XVIII), Oxford, 2 vol., 1992-1993.
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[13]
Carpenter, op. cit., p. 197-205 ; en général, M. Girouard, Life in an English Country House : A Social and Architectural History, New Haven - Londres, 1978.
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[14]
S. Reynolds, An Introduction to the History of English Medieval Towns, Oxford, 1977 ; C. Platt, The English Medieval Town, Londres, 1976 ; R. Holt et G. Rosser, The Medieval Town. A Reader in English Urban History, 1200-1540, Londres, 1990, réédition d’articles essentiels ; J. A. F. Thomson (éd.), Towns and Townspeople in the Fifteenth Century, Gloucester, 1988 ; R. H. Hilton, English and French Towns in Feudal Society, Cambridge, 1992, discussion théorique sur le thème du féodalisme.
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[15]
C. Phythian-Adams, Desolation of a City. Coventry and the Urban Crisis of the Later Middle Ages, Cambridge, 1979.
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[16]
S. L. Thrupp, The Merchant Class of Medieval London (1300-1500), Ann Arbor, 1962 ; P. Nightingale, « Capitalists, Crafts and Constitutional Change in Later Fourteenth Century London », PP, CXXIV, 1989, p. 3-35.
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[17]
Vintners, mercers, grocers, drapers, fishmongers, goldsmiths, skinners, merchant tailors, haberdashers, salters, ironmongers.
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[18]
H. Swanson, Medieval Artisans : An Urban Class in Late Medieval England, Oxford, 1989.
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[19]
Thrupp, op. cit., p. 234-268.
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[20]
C. Klapisch et D. Herlihy, Les Toscans et leurs familles. Une étude du Catasto florentin de 1427, Paris, 1978, p. 205-209 ; l’écart est inférieur à celui de Florence (entre 10,6 et 12,7 ans) et proche de ceux de Prato.
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[21]
McFarlane, op. cit., p. 141-176.
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[22]
L’argument « social » de McFarlane paraît incontestable ; par contre, au plan « économique », sa thèse a été violemment attaquée, et non sans raisons, par M. M. Postan, « The Costs of the Hundred Years War », PP, XXVII, 1964, p. 34-53.
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[23]
Sur ces familles, J. M. W. Bean, The Estates of the Percy Family, 1416-1537, Oxford, 1958 ; A. Goodman, The Loyal Conspiracy, Londres, 1971 ; G. A. Holmes, The Estates of the Higher Nobility in Fourteenth-Century England, Cambridge, 1957 ; C. Rawcliffe, The Staffords, Earls of Stafford and Dukes of Buckingham, 1394-1521, Cambridge, 1978.
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[24]
N. Denholm-Young, History and Heraldry, 1254 to 1310. A Study of the Historical Value of the Rolls of Arms, Oxford, 1965 ; A. R. Wagner, Heralds and Heraldry in the Middle Ages, Oxford [1939], 1956 et English Genealogy, Oxford, 2e éd., 1972.
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[25]
N. Williams, Thomas Howard, Fourth Duke of Norfolk, Londres, 1964, p. 40-43. Point essentiel de la refondation, la création d’une bibliothèque comme instrument de travail collectif : un règlement précise comment les hérauts partant en visitation peuvent emmener avec eux les ouvrages nécessaires et quand ils doivent les rendre ; les lecteurs sont reçus et surveillés par un héraut et un poursuivant, chacun étant de service un mois, selon l’ordre d’ancienneté. À partir de la refondation, la pratique des Visitations, qui opposait jusque-là Garter d’une part, Norroy et Clarenceux de l’autre, entre dans les faits. La suprématie de Garter sur les deux rois d’armes provinciaux, Norroy et Clarenceux est établie. Le collège compte en outre six hérauts et quatre poursuivants, formant le chapitre avec les trois rois d’armes, et des apprentis.
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[26]
Patente citée dans A. C. Fox-Davies, A Complete Guide to Heraldry, éd. J. P. Brooke-Little, Londres, 1969, p. 16.
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[27]
C. Richmond, The Paston Family in the Fifteenth Century : The First Phase, Cambridge, 1990.
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[28]
Carpenter, op. cit., chap. IV, « Social mobility and the creation of estates », p. 96-152 et V, « The Exploitation of Estates », p. 153-195.
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[29]
Ibid., p. 185-186.
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[30]
A. Hanham (éd.), The Celys Letters 1472-1488 (eets, 273), Londres, 1975 et The Celys and their World : An English Merchant Family of the Fifteenth Century, Cambridge, 1985 ; C. Carpenter (éd.), Kingsford’s Stonor Letters and Papers, 1290-1483, Cambridge, 1996 (importante introduction, p. 1-31).
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[31]
E. Power, Medieval People, Londres, 1924 (biographies de Thomas Betson et Thomas Paycocke).
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[32]
Ils vendent des produits de luxe variés, allant des éperons au papier.
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[33]
P. Heath, Church and Realm, 1272-1461, Londres, 1988.
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[34]
Mutation, p. 522-531 ; M. Rubin, Corpus Christi. The Eucharist in Late Medieval Culture, Cambridge, 1991.
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[35]
Essentiel, E. Dufly, The Stripping of the Altars, New Haven et Londres, 1992.
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[36]
R. B. Dobson et D. N. Lepine, « Two English Cathedrals : Exeter and York », dans H. Millet (éd.), I canonici al servizio âello Stato in Europa secoli xiii-xvi, Ferrare, 1992, p. 9-46.
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[37]
R. Storey, « Gentleman-bureaucrats », dans C. H. Clough (éd.), Profession, Vocation and Culture in Later Medieval England. Essays dedicated to the Memory of A. R. Myers, Liverpool, 1982, p. 93-129.
-
[38]
J.-P. Genet, « Les conseillers du prince en Angleterre à la fin du Moyen Âge : sages et prudents ? », dans R. Stein, Powerbrokers in the Late Middle Ages (Burgundica, IV), Turnhout, 2001, p. 117-152.
-
[39]
R. N. Swanson, Church and Society in Late Medieval England, Oxford, 1989.
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[40]
Chiffres établis à partir de D. Knowles et R. Neville Hadcock, Medieval Religious Houses. England and Wales, Londres, 1971.
-
[41]
A. K. McHardy, « Clerical taxation in fifteenth-century England : The clergy as agents of the crown », dans R. B. Dobson, The Church, Politics and Patronage in Fifteenth Century England, Gloucester, 1984, p. 162-192 et J. J. Scarisbrick, « Clerical Taxation in England, 1485 to 1547 », Journal of Ecclesiastical History, XI, 1960, p. 41-54.
-
[42]
Ch. Allmand, Henry V, Londres-Berkeley, 1992, p. 305.
-
[43]
J. Catto, « Religious Change under Henry V », dans G. L. Harriss (éd.), Henry V. The Practice of Kingship, Oxford, [1985], 1991, p. 97-115.
-
[44]
Dans A. Ogle, The Tragedy of the Lollards’Tower, Oxford, 1949, p. 324-330.
-
[45]
Dans H. Gee et W. J. Hardy, Documents Illustrative of English Church History, Londres, 1910, p. 154-176.
-
[46]
M. Kelly, « The submission of the clergy », TRHS, 5th ser., XV, 1965, p. 97-119.
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[47]
J. A. Guy, The Public Career of Sir Thomas More, Brighton, 1980, p. 175-201.
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[48]
LP H. VIII, V, 1247.
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[49]
R. Marius, Thomas More, nouv éd., Londres, 1999, p. 421.
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[50]
Infra, p. 104 ; sur le paradoxe élizabéthain, J. Simon, Education and Society in Tudor England, Cambridge, 1966, p. 301-302.
Pourquoi l’adaptation des classes dominantes, et plus particulièrement de l’aristocratie militaire, aux besoins nouveaux créés par la permanence de la guerre et à la mise en place de la taxation nationale consentie a-t-elle été aussi rapide ? Menacée dans son identité par la perte de son monopole militaire, atteinte dans sa fortune par la taxation, pourquoi l’aristocratie militaire qui forme l’essentiel de la classe seigneuriale a-t-elle accepté une telle transformation ? Pour répondre à ces questions, un examen des diverses composantes de la « société politique », une expression que nous expliciterons progressivement, s’impose : au reste, en raison des spécificités de la société anglaise, nous commencerons par une sociologie descriptive, que l’on s’attachera à nuancer en mettant en perspective historique les dynamiques d’évolution de chaque élément.
Dans le cas de l’aristocratie militaire et seigneuriale, ces spécificités sont liées à la relation qu’elle entretient depuis la conquête avec le pouvoir royal. Tout d’abord, le Conquérant a structuré lui-même cette classe en répartissant entre ses membres les terres conquises. De lui date la structuration en deux niveaux de l’aristocratie en « barons » (ce sont les tenants in chief) et en « chevaliers » : cette terminologie est postérieure, mais au xie siècle, noblesse et chevalerie sont partout deux réalités sociales distinctes. En Angleterre seule se maintient cette distinction archaïque : paradoxalement, elle s’avère un puissant facteur de modernité…
Date de mise en ligne : 01/01/2015
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