Chapitre 1. Les soins psychiatriques ambulatoires. Histoire d’une institution
- Par Jacques Hochmann
Pages 39 à 65
Citer ce chapitre
- HOCHMANN, Jacques,
- Hochmann, Jacques.
- Hochmann, J.
Citer ce chapitre
- Hochmann, J.
- Hochmann, Jacques.
- HOCHMANN, Jacques,
Notes
-
[1]
Cf. plus loin le chapitre consacré à l’analyse de ce phénomène.
-
[2]
Cf. J. Hochmann, Pour une psychiatrie communautaire, coll. « Esprit », Le Seuil, 1971.
-
[3]
Ce présent doit être entendu comme un présent narratif. L’institution, en effet, sous la pression des événements, a continué à évoluer (cf Après coup, 1994, p. 145).
Notre société offre deux grands systèmes d’assistance aux sujets en difficultés psychologiques : la consultation au cabinet d’un spécialiste, l’hospitalisation dans un service résidentiel. Le premier système est, pour l’essentiel, privé ; le second appartient, en majorité, au secteur public, et les hôpitaux psychiatriques s’y taillent le plus grand territoire. Dans le premier système, la psychanalyse et les psychothérapies qu’elle inspire sont devenues l’outil privilégié. Même s’il adopte volontiers le vocabulaire freudien, le second reste en fait placé sous le régime des traitements biologiques et des formes diverses de pédagogie de la vie sociale.
Ces deux systèmes, par-delà leurs différences, ont pourtant un point commun : ils sont à la fois isolants et totalisants. Dans la situation pathologique dont le malade est le porte-parole, ils découpent un « secteur » (le mot fait déjà image) qui à lui seul va devenir champ d’étude et objet d’activités thérapeutiques et, par un postulat implicite, va être tenu pour représentant unique de cette situation. Médicamenté, interprété ou sociothérapé, le malade n’est accepté, après son passage à travers le crible de la pensée médicale – et jusque chez les antipsychiatres ses détracteurs – que séparé de son contexte. Tout ce qui n’est pas lui, et tout ce qui en lui ne correspond pas à la théorie qui le cerne, est non seulement tenu pour négligeable, mais encore raboté et déformé. Son comportement comme son discours, dans la mesure où il est exprimé dans la relation thérapeutique, sont réduits à signifier la souffrance du patient isolé telle qu’elle se rejoue par rapport au thérapeute ou à l’institution thérapeutique…
Date de mise en ligne : 27/07/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
17,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €