Préambule
- Par Jacques Hochmann
Pages 11 à 37
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- HOCHMANN, Jacques,
- Hochmann, Jacques.
- Hochmann, J.
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- Hochmann, Jacques.
- HOCHMANN, Jacques,
Ils m’attendaient, légèrement recouverts de poussière dans la lumière d’un soleil d’octobre : lui, assis, les genoux joints, la tête abandonnée et la main suppliante ; elle, le soutenant du bras et penchant vers ses yeux hagards un jeune visage ourlé d’une natte. J’ai rêvé sur leur couple : Charles VI le fol et Odette de Champdivers, la première infirmière psychiatrique…
Après une enfance difficile, marquée par les rivalités des oncles qui le gouvernaient, et déjà scandée de visions étranges, après une adolescence secouée par les massacres ou étourdie par les fêtes, Charles de Valois était devenu fou. Il courait dans son palais, niant être roi et père, s’affirmant un autre. Sa belle-sœur Valentine, la belle Milanaise, avait bien tenté d’arracher son esprit chagrin aux angoisses qui l’oppressaient et au désir de mort qui le tenaillait. Il continuait d’enfourcher ses chimères. Parfois, il fallait l’attacher et l’enfermer. N’avait-il pas, dans un accès furieux, occis quatre hommes, dont un brave chevalier gascon ? Des médecins furent appelés. Voici ce qu’en dit Michelet, en 1840, quatre siècles et demi après : « Ils ne firent pas grand-chose. C’était déjà, comme aujourd’hui, la médecine matérialiste, qui soigne le corps sans se soucier de l’âme, qui veut guérir le mal physique sans rechercher le mal moral, lequel pourtant est ordinairement la cause première de l’autre. Le Moyen Âge faisait tout le contraire. Il ne connaissait pas toujours les remèdes matériels mais il savait à merveille calmer, charmer le malade, le préparer à se laisser guérir…
Date de mise en ligne : 27/07/2022
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