Introduction. Au-devant de la vie
Pages 5 à 24
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- BANTIGNY, Ludivine,
- Bantigny, Ludivine.
- Bantigny, L.
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Notes
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[1]
Le discours de Maurice Thorez dit « de la main tendue » a été prononcé le 17 avril 1936. Le texte de Simone Weil est d’abord paru dans La Révolution prolétarienne le 10 juin 1936 sous le pseudonyme de S. Galois (parmi de multiples éditions, cf. Simone Weil, Grèves et joie pure, Montreuil, Libertalia, 2016). L’article de Marceau Pivert intitulé « Tout est possible » est paru dans Le Populaire le 27 mai 1936. Marcel Gitton signe une réponse, « Tout n’est pas possible », dans L’Humanité le 29 mai. Maurice Thorez a dit après la signature des accords de Matignon : « Il faut savoir terminer une grève dès que la satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées mais que l’on a obtenu la victoire sur les plus essentielles revendications » (L’Humanité, 12 juin 1936). Rose Zehner a été photographiée par Willy Ronis aux usines Citroën du quai de Javel à Paris le 23 mars 1938.
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[2]
Michel Margairaz et Danielle Tartakowsky évoquent une « révolution culturelle » (L’avenir nous appartient. Une histoire du Front populaire, Paris, Larousse, 2006, p. 3).
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[3]
Cf. notamment Johann Chapoutot, Les Irresponsables. Qui a porté Hitler au pouvoir ?, Paris, Gallimard, 2025.
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[4]
Jean Ruhlmann, Ni bourgeois ni prolétaires. La défense des classes moyennes en France au xxe siècle, Paris, Seuil, 2001 ; Serge Berstein, « Le parti radical-socialiste, de la défense du peuple à celle des classes moyennes », in Georges Lavau (dir.), L’Univers politique des classes moyennes, Paris, Presses de la FNSP, 1983, p. 71-93 ; Frédéric Monier, « Monsieur Daladier, je suis las d’écrire… », in Xavier Vigna, Jean Vigreux et Serge Wolikow (dir.), Le Pain, la paix, la liberté. Expériences et territoires du Front populaire, Paris, Éditions sociales, 2006, p. 53-68.
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[5]
Les travaux fondamentaux sur le Parti radical sont ceux de Serge Berstein et notamment sa thèse d’État : Histoire du Parti radical, Paris, Presses de la FNSP, deux tomes, 1980 et 1982. Pour une synthèse, cf. Serge Berstein, « Les radicaux », in Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (dir.), Histoire des gauches en France, vol. 2, Paris, La Découverte, 2005, p. 7-26.
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[6]
Cf. Pierre Broué, Histoire de l’Internationale communiste, Paris, Fayard, 1997 ; Serge Wolikow, L’Internationale communiste, Paris, L’Atelier, 2010.
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[7]
Cf. Romain Ducoulombier, Camarades ! La naissance du Parti communiste en France, Paris, Perrin, 2010 ; Romain Ducoulombier, « Succéder à Jaurès ? Filiations et ruptures aux origines de la culture communiste en France », in Ludivine Bantigny et Arnaud Baubérot (dir.), Hériter en politique, Paris, PUF, 2010, p. 61-76 ; Julian Mischi, Le Parti des communistes. Histoire du Parti communiste français de 1920 à nos jours, Marseille, Hors d’atteinte, 2020.
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[8]
Entre 1924 et 1926, les socialistes soutiennent un gouvernement de Cartel des gauches, dirigé par le radical Édouard Herriot, sans y participer. Un autre Cartel des gauches est au pouvoir entre 1932 et 1934.
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[9]
Léon Blum, Le Congrès de Tours. Le socialisme à la croisée des chemins, 1919-1920, Paris, Gallimard, 2020. Voir aussi Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, Le Long Remords du pouvoir. Le Parti socialiste français, Paris, Fayard, 1992, p. 118-119 ; Emmanuel Jousse, « Ce que signifie le congrès de Tours », Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, vol. 1, n° 38, 2020, p. 7-30.
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[10]
Rapport des Renseignements généraux sur une conférence de Léon Blum, 12 mars 1933, Archives de la préfecture de police BA1978.
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[11]
CGT, Centre confédéral d’édition ouvrière, juillet 1935, cité in Georges Lefranc, Juin 36. L’explosion sociale du Front populaire, Paris, Julliard, 1973, p. 53.
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[12]
Pour une synthèse dans une bibliographie abondante, lire Jeanne Siwek-Pouydesseau, « Les syndicalistes », in Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (dir)., Histoire des gauches en France, vol. 2, op. cit., p. 76-90 ; Morgan Poggioli, La CGT du Front populaire à Vichy, Montreuil, Institut CGT d’histoire sociale, 2007 ; Morgan Poggioli, « Le syndicalisme précurseur de l’unité : politisation et recomposition interne », in Gilles Morin et Gilles Richard (dir.), Les Deux France du Front populaire, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 147-156.
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[13]
Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009 ; Jean Vigreux, La Faucille après le marteau. Le communisme aux champs dans l’entre-deux-guerres, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, 2012.
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[14]
Frédéric Sawicki, « Les socialistes », in Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (dir)., Histoire des gauches en France, vol. 2, op. cit., ici p. 35-37.
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[15]
Cf. Thierry Hohl, À gauche ! La gauche socialiste 1921-1947, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2004, p. 17-30 ; Thierry Hohl, « Du réformisme aux blumistes. Socialistes au temps du Front populaire », in Xavier Vigna, Jean Vigreux et Serge Wolikow (dir.), Le Pain, la paix, la liberté, op. cit., p. 43-52.
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[16]
Cette expression calquait celle qu’avait employée Léon Gambetta en 1877 : « Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! »
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[17]
Samuel Hayat, Quand la république était révolutionnaire. Citoyenneté et représentation en 1848, Paris, Seuil, 2014. Cf. aussi Maurice Agulhon, « La République, combat et acquis de la gauche », in Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (dir.), Histoire des gauches en France, vol. 1, Paris, La Découverte, 2005, p. 247-254 ; Marion Fontaine, « “La République est ouverte à toutes les classes” », in Marion Fontaine, Frédéric Monier et Christophe Prochasson (dir.), Une contre-histoire de la IIIe République, Paris, La Découverte, 2013, notamment p. 152-160.
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[18]
Léon Blum, « Le manifeste communiste », Le Populaire, 4 décembre 1934 ; Léon Blum, « Il y a quatre-vingt-sept ans… », Le Populaire, 24 février 1935.
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[19]
Discours de Léon Blum à l’occasion de la célébration de la mort de Jaurès, 31 juillet 1937, AN 552AP13.
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[20]
En octobre 1934, les dirigeants communistes Marcel Cachin et Maurice Thorez lancent la formule « Front populaire pour le pain, la paix, la liberté ». Au départ, les socialistes n’endossent pas cette expression. Ils reconnaissent surtout le « Rassemblement populaire », comité d’organisation des manifestations communes puis de la préparation des élections législatives. Finalement, « Front populaire » s’est imposé. Cf. Georges Dupeux, Le Front populaire et les élections de 1936, Paris, Armand Colin, 1959, p. 95 ; Georges Lefranc, Histoire du Front populaire, Paris, Payot, 1965, p. 9 ; Serge Wolikow, « Le Front populaire, quel événement ? », in Xavier Vigna, Jean Vigreux et Serge Wolikow (dir.), Le Pain, la paix, la liberté, op. cit., p. 11-24 ; Jean Vigreux, Le Front populaire. 1934-1938, Paris, PUF, 2025 (2011), p. 21.
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[21]
Jean Zay dans Le Temps, 21 janvier 1936, cité in Michel Margairaz, L’État, les finances et l’économie. Histoire d’une conversion 1932-1952, vol. I, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1991, p. 201 sq.
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[22]
« Les trois couleurs à la voirie ! / Le drapeau rouge est le meilleur ! / Leur France, Jeune Travailleur / N’est aucunement ta patrie » (Louis Aragon, « Aux enfants rouges », brochure, juin 1932).
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[23]
Cf. Antoine Prost, Autour du Front populaire. Aspects du mouvement social au xxe siècle, Paris, Seuil, 2011, p. 80.
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[24]
Rapport du sous-préfet de La Flèche au préfet de la Sarthe, 22 mai 1936, AD Sarthe 1M190.
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[25]
Manifeste « Contre le fascisme, front commun », 1933, AN 22AS/1. Par exemple, François Coty possède Le Figaro, Le Gaulois et L’Ami du peuple ; Le Temps appartient au Comité des forges et spécialement à la famille des industriels de Wendel ; Paris Soir, le plus grand quotidien de l’époque, à l’industriel Jean Prouvost… Cf. Patrick Eveno, L’Argent de la presse française, Paris, CTHS, 2003 ; Christophe Charle, Le Siècle de la presse (1830-1939), Paris, Seuil, 2004.
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[26]
Roland Garçonnet, « Place au Peuple ! », Le Travail de la Marne, 30 novembre 1935.
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[27]
Intervention d’André Philip, XXXIIIe Congrès national du Parti socialiste SFIO 30, 31 mai, 1er juin 1936. Compte rendu sténographique, Librairie populaire, 1936, p. 125-129.
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[28]
Cf. Pierre Birnbaum, Léon Blum. Un portrait, Paris, Seuil, 2016, p. 111 sq. ; Vincent Chambarlhac et Thierry Hohl évoquent « la forme nouvelle d’une contractualisation républicaine » (1934-1936. Un moment antifasciste, Paris, La ville brûle, 2014, p. 12).
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[29]
La Lutte, 13 mai 1937.
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[30]
On notera désormais AN les Archives nationales, AD les Archives départementales, AM les archives municipales, ANOM les Archives nationales d’outre-mer, ANMT les Archives nationales du monde du travail, APP les Archives de la Préfecture de police de Paris, IHS les fonds de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, APA ceux de l’Association pour l’autobiographie, CHSP ceux du Centre d’histoire de Sciences Po, CAF le Centre des archives du féminisme, BHVP la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, PANDOR le Portail archives numériques et données de la recherche de la Maison des sciences de l’homme à Dijon. Certains documents proviennent aussi de La Contemporaine à Nanterre.
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[31]
Gilles Vergnon, « Processus de politisation et mobilisations politiques », in Xavier Vigna, Jean Vigreux et Serge Wolikow (dir.), Le Pain, la paix, la liberté, op. cit., p. 29-42 ; Xavier Vigna, Histoire des ouvriers en France au xxe siècle, Paris, Perrin, 2024, p. 136 sq.
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[32]
Léon Blum aime à répéter : « À un pays comme la France on peut parler le langage de la vérité » (Brochure « Un bilan. Un programme. Des actes », 1936). Cette vérité tant prônée aussi par Jaurès : « Nous n’avons, nous, besoin pour vaincre d’aucun des procédés médiocres auxquels recourent les partis du passé. Toujours la vérité, rien que la vérité, toute la vérité, toujours l’appel à la raison » (cité in Jean-Pierre Rioux, Les Enfants de Jaurès, Paris, Odile Jacob, 2022, p. 41). Frédéric Monier évoque chez Blum « l’exigence de moralité, entendue comme une quête de bonheur, de vérité et de justice pour soi-même comme pour le plus grand nombre » (Frédéric Monier, Léon Blum. La morale et le pouvoir, Paris, Armand Colin, 2016, p. 263).
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[33]
Vœux de Léon Blum, 31 décembre 1936, AN 570AP13 ; Léon Blum, discours radiodiffusé, avril 1936, AN 570AP12.
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[34]
« Amie l’univers nous convie / Nos cœurs sont plus clairs que le jour / Allons au-devant de la vie / Allons au-devant de l’amour / La joie te réveille ma blonde / Allons nous unir à ce chœur / Marchons vers la gloire et le monde / Marchons au-devant du bonheur. »
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[35]
Le Populaire, 12 décembre 1936.
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[36]
Lettre de Marius Moutet au gouverneur général de l’Afrique équatoriale française, 12 août 1936, ANOM 28PA1.
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[37]
Discours de Vincent Auriol devant la Chambre des députés, 19 juin 1936.
Un modeste brouillon sur papier à en-tête : Chambre des députés. Léon Blum y trace quelques mots d’une écriture pressée. Rien de très ordonné et pourtant tout y est – la conviction d’une vie entière : la justice sociale ne pourra naître qu’après la conquête du pouvoir et la transformation radicale du régime de propriété. Mais le progrès peut procéder par étapes, « rendant le changement moins brutal et la transition moins rude » : sans attendre, il est possible de faire advenir un peu plus de bien-être. Le « bond » à accomplir ensuite demandera « moins d’effort », parce qu’il sera moins grand. En somme, un art du cheminement. Blum répète ici ce qu’il a théorisé depuis plusieurs années, une distinction stratégique devenue classique entre la prise révolutionnaire du pouvoir et son occupation électorale. Il défend un socialisme gouvernemental qui n’entend pas renoncer à l’émancipation par la révolution mais qui l’inscrit dans la durée. Cette différence, ténue en apparence, est d’une immense importance. Conquérir le pouvoir, c’est rompre avec l’ordre établi, renverser les structures de la société telle qu’elle est, abolir la loi du marché. Occuper le pouvoir, c’est l’exercer dans le cadre existant, préserver sa légalité par une entrée dans les institutions, non par leur subversion. Le leader socialiste pressent-il, lorsqu’il oppose ces deux formes, que la seconde peut neutraliser la première ? Il ne le pense pas : elles sont successives et même complémentaires. Or, pour le Front populaire, c’est là que tout va se jouer : dans cette tension, comme des fils de soie et de fer…
Date de mise en ligne : 01/04/2026
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