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X. La haine

Pages 247 à 276

Citer ce chapitre


  • Bantigny, L.
(2026). X. La haine. La Bourse ou la vie : Le Front populaire, histoire pour aujourd’hui (p. 247-276). La Découverte. https://shs.cairn.info/la-bourse-ou-la-vie--9782348089084-page-247?lang=fr.

  • Bantigny, Ludivine.
« X. La haine ». La Bourse ou la vie Le Front populaire, histoire pour aujourd’hui, La Découverte, 2026. p.247-276. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-bourse-ou-la-vie--9782348089084-page-247?lang=fr.

  • BANTIGNY, Ludivine,
2026. X. La haine. In : La Bourse ou la vie Le Front populaire, histoire pour aujourd’hui. Paris : La Découverte. Sciences humaines et sociales, p.247-276. URL : https://shs.cairn.info/la-bourse-ou-la-vie--9782348089084-page-247?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Jean Lacouture, Léon Blum, op. cit., p. 205.
  • [2]
    Emmanuel Debono, « Introduction », dossier « Années trente. L’emprise sociale de l’antisémitisme », Archives juives, vol. 43, n° 1, 2010, p. 6. Cf. Ralph Schor, L’Antisémitisme en France dans l’entre-deux-guerres, Bruxelles, Complexe, 1992 ; Tal Bruttmann et Laurent Joly, La France antijuive de 1936. L’agression de Léon Blum à la Chambre des députés, Paris, Éditions des Équateurs, 2006 ; Laurent Joly, « Fascisme et antisémitisme dans la France des années 1930 : une irrésistible convergence ? », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 2, n° 62, août-septembre 2015, p. 115-136 ; Pierre Birnbaum, Léon Blum, op. cit., p. 8-9 et p. 135-150.
  • [3]
    Michel Latoud, « Le communisme. Ce qu’il est. Ce qu’il vaut », février 1936, AD Charente 1M135.
  • [4]
    Papillon de l’Action française, 1935, collecté par Bernard Aumont, in « Une histoire de papillons », APA 221.
  • [5]
    Affiche de l’Action française, fin août 1936, AD Rhône 4M236 ; Action française, « Deux justices », mai 1934, AD Bouches-du-Rhône 1M847 ; Action française, février 1936, AD Charente 1M135 ; rapport du chef de la Sûreté de Nancy, 8 juin 1935, AD Meurthe-et-Moselle 1M635.
  • [6]
    Lettre du maire de Lambesc au préfet, 4 avril 1934, AD Bouches-du-Rhône 1M847.
  • [7]
    « D’où sort Karfulkenstein dit “Blum” ? », s. d., AD Nord 154M282 ; faux faire-part de décès, s. d., AD Nord J665 ; « Répétez-le », Gringoire, 22 octobre 1937 ; Pellisson (pseudonyme de Charles Maurras), « L’empire juif », 7 avril 1937, AD Bouches-du-Rhône 1M847. Dans son édition de 1960, le dictionnaire Larousse reprendra ces allégations mensongères sur le supposé « véritable nom » de Blum, « Karfulkentein » ; Larousse sera condamné par le tribunal de grande instance de Paris (Pierre Birnbaum, Léon Blum, op. cit., p. 253).
  • [8]
    Tract « La revanche des staviskeux », février 1937, AD Marne 48Mter24.
  • [9]
    Rapport du commissaire central de Dijon, 17 décembre 1938, AD Côte-d’Or SM7504 ; Action française, « Lettre aux combattants sur la domination juive », avril 1937 et tract « D’où vient la révolution ? », mai 1936, AD Bouches-du-Rhône 1M847.
  • [10]
    Cité in Nicholas Fraser, « Toujours Vichy. A reckoning with disgrace », Harper’s, octobre 2006, p. 89-91 ; Maurice Rajsfus, La Police de Vichy, Paris, Le Cherche Midi, 1995, p. 186 ; affiche, décembre 1938, AD Côte-d’Or SM7504 ; cf. Laurent Joly, Darquier de Pellepoix et l’antisémitisme français, Paris, Berg, 2002.
  • [11]
    L’Émancipation, 23 mai 1936.
  • [12]
    « Une déclaration de Jacques Doriot », Le Combat national, 14 juillet 1936 ; Jacques Doriot, brochure « La France ne sera pas un pays d’esclaves », 1936.
  • [13]
    Cf. Jean-Paul Brunet, « Un fascisme français : le Parti populaire français de Doriot (1936-1939) », Revue française de science politique, n° 33-2, avril 1983, p. 256 ; Jean-Paul Brunet, Jacques Doriot, du communisme au fascisme, Paris, Balland, 1986.
  • [14]
    « Un faux immonde », L’Humanité, 12 septembre 1936.
  • [15]
    Dominique Borne et Henri Dubief, La Crise des années 30, op. cit., p. 179.
  • [16]
    « Les ennemis du bolchevisme », Le Combat national, 14 juillet 1936. Cf. Philippe Burrin, La Dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery 1933-1945, Paris, Seuil, 1986, et Laurent Kestel, La Conversion politique. Doriot, le PPF et la question du fascisme français, Paris, Raisons d’agir, 2012.
  • [17]
    Tract du PPF, « Camarade ouvrier », juillet 1937, AD Marne 48Mter20 ; PPF, « À tous les travailleurs », juillet 1938 ; PPF, « Le PPF est avec vous contre vos deux ennemis : le communisme et le capitalisme anonyme », s. d. ; PPF, « Commerçants, artisans, petits industriels… », juin 1938, AD Gironde 1M571.
  • [18]
    Rapports du commissariat central de Reims, 31 août et 18 décembre 1936 ; comité rémois du Front populaire, septembre 1936 ; rapport d’inspecteur de police, 7 septembre 1936, AD Marne 48Mter24.
  • [19]
    Parti populaire français, « URSS ? », s. d., AD Marne 48Mter20 ; Fédération du Sud-Ouest du PPF, « La patrie en danger », septembre 1938, AD Gironde 1M571.
  • [20]
    Centre d’études populaires et sociales, brochure « Aux ordres de Moscou », s. d., AD Isère 52M90.
  • [21]
    L’expression est de Philippe Burrin in La Dérive fasciste, op. cit., et Philippe Burrin, « La France dans le champ magnétique des fascismes », Le Débat, n° 32, novembre 1984, p. 52-72.
  • [22]
    Bernard Aumont, « Une histoire de papillons », loc. cit.
  • [23]
    Affiche franciste, s. d., AD Nièvre M1502 ; Marcel Bucard, Vers un vrai front populaire, s. d.
  • [24]
    Discours de Marcel Bucard salle Wagram le 5 juin 1936 cité in Laurent Joly, « Fascisme et antisémitisme dans la France des années 1930 », art. cit. ; papillon de 1936, in Bernard Aumont, « Une histoire de papillons », loc. cit.
  • [25]
    Jeunesses patriotes, « Ce que nous sommes », octobre 1934, AD Gironde 1M673.
  • [26]
    « Lettre ouverte à mon Frère du syndicat cégétiste » par Camille Perrossier, juillet 1938, AD Gironde 1M571.
  • [27]
    Programme du Front lorrain, septembre 1936 ; liste des membres du comité exécutif du Front lorrain, 22 juin 1937 ; rapport du commissaire de Thionville au préfet, 19 octobre 1936 ; lettre de l’évêque de Metz au préfet, 28 octobre 1936, AD Moselle 301M79.
  • [28]
    Rapport du sous-préfet de Vienne, 24 septembre 1936, AD Isère 52M90.
  • [29]
    Courrier officiel du PSF, 10 juin 1939, AD Aude 4M1338 ; Le Journal, 3 mai 1936 ; PSF, note pour les orateurs, 16 juillet 1936, AN 451AP345 ; François de La Rocque, « Déclaration finale », Le Flambeau, 26 décembre 1936 ; Mémorial des Deux-Sèvres, 23 juin 1936 ; brochure « Tous unis dans la même mystique », s. d., AD Finistère 1M227 ; François de La Rocque, « Pour et contre », Le Flambeau, 6 juin 1936 ; brouillon d’interview de François de La Rocque, s. d. [juillet 1936 ?], AN 451AP345 ; rapport des RG de Quimper, 20 janvier 1936, AD Finistère 1M227 ; PSF, « Une mystique », juillet 1936, AN 451AP345 ; entretien avec Philippe Pétain, Le Flambeau, 9 mai 1936.
  • [30]
    « Mobilisation bolchevique ? », Le Soleil de Marseille, 13 octobre 1936.
  • [31]
    Rapports de police à Reims, 15-16 septembre 1936, AD Marne 48Mter24.
  • [32]
    « Comment les communistes préparaient pour l’heure “C.” un putsch révolutionnaire », Le Jour, 20 décembre 1936.
  • [33]
    Rapport des RG de Reims, 21 septembre 1936, AD Marne 48Mter24.
  • [34]
    Laurent Joly, « Fascisme et antisémitisme dans la France des années 1930 », art. cit.
  • [35]
    Statuts et principes généraux du PSF, juillet 1936, AN 451AP345 ; déclaration de François de La Rocque au congrès national du PSF, décembre 1936, AN 451AP345 ; François de La Rocque, « Sang-froid », Le Flambeau, 10 octobre 1936 ; François de La Rocque, « Révolution », 13 juin 1936 ; discours de Jean Ybarnégaray, s. d., AN 451AP345 ; rapport des RG de Quimper, 25 mars 1936, AD Finistère 1M227.
  • [36]
    Le Flambeau, 26 septembre 1936.
  • [37]
    Rapport du préfet, 27 février 1934, AD Charente 1M134.
  • [38]
    Rapport du commissaire de police de Chartres, 26 juillet 1936, AD Eure-et-Loir 1M21.
  • [39]
    François de La Rocque, « Du nouveau » et « Coopération », Le Flambeau, 10 et 31 octobre 1936.
  • [40]
    Jean-Maurice Herrmann, « Le “Parti populaire français” de M. Jacques Doriot est le premier parti 100 p. 100 fasciste de notre pays », Le Populaire, 5 juillet 1936.
  • [41]
    « Le colonel de La Rocque s’est-il entendu avec le ministère de l’Intérieur ? », L’Action française, 26 juin 1936 ; Pierre Taittinger, « Pas de débandade ! Au drapeau ! », s. d., AD Gironde 1M673.
  • [42]
    CAP de la SFIO, « Ils l’ont tué », s. d., AD Deux-Sèvres 1M432.
  • [43]
    Daniel Bermond, L’Affaire Salengro, Paris, Larousse, 2011, p. 207 et p. 218 ; Jean Vigreux, Histoire du Front populaire, op. cit., p. 174.
  • [44]
    Sûreté générale, dossier de Roger Salengro ; note des Renseignements généraux, 1911 ; rapport des RG sur une réunion publique à Dorignies, 28 mars 1921, AN F7 16004/2.
  • [45]
    Le Carnet B était un fichier secret créé par la police française pour surveiller les individus jugés dangereux pour la sécurité nationale, notamment les espions, les anarchistes et les antimilitaristes. Cette inscription de Roger Salengro au Carnet B avait été effectuée par le préfet du Nord en juillet 1910, Salengro ayant été signalé comme « professant des opinions anarchistes » (cabinet du préfet, 23 juillet 1910, AN F7 16004/2).
  • [46]
    Récit de Léon Blum devant la Chambre, 13 novembre 1935, AN 570AP13.
  • [47]
    Gringoire, 9 octobre 1936.
  • [48]
    Cités in Daniel Bermond, L’Affaire Salengro, op. cit., p. 178 et 223.
  • [49]
    Lettre de Roger Salengro à Léon Blum, 18 novembre 1936, AN 570AP13.
  • [50]
    Discours prononcés aux funérailles de Roger Salengro, 22 novembre 1936, AN 570AP13 ; « Appel de Léon Blum aux ouvriers lillois », Le Populaire, 19 novembre 1936.
  • [51]
    Rapport des RG à Lyon, 24 novembre 1936, AD Rhône 4M236.
  • [52]
    Rapport du sous-préfet de Parthenay, 26 novembre 1936, AD Deux-Sèvres 1M432 ; rapport du commissaire de Voiron, 21 novembre 1936, AD Isère 52M90 ; extrait des délibérations du conseil municipal de Noth, 13 décembre 1936, et Magnat-l’Étrange, 22 novembre 1936, AD Creuse 1M231.
  • [53]
    Rapport des RG, du 13 au 16 mars 1937, APP BA1866 ; notes de la préfecture de police, 17 mars 1937, APP BA1865 ; lettre du 12 mars 1937, AN 22AS1. Néanmoins, on peut prendre garde à ne pas considérer qu’extrême droite et monde ouvrier seraient incompatibles : « Dans la municipalité communiste de Montreuil, à l’incontestable empreinte ouvrière, le PSF compte plus de 1 600 membres en 1937, soit près d’un habitant sur 40 : on peine à croire qu’il n’y ait pas le moindre ouvrier parmi eux » (Xavier Vigna, Histoire des ouvriers en France au xxe siècle, op. cit., p. 159).
  • [54]
    Rapports et correspondance de la police municipale et de la préfecture de police, 16 et 17 mars 1937, APP BA1648 ; chronologie de la soirée établie par la préfecture de police, APP BA1866 ; Conseil général de la Seine, séance du 17 mars 1937, supplément au Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 20 mars 1937.
  • [55]
    Rapport des RG, 19 mars 1937, APP BA1865.
  • [56]
    « La grève générale », Le Temps, 19 mars 1937 ; affiche du PPF, « À bas la grève politique des communistes », s. d., APP BA1865.
  • [57]
    Rapport des RG, 17 mars 1937, APP BA1865.
  • [58]
    André Février, « Sang-froid et courage », Le Populaire, 20 mars 1937 ; « La terrible nuit de Clichy dicte au Front populaire son devoir immédiat », L’Humanité, 19 mars 1937 ; rapports des RG, 18 et 19 mars 1937, APP BA1865 ; « Le discours de Léon Blum », Le Populaire, 25 mars 1937.
  • [59]
    Compte rendu par les RG, 19 mars 1937, APP BA1865.
  • [60]
    Conseil général de la Seine, 17 mars 1937, Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 20 mars 1937.
  • [61]
    « Le discours de Léon Blum », Le Populaire, 25 mars 1937.
  • [62]
    Rapport du commissaire André Roches, 3 avril 1937, APP BA1866.
  • [63]
    Intervention d’Albert Vassart, Conseil général de la Seine, séance du 17 mars 1937.
  • [64]
    Affiche du PPF, 18 mars 1937, APP BA1865 ; Excelsior, 18 mars 1937 ; rapport des RG sur la conférence de presse, 17 mars 1937, APP BA1865 ; « Une mise au point de M. de La Rocque sur l’émeute de Clichy », Le Jour, 20 mars 1937 ; rapport des RG, 18 mars 1937, APP BA1866 ; « La France aux Français ? », L’Action française, 2 avril 1937 ; Léon Daudet, « Il ne faut pas jouer avec les masses », L’Action française, 18 mars 1937.
  • [65]
    François Mauriac, « L’épreuve du pouvoir », Le Figaro, 19 mars 1937.
  • [66]
    « Le discours de Léon Blum », Le Populaire, 25 mars 1937.
  • [67]
    Rapport des RG à Lyon, 24 mars 1937, AD Rhône 4M236.
  • [68]
    « Les responsabilités de la nuit tragique », Le Populaire, 20 mars 1937 ; Severac, Le Populaire, 26 mars 1937.
  • [69]
    Rapport des RG, 6 mai 1937, APP BA1866.
  • [70]
    « Le discours de Léon Blum », Le Populaire, 25 mars 1937.
  • [71]
    Laurent Joly, « Fascisme et antisémitisme dans la France des années 1930 », art. cit.
  • [72]
    Rapport des RG d’Angoulême, 2 août 1937, AD Charente 1M134.
  • [73]
    D’après le chant « Le drapeau rouge », dont les vers ont été écrits par le socialiste Paul Brousse en 1877, dans le souvenir de la Semaine sanglante durant laquelle la Commune de Paris fut massacrée : « Le voilà, le voilà, regardez ! Il flotte et fièrement il bouge/ Ses longs plis au combat préparés/ Osez, osez le défier/ Notre superbe drapeau rouge/ Rouge du sang de l’ouvrier. »

Quand le gouvernement Blum démissionne en juin 1937, ce n’est pas seulement ni même d’abord à cause d’un vote, mais sous l’effet d’une hostilité distillée par tout un système. Un système qui au fond ne lui pardonne pas d’être arrivé là. Lors de cette séance si rude au Sénat, le radical Joseph Caillaux jette dans le débat une insinuation perfide, lourde de sens et de conséquences : Jaurès, lui, avait « de la terre française à la semelle de ses souliers ». La formule, venimeuse, charrie un antisémitisme qui ne prend plus la peine de se voiler : sous couvert de critique politique, elle nie à Blum, parce qu’il est juif, sa pleine appartenance à la Nation, sa légitimité à gouverner. En fait, pendant l’année que dure son existence, le cabinet Blum attise une haine qui ne se réduit pas aux provocations isolées. Dès la présentation de son gouvernement un an auparavant, le député de la Fédération républicaine Xavier Vallat avait lancé : « Pour la première fois ce vieux pays gallo-romain va être gouverné par un juif », suscitant l’indignation à gauche mais une approbation sur les bancs opposés. Depuis des années, Blum est l’« homme le plus insulté de France ». Dans les journaux de droite et d’extrême droite – Gringoire, Je suis partout, L’Action française, Candide… –, Léon Blum est quotidiennement insulté, caricaturé sous les traits d’un « métèque », d’un « Blumstein », d’un « juif allemand », incarnation supposée du complot marxiste et de la « décadence enjuivée », dans un niveau de violence effarant…


Date de mise en ligne : 01/04/2026

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