Chapitre d’ouvrage

L’étrangère, l’ancêtre et la psychanalyste : « je viens de loin »

Pages 121 à 133

Citer ce chapitre


  • Molina, S.
(2025). L’étrangère, l’ancêtre et la psychanalyste : « je viens de loin » Dans
  • Sous la direction de P. Chemla
L'inestimable des soins psychiques (p. 121-133). érès. https://doi.org/10.3917/eres.cheml.2025.01.0122.

  • Molina, Simone.
« L’étrangère, l’ancêtre et la psychanalyste : “je viens de loin” ». L'inestimable des soins psychiques, érès, 2025. p.121-133. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-inestimable-des-soins-psychiques--9782749283333-page-121?lang=fr.

  • MOLINA, Simone,
2025. L’étrangère, l’ancêtre et la psychanalyste : « je viens de loin » In :
  • Sous la direction de CHEMLA, Patrick,
L'inestimable des soins psychiques. Toulouse : érès. Questions de psychiatrie, p.121-133. DOI : 10.3917/eres.cheml.2025.01.0122. URL : https://shs.cairn.info/l-inestimable-des-soins-psychiques--9782749283333-page-121?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/eres.cheml.2025.01.0122


Notes

  • [1]
    Voir le film Habités de Séverine Mathieu, 2021.
  • [2]
    « Accepte avec tolérance ce que j’étais à l’époque, me propose un bon environnement primaire dans lequel j’aurais pu déployer mes pulsions et mon agressivité, me communique au bon moment les constructions qui se dessinaient en lui me concernant, ou nous concernant », P. Hassoun, « Naître au trauma », Le Cercle freusien, 2013.
  • [3]
    « La question se pose donc de savoir comment sur un fond où il n’y plus de langage métaphorique, comment rencontrer l’autre et constituer une nouvelle possibilité de métaphore », ibid.
  • [4]
    J.-L. Giovannoni, Pas japonais, Nice, Éditions Unes, 1992.
  • [5]
    © S. Molina. Poème inédit. Toute reproduction implique l’autorisation de l’auteure.
  • [6]
    S. Molina, introduction à la journée « Qu’est-ce qu’un étranger ? », Le Point de Capiton, 1997.
  • [7]
    Voir le livre de Léonora Miano, Stardust, Paris, Grasset, 2022, qui parle de grande précarité.
  • [8]
    Revoir Paris est un film français coécrit et réalisé par Alice Winocour, sorti en 2022.
  • [9]
    Je verrai toujours vos visages est un film dramatique français écrit et réalisé par Jeann Herry, sorti en 2023. Le film aborde le thème de la justice réparatrice, qui confronte le victimes d’infractions à leurs auteurs.
  • [10]
    1962. Accords d’Evian, et le déferlement des haines sur les civils, oas et fln confondus. Voir le livre de Tarrik Djeroud, Camus et le fln, Paris, éditions Erick Bonnier, 2022. Il y donne un déroulé de la guerre d’Algérie et des positions de Camus et aborde la question de l’éthique en temps de guerre.
  • [11]
    B. Stora, Les clés retrouvées, Paris, Flammarion, 2016.
  • [12]
    A. Appelfeld, Histoire d’une vie, Paris, Points, 2005.
  • [13]
    Cf. S. Molina, Archives incandescentes, Paris, L’Harmattan, 2014.
  • [14]
    Cf. V. Mazeran, S. Olindo-Weber, Pour une théorie du sujet-limite, Paris, L’Harmattan, 2000.
  • [15]
    Dahmene dessinait depuis son adolescence. On peut trouver certains de ses dessins sur une page Instagram que son père a conservée. Dahmene avait participé au Hirak, et son père a failli être emprisonné pour une simple publication sur son blog.
  • [16]
    © Simone Molina. Poème inédit. Toute reproduction implique l’autorisation de l’auteure.

Je parlerai ici d’étranges synchronies qui éveillent des diachronies indicibles, de torsions métaleptiques telles que nous en proposent la littérature et le cinéma, ou moebiennes telles que nous en impose la vie… Il s’agira d’une tentative de donner forme à ce que je nomme « péripéties », faute d’autre mot pour le moment. Les surréalistes nommaient « hasards objectifs » certaines diachronies étranges. La vie est parfois irréelle, et il importe que ce soit « constatable », écrivait André Breton.
J’évoquerai d’abord des histoires d’ancêtres, puis la position de l’étranger, de l’étrangère et du trauma, enfin celle de la psychanalyste dans l’après-coup du déplacement, avant de conclure par un hommage aux disparus en Méditerranée.
Voici environ un mois, sur une passerelle fleurie dans un village du Midi, autour de 17 heures un jour pluvieux, j’ai rencontré une ancêtre. Il n’aura tenu qu’à une décision de dernière minute de passer par là plutôt que par la grand-route.
Nous devisions devant des fleurs et des abeilles. Dans notre dos, quelqu’un s’adresse à nous doucement. Nous nous retournons. Une femme s’avance, et avec précaution nous demande si nous aurions une pièce afin d’aller boire un café et surtout se laver le visage au bar du coin. Elle a environ 50 ans, de la douceur/douleur dans les yeux, un regard franc. Ses cheveux sont ras. Elle loge, dit-elle, dans un cabanon qu’elle a restauré près d’un autre village perché à quelques kilomètres d’ici. Elle dit qu’elle a un cancer et n’est déjà plus de ce monde…


Date de mise en ligne : 23/05/2025

https://doi.org/10.3917/eres.cheml.2025.01.0122

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Ouvrages

280 € par an

4 500 ouvrages et 170 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

17,99 €

198 pages, format électronique et papier (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

4,00 €

13 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?