Pour des conclusions d’ensemble
- Par Fernand Braudel
Pages 477 à 487
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- BRAUDEL, Fernand,
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- Braudel, F.
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Dans les trois volumes de cette première partie, j’ai essayé de peser et repeser certaines des réalités de base de l’histoire de France – ses espaces, le nombre de ses habitants, ses économies…
Je me suis souvent dit, chemin faisant, qu’en fin de compte, il me serait possible, au moment de conclure, de combler les vides, voire de corriger les à-peu-près de quelques-unes de mes explications. Une conclusion, et c’est une conclusion que j’aborde, se présente le plus souvent comme l’heure des repentirs, des doutes, des incertitudes. Mais je me suis aperçu, à l’écrire, que je ne modifierai guère les images que l’observation m’avait proposées et imposées. À peine quelques remarques trouveront-elles place. Donc pas de conclusions à contre sens, mais un simple résumé de longs discours. Il aura au moins l’avantage de la brièveté.
Oui, la France est diverse. Et sa diversité est patente, durable, structurale. Vauban parlait déjà « de la diversité du terroir dont toutes les provinces du royaume sont composées ». Michelet, Lucien Febvre l’ont signalée à leur tour et bien d’autres avec eux : une diversité qui brise, qui disjoint, qui oppose. Mais pourquoi cette hétérogénéité, ce sautillement perpétuel, obsédant, dont les Français font volontiers une caractéristique majeure de leur pays, mais qu’ils ont peut-être tort de juger sans égale à travers le monde ? En 1982, à l’université de Göttingen, je parlais sans remords de cette diversité à nulle autre pareille, ce qui prouve que, sans s’émouvoir, on a tendance à répéter les idées courantes et à sacrifier aux prétentions, même innocentes, de ses compatriotes…
Date de mise en ligne : 23/06/2022
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