Présentation
- Par Fernand Braudel
Pages 207 à 209
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- BRAUDEL, Fernand,
- Braudel, Fernand.
- Braudel, F.
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Superstructures, infrastructures – ce qui se passe en haut, ce qui se passe en bas de la société. La division est commode, à condition de ne pas la croire parfaite ou péremptoire ; à condition, en se plaçant au haut de l’économie dite paysanne, de ne pas perdre de vue ses réalités de base – cet immense domaine majoritaire qui s’adapte plus ou moins bien aux contraintes des époques successives, plutôt mal, en raison de son énorme inertie, de sa persistance à rester lui-même. Les activités hautes, par contre, sont plus sujettes au changement, en raison, fort longtemps, de leur faible volume. La conjoncture, parfois, les bouscule. C’est ce que dit, à sa manière, Pierre Chaunu : « Le sommet bouge mais la base reste ferme. La plasticité sociale, au moins très relative, est au sommet. »
Ce caractère oscillant des superstructures, est-ce un de leurs signes révélateurs ? Nous en jugerons en abordant successivement : le rôle des villes ; la nature de la ou des circulations ; la place diverse et variable de l’artisanat et de l’industrie ; enfin, ce que peuvent être, au fil des siècles, le commerce, les crédits multiformes et le capitalisme lui-même. Et, puisque l’économie dite paysanne est l’ensemble, contradictoire le plus souvent, de ces infrastructures et de ces superstructures, en fait de permanences et d’évolutions, j’essaierai, chemin faisant, de montrer comment oppositions, convergences et dénivellations s’accompagnent, ne cessent de coexister. Jusqu’à ce que, finalement, en dépit du retard des évolutions à la base, l’ensemble peu à peu se déforme en profondeur…
Date de mise en ligne : 23/06/2022
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