Chapitre 8. Économies et sociétés seigneuriales (888-1215)
- Par Laurent Jégou
- et Didier Panfili
Pages 137 à 159
Citer ce chapitre
- JÉGOU, Laurent
- et PANFILI, Didier,
- Jégou, Laurent.
- et al.
- Jégou, L.
- et Panfili, D.
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- et Panfili, D.
- Jégou, Laurent.
- et al.
- JÉGOU, Laurent
- et PANFILI, Didier,
Il est quelque peu anachronique de vouloir décomposer le fonctionnement de la société médiévale en grands concepts telle que l’économie. Ce type de distinction, apparu au xviiie siècle, brouille notre compréhension de l’époque médiévale. Dresser en si peu de pages un portrait des économies et sociétés entre 888 et 1215 relève de la gageure. Aussi, seuls trois aspects seront entrevus : la question de la croissance, du grand domaine et de la seigneurie, puis la rente seigneuriale à partir du xie siècle et enfin le renouveau urbain.
À partir du xie siècle débute ce que l’historiographie traditionnelle nomme les « grands défrichements ». Les médiévistes ont suggéré que, de 1050 à 1250 environ, en lien avec la croissance de la population, les Européens se seraient fortement attaqués aux forêts pour gagner des terres cultivables, soit dans le cadre de projets collectifs souvent orchestrés par les seigneurs laïcs ou ecclésiastiques, soit du fait de l’action individuelle des paysans, en s’appuyant principalement sur quatre critères : la multiplication des mentions d’essarts renvoyant à l’attaque de la forêt ; celles de redevances partiaires tels les champarts* évoquant l’exploitation de nouvelles terres ; les fondations de villages neufs qui auraient étaient implantés sur des espaces de conquête ; enfin les moines cisterciens présentés comme défricheurs. Ces défrichements auraient par ailleurs été à l’origine de la croissance du Moyen Âge central faisant suite à une longue période d’atonie…
Date de mise en ligne : 31/03/2025
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