Chapitre XIX. Thérapie et pardon
- Par Daniel Sibony
Pages 303 à 310
Citer ce chapitre
- SIBONY, Daniel,
- Sibony, Daniel.
- Sibony, D.
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Notes
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[1]
Voir Violence. Traversées, Seuil, « La couleur des idées », 1998.
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[2]
Voir les « Dix Paroles », dans Lectures bibliques, op. cit.
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[3]
Voir L’Autre incastrable. Psychanalyse, écritures, Seuil, 1978.
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[4]
Bénédiction, dans la tradition biblique. En arabe : baraka.
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[5]
Ajoutons qu’aujourd’hui on a parfois une vision hygiénique du pardon. J’ai entendu : « Moi, je pardonne toujours, quoi qu’on m’ait fait. – Et l’autre, qui vous a nui, qu’en faites-vous ? – Je m’en fous ! Je pardonne parce que c’est bon pour moi, ça me fait du bien, ça m’allège. Faites-le, vous verrez, c’est une excellente gymnastique ! » Le pardon au nom de la bonne santé.
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[6]
Voir Don de soi ou Partage de soi ?, op. cit.
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[7]
Les Blessures psychiques, op. cit., p. 209.
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[8]
Outre que la seconde fois se « souvient » de la première. Et l’image du torrent que l’on voit identique est faite d’éléments différents.
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[9]
Récemment, des parents ont pardonné à un guide de montagne qui mena leurs enfants à la mort ; mais ils revivent la même violence à chaque récit d’accident analogue.
Pour certains, l’analyse a remplacé le pardon religieux par l’interprétation. Mais en quoi interpréter les malheurs d’un homme lui permet-il de les dépasser, ou de pardonner à ceux qui en seraient responsables, même en partie ? Pendant un temps qui peut être long, il leur en veut, et cela va assez vite jusqu’à la haine. Celle-ci ne peut cesser que lorsqu’il cesse d’être sous l’emprise de leur pouvoir ou de leur symptôme ; lorsqu’il retrouve d’autres degrés de liberté, que j’appelle son mouvement d’être, avec la richesse de ses possibles. Alors seulement, il leur « pardonne », mais le terme plus juste est qu’il les abandonne, comme lorsqu’on abandonne des poursuites judiciaires contre ceux qui vous ont ruiné, parce qu’en chemin on a trouvé un trésor. Bien sûr, l’interprétation peut l’y aider : elle l’aide à bouger – par la pensée – dans ce piège qui le tient immobile. Mais loin de suffire, elle peut même, en apportant plus de savoir, apporter plus de souffrance. L’interprétation n’est pas le but, elle est un moyen de retrouver le mouvement d’être : quand on retrouve le contact avec le possible, l’infini de l’être – et c’est l’objet de l’acte symbolique –, on n’a plus ce besoin lancinant d’avoir raison, ce besoin que la haine assouvit bien. L’homme n’est plus en manque de cet appui absolu qu’elle procure. Il est moins séduit par cette place de victime qui donne raison contre tous.La violence, souvent chargée de haine, se produit entre deux symptômes ou entre deux narcisses, comme l’effet de leur entrecho…
Date de mise en ligne : 25/08/2022
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