11. Des statues furent-elles sciemment défigurées ?
- Par Florence Quentin
Pages 107 à 116
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- QUENTIN, Florence,
- Quentin, Florence.
- Quentin, F.
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Notes
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[1]
Ce qui revient à créer quelque chose par le simple fait de l’énoncer. Si le nom des défunts est inscrit dans la pierre, ils pourront vivre dans l’au-delà, par exemple.
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[2]
Le laboratoire du Louvre, grâce à l’accélérateur électrostatique, a révélé les secrets des regards si vivants de certaines statues : l’œil y a été travaillé jusqu’à décentrer la pupille pour rendre la réalité de cette présence.
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[3]
Cobra femelle protégeant Pharaon de ses ennemis et dont celui-ci portait une effigie sur sa coiffure ou sa couronne, au niveau du front.
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[4]
Soit vers 1420-1425 avant notre ère.
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[5]
Un bloc de « trois » (en arabe talata) fois la largeur de la main, c’est-à-dire une pierre de construction en grès, typique de la période amarnienne. Ils furent utilisés pour l’édification du temple d’Aton à Karnak et des monuments d’Amarna.
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[6]
Paris, musée du Louvre, inv. E 11609. Granodiorite.
En partie brisées, parfois même défigurées ou décapitées : c’est ainsi que s’affichent un certain nombre de statues égyptiennes. Ces « mutilations » furent-elles volontaires ? Sont-elles des stigmates résultants des aléas de l’Histoire ? Les altérations des modèles originaux remontent-elles toutes à l’Antiquité pharaonique ?
Lorsqu’il s’agit de monuments anciens et parfois mal documentés, il est difficile de répondre précisément à ces questions, mais celles-ci interrogent sur la proscription de certains règnes et le rapport des hommes avec l’image. Les récentes attaques contre des monuments « faisant l’apologie de l’esclavage ou du colonialisme » ont montré que ceux-ci représentaient bien davantage que des symboles : les effigies ont été traitées comme des corps vivants, c’est-à-dire défigurées, décapitées et mutilées. Au-delà de leur aspect décoratif, elles ont été vues comme des idéologies à abattre.
Ce type de pratique a ponctué toute l’histoire pharaonique. Pour les Égyptiens, les images étaient douées d’une vie propre : performatives, elles servaient de corps – réceptacle à la personne ou à la divinité représentées, leur offrant la possibilité d’agir à travers et grâce à elles. Ces statues pouvaient aussi être des intermédiaires entre le dévot et la figure représentée. Mais ainsi, elles en venaient à acquérir une autonomie qui pouvait les rendre également menaçantes : il fallait donc être en mesure d’agir sur ce pouvoir quasi magique en s’attaquant à leur apparence et à leurs organes vitaux, tels le nez, la bouche, les oreilles…
Date de mise en ligne : 28/03/2023
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