Chapitre d’ouvrage

11. Des statues furent-elles sciemment défigurées ?

Pages 107 à 116

Citer ce chapitre


  • Quentin, F.
(2022). 11. Des statues furent-elles sciemment défigurées ? L'Égypte ancienne : Vérités et légendes (p. 107-116). Perrin. https://shs.cairn.info/l-egypte-ancienne--9782262085995-page-107?lang=fr.

  • Quentin, Florence.
« 11. Des statues furent-elles sciemment défigurées ? ». L'Égypte ancienne Vérités et légendes, Perrin, 2022. p.107-116. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-egypte-ancienne--9782262085995-page-107?lang=fr.

  • QUENTIN, Florence,
2022. 11. Des statues furent-elles sciemment défigurées ? In : L'Égypte ancienne Vérités et légendes. Paris : Perrin. Vérités et légendes, p.107-116. URL : https://shs.cairn.info/l-egypte-ancienne--9782262085995-page-107?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ce qui revient à créer quelque chose par le simple fait de l’énoncer. Si le nom des défunts est inscrit dans la pierre, ils pourront vivre dans l’au-delà, par exemple.
  • [2]
    Le laboratoire du Louvre, grâce à l’accélérateur électrostatique, a révélé les secrets des regards si vivants de certaines statues : l’œil y a été travaillé jusqu’à décentrer la pupille pour rendre la réalité de cette présence.
  • [3]
    Cobra femelle protégeant Pharaon de ses ennemis et dont celui-ci portait une effigie sur sa coiffure ou sa couronne, au niveau du front.
  • [4]
    Soit vers 1420-1425 avant notre ère.
  • [5]
    Un bloc de « trois » (en arabe talata) fois la largeur de la main, c’est-à-dire une pierre de construction en grès, typique de la période amarnienne. Ils furent utilisés pour l’édification du temple d’Aton à Karnak et des monuments d’Amarna.
  • [6]
    Paris, musée du Louvre, inv. E 11609. Granodiorite.

En partie brisées, parfois même défigurées ou décapitées : c’est ainsi que s’affichent un certain nombre de statues égyptiennes. Ces « mutilations » furent-elles volontaires ? Sont-elles des stigmates résultants des aléas de l’Histoire ? Les altérations des modèles originaux remontent-elles toutes à l’Antiquité pharaonique ?
Lorsqu’il s’agit de monuments anciens et parfois mal documentés, il est difficile de répondre précisément à ces questions, mais celles-ci interrogent sur la proscription de certains règnes et le rapport des hommes avec l’image. Les récentes attaques contre des monuments « faisant l’apologie de l’esclavage ou du colonialisme » ont montré que ceux-ci représentaient bien davantage que des symboles : les effigies ont été traitées comme des corps vivants, c’est-à-dire défigurées, décapitées et mutilées. Au-delà de leur aspect décoratif, elles ont été vues comme des idéologies à abattre.
Ce type de pratique a ponctué toute l’histoire pharaonique. Pour les Égyptiens, les images étaient douées d’une vie propre : performatives, elles servaient de corps – réceptacle à la personne ou à la divinité représentées, leur offrant la possibilité d’agir à travers et grâce à elles. Ces statues pouvaient aussi être des intermédiaires entre le dévot et la figure représentée. Mais ainsi, elles en venaient à acquérir une autonomie qui pouvait les rendre également menaçantes : il fallait donc être en mesure d’agir sur ce pouvoir quasi magique en s’attaquant à leur apparence et à leurs organes vitaux, tels le nez, la bouche, les oreilles…


Date de mise en ligne : 28/03/2023

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