Chapitre d’ouvrage

Le regard du neurologue

Pages 175 à 188

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  • Dubois, B.,
  • En concertation avec Marquet-Zao, F.,
  • Laneyrie-Dagen, N.
(2021). Le regard du neurologue. Dans
  • N. Laneyrie-Dagen
  • et C. Archat
L'art au risque de l'âge (p. 175-188). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.laney.2021.01.0175.

  • Dubois, Bruno.,
  • et al.
« Le regard du neurologue ». L'art au risque de l'âge, CNRS Éditions, 2021. p.175-188. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-art-au-risque-de-l-age--9782271136435-page-175?lang=fr.

  • DUBOIS, Bruno,
  • En concertation avec MARQUET-ZAO, Françoise,
  • LANEYRIE-DAGEN, Nadeije,
2021. Le regard du neurologue. In :
  • LANEYRIE-DAGEN, Nadeije
  • et ARCHAT, Caroline,
L'art au risque de l'âge. Paris : CNRS Éditions. Hors collection, p.175-188. DOI : 10.3917/cnrs.laney.2021.01.0175. URL : https://shs.cairn.info/l-art-au-risque-de-l-age--9782271136435-page-175?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.laney.2021.01.0175


Notes

  • [1]
    Nous éviterons bien sûr toute explication simpliste. Ainsi, le style si singulier du Greco a été analysé, alternativement, comme le signe d’une personnalité psychotique, ou, plus récemment, comme le résultat d’un astigmatisme qui aurait étiré les formes perçues par le peintre. Mais les origines du Greco, né en Crète et formé dans l’art de l’icône, suffisent en elles-mêmes à nourrir sa manière singulière. Voir l’article de HAZARD Jean, « Le Gréco (Candie vers 1540-Tolède vers 1614) était-il un psychopathe ? un astigmate ? » contribution hors séance, p. 1-8, document de la bibliothèque universitaire de santé de Paris-Descartes, pdf. accessible sur internet https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2012x046x003/HSMx2012x046x003x0321.pdf
  • [2]
    Sur l’évolution de la cataracte de Monet, voir STUCKEY Charles (éd.), Monet. L’œil impressionniste, catalogue de l’exposition du même titre au musée Marmottan, octobre 2008-février 2009, Paris, Hazan, 2008, et ROYER J, HAUT J. et AMALRIC, P, « L’opération de la cataracte de Claude Monet. Correspondance inédite du peintre et de G.-Clemenceau au docteur Coutela », communication présentée à la séance du 17 mars 1984 de la Société française d’histoire de la médecine, document de la bibliothèque universitaire de santé de Paris-Descartes, pdf consultable sur internet : https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1984x018x002/HSMx1984x018x002x0109.pdf
  • [3]
    Voir le texte de Marianne Jakobi sur Dubuffet, infra p. 189.
  • [4]
    GUITRY, Sacha, Ceux de chez nous, 1915, 50 minutes. Outre Renoir, sont filmés Sarah Bernhardt, Octave Mirbeau, etc. dont Claude Monet. Le film a été remanié par Guitry en 1939 puis, avec le documentariste Frédéric Rossif, en 1952 où, aux images originellement muettes, ont été ajoutés des commentaires oraux.
  • [5]
    Sur la polyarthrite de Renoir, maladie qui toucha aussi Dufy, et ses effets, voir LAMBOLEY Claude, « Deux rhumatisants au soleil du Midi », Académie des sciences et Lettres de Montpellier, séance publique du 6 décembre 2010, p. 345-361.
  • [6]
    BOLLER François, « Alajouanine’s Painter : Paul-Elie Gernez », in Bogousslavsky Julien et Boller François (dir.), Neurological Disorders in Famous Artists, Frontiers of Neurology and Neuroscience, vol. 19, Bâle, Karger, 2005, p. 92-100.
  • [7]
    Voir supra p. 126-128.
  • [8]
    Voir CHARCOT Jean-Martin (1825-1893) et VULPIAN Alfred, De la paralysie agitante, Paris, Victor Masson et Fils, 1862. Le texte est écrit en hommage au médecin britannique James Parkinson qui, en 1817, avait le premier décrit la maladie qui porte désormais son nom. Ce mouvement, ou correction, volontaire, se produit par exemple pendant la marche, dès lors que le patient rencontre quelque obstacle qu’il franchirait sans y penser s’il était sain, voir p. 17, etc.
  • [9]
    Voir infra Mickaël Szanto sur Poussin, p. 247.
  • [10]
    La dernière toile de Dali, la Queue d’aronde – Série de catastrophe, hommage au mathématicien René Thom, date de 1983. Le peintre est mort en 1989.
  • [11]
    Utermohlen : né en 1933 – décédé en 2007. Ses autoportraits exécutés pendant sa maladie ont alimenté une vaste bibliographie, au point, regrettable, qu’on en oublie entièrement l’œuvre initiale de l’artiste. Douze toiles datant de la période tardive ont été montrées dans la belle exposition Mirror Images – Reflections in Art and Medicine, au Kunstmuseum de Thun, en Suisse (février-avril 2017). Pour les œuvres plus anciennes, se référer au site de l’artiste, construit par sa veuve, l’historienne d’art Patricia Redmond Utermohlen : https://www.williamutermohlen.org/index.php/artwork
  • [12]
    FORSYTHE Alex, REILLY Ronan G., WILLIAMS Tamsin, « What Paint Can Tell Us : A Fractal Analysis of Neurological Changes in Seven Artists », Neuropsychology, 2017, vol. 31, n° 1, p. 1-10, pdf consultable sur internet https://www.apa.org/pubs/journals/features/neu-neu0000303.pdf
  • [13]
    Zao Wou-ki : né en 1920 – décédé en 2013.
  • [14]
    Renseignement donné par le site de la Fondation Zao Wou-ki, rubrique Biographie : http://www.zaowouki.org/biographie/ Les informations, et dates, que nous livrons ensuite, se trouvent aussi sur le site de la Fondation : outre la biographie, voir la rubrique Œuvres, huiles sur toile : http://www.zaowouki.org/huiles
  • [15]
    Ainsi par Jean-Marc Bustamante, à l’occasion de sa réception à l’Académie des Beaux-arts (voir Discours de Monsieur Jean-Marc Bustamante à l’occasion de son installation à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Zao Wou-Ki le mercredi 23 mai 2018, consultable sur internet).
  • [16]
    DE VILLEPIN Dominique, Zao Wou-Ki – Carnets de voyages, 1948-1952, Paris, Albin-Michel, 2006.
  • [17]
    Ibid.
  • [18]
    Dominique de Villepin, hommage lors des funérailles de Zao Wou-Ki au cimetière du Montparnasse le 16 avril 2013, site de la Fondation Zao Wou-ki.
  • [19]
    Voir supra les contributions de H. Perry Chapman et Marie Gispert, p. 61 sqq. et p. 79 sqq.
  • [20]
    Atteint de sclérodermie, une affection rare de la peau, le peintre se savait condamné depuis 1935.

Comme toutes les activités humaines, la production artistique évolue avec l’âge. Le vieillissement implique des changements physiques et neurologiques, qui peuvent modifier le projet créatif ou son exécution. Il convient de prendre ces changements en considération, dès lors qu’on veut examiner la création chez les vieux artistes.
Si l’on représente les processus ou étapes nécessaires à la réalisation de l’œuvre sous la forme d’une pyramide, les étages inférieurs – les processus dits primaires – qu’il s’agisse de l’étape perceptive de saisie et d’analyse des informations sensorielles, ou de l’organisation du mouvement, peuvent être influencés par les pathologies liées à l’âge, comme ils peuvent l’être à d’autres stades de la vie par tous types de maladie.Ainsi, la cataracte, qui touche 70 % des personnes après soixante-dix ans, affecte la perception du monde et dans presque tous les cas sa représentation visuelle. Le cas de Claude Monet (1840-1926), qui se plaignit d’une baisse de sa vue à partir de 1908 et dont la cataracte fut diagnostiquée en 1912, est bien connu. La comparaison des œuvres du peintre, avant et après cette affection, puis avant et après l’intervention que l’artiste retarda jusqu’en 1922, quatre ans avant sa mort, en fournit un exemple convaincant.
De 1860 à la fin du siècle, le peintre utilise des couleurs claires pures : du blanc d’argent, du jaune cadmium, du vermillon, de la garance foncée, du bleu de cobalt, du vert émeraude, comme il le dit lui-même…


Date de mise en ligne : 20/08/2024

https://doi.org/10.3917/cnrs.laney.2021.01.0175

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