Chapitre 8. Le Suriname au cours du dernier demi-siècle
- Par Emmanuel Lézy
Pages 111 à 124
Citer ce chapitre
- LÉZY, Emmanuel,
- TOURRAND, Jean-François,
- SAYAGO, Doris,
- BURSZTYN, Marcel
- et DRUMMOND, José Augusto,
- Lézy, Emmanuel.
- Lézy, E.
- J. Tourrand,
- D. Sayago,
- M. Bursztyn
- et J. Drummond
https://doi.org/10.3917/quae.doris.2010.01.0111
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- Lézy, E.
- J. Tourrand,
- D. Sayago,
- M. Bursztyn
- et J. Drummond
- Lézy, Emmanuel.
- LÉZY, Emmanuel,
- TOURRAND, Jean-François,
- SAYAGO, Doris,
- BURSZTYN, Marcel
- et DRUMMOND, José Augusto,
https://doi.org/10.3917/quae.doris.2010.01.0111
Notes
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[1]
Professeur en géographie à l’Université Paris X — Nanterre, France.
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[2]
En 1968, le People’s National Congress (PNC) de Linden Forbbes Burnham remporte les élections. Structuré autour de la communauté noire et d’organismes importants comme le Syndicat des travailleurs des sucreries. Associé à l’United Force fondé par l’homme d’affaire Peter d’Aguiar (Banks, El Dorado) qui regroupait les milieux d’affaires et les minorités blanches, portugaises et chinoises, il forma une coalition plus rassurante que le PPP de Cheddi Jagan et sa femme Janet, le People Progressive Party (PPP), de tendance marxiste et dont le recrutement se faisait surtout dans la paysannerie indienne. aux yeux de Londres et de Washington, encore sous le coup de la baie des Cochons. C’est donc de façon tout à fait surprenante, qu’en 1970, Forbbes Burnham se lança dans une politique franchement socialiste, reprenant à son compte l’essentiel du programme de ses anciens adversaires: nationalisation de l’appareil de production, développement des coopératives agricoles, opposition ouverte aux USA et soutien aux pays socialistes.
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[3]
Le Suriname avait déjà le droit depuis 1865 d’émettre sa propre monnaie, le florin, mais avait recours pour ce faire, à une banque privée.
-
[4]
Le NDP (National Democratic Party, fondé au début des années 1990 par Desi Bouterse remporte aux élections de septembre 1996 16 sièges sur 51 à l’Assemblée nationale et fait élire Jules Wijdenbosch. Des manifestations massives, en 1999, imposèrent des élections anticipées et permirent le retour, en mai 2000, de Ronald Venetiaan.
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[5]
La Surinam Aluminium Compagny, est en effet une filiale de l’américaine Alcoa, fondée en 1915. De façon tout à fait symbolique, la compagnie hollandaise N.V. Billiton Maastshappij, qui exploitait depuis 1939 la mine de Overdacht, resta toujours dans l’ombre de la géante américaine, malgré la souveraineté politique de la Hollande, et devait faire traiter son minerai par la Suralco. La Suralco a toujours exercé une sorte de monopole sur l’exploitation de la bauxite au Suriname avec ses deux mines de Moengo sur la Cottica, entre Paramaribo et Albina, et de Paranam sur la Suriname, à 25 km en l’amont de Paramaribo.
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[6]
United Nations Drug Control Program, 2001.
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[7]
Entre 30 et 45 % de la cocaïne interceptée aux Pays-Bas chaque année (7 900 kilos en 2002) proviennent du Suriname. À l’inverse, les Pays-Bas représenteraient environ 80 % des exportations surinamiennes et les USA 20 %.
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[8]
Indiens : avec date d’arrivée, nombre total et emploi.
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[9]
Au Brésil, la notion de race, si précisément hiérarchisée qu’elle soit est un caractère personnel. Dans une même famille, on pourra rencontrer un Blanc et différents degrés de métissage. Dans les Guyanes, au contraire, la race reste profondément attachée au groupe et un enfant adopté, ou issu d’un métissage, deviendra, par exemple, un « Indien noir ». Pour autant, la race ne constitue pas un facteur primordial de distinction, et l’on a toujours nettement distingué la négritude des Créoles de la côte de celle des Marrons du fleuve, les « Indiens civilisés » des « Indiens sauvages ». Il serait donc plus judicieux, pour désigner l’ensemble des caractères physiques, culturels, économiques et religieux qui permettent de tracer les limites entre groupes homogènes, de parler de « castes » et non de « races », en insistant bien sur le caractère culturel et non naturel de la distinction.
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[10]
L’étymologie faisant venir Guyane du caribe « Gaya », l’eau est une des plus fréquemment rencontrée.
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[11]
Au Suriname, un traité passé entre la Grande-Bretagne et la Hollande signé en 1870 et calqué sur la convention franco-anglaise de 1861 permet d’entreprendre l’émigration directe des coolies de l’Inde anglaise vers le Suriname. Les premiers arrivent en 1873. En trente-quatre ans d’immigration effective, de 64 convois. débarquèrent 34 304 Indiens.
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[12]
« l’esclavage avait bien brisé les anciens lignages, mais lorsque la révolte eut permis aux Marrons de vivre indépendants, et qu’ils eurent à organiser leurs bandes pour vivre, ils ne pouvaient que s’inspirer des modèles traditionnels africains, non inventer péniblement du nouveau. Les lignages se sont donc reconstitués d’après les souvenirs Fanti-Ashanti… », Devèze M., (1977), Antilles, Guyanes, la mer des Caraïbes de 1492 à 1789. Paris, cdu/sedes.
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[13]
Ce traité servira de modèle aux suivants: l’émancipation est accordé aux révoltés, ainsi que la jouissance du territoire qu’ils occupent, en l’occurrence le Gran Rio et le Pikin Rio, fondateurs du Suriname, à condition qu’ils cessent le sac des plantations, c’est-à-dire n’accueillent pas les nouveaux venus et, s’allient aux Hollandais contre les nouveaux groupes de Marrons. Un traité semblable accorda aux Ndjuka, le territoire du Tapanahony, affluent de rive gauche du Maroni.
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[14]
Mam-Lam Fouk, 1995, p. 33.
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[15]
Myriam Toulemonde-Niaussat, Anthropologie des dynamiques interculturelles et de développement dans la région frontalière du Bas Maroni. Thèse d’anthropologie, fév. 1993.
La guerre civile qui déchira le Suriname entre 1986 et 1992 fit autant pour rappeler à la mémoire européenne l’existence du pays que le Candide de Voltaire avait attiré l’attention sur l’horreur de l’esclavage. C’est dire combien le pays, coincé entre la légende noire de l’enfer de la plantation et celle, dorée de l’Eldorado, peine à affirmer son existence quotidienne. C’est le plus souvent à l’occasion d’événements dramatiques que le lecteur métropolitain redécouvre ce petit État de 163 265 km2 (le plus petit d’Amérique du Sud, mais presque deux fois plus grand que la Guyane française), qui vit essentiellement de la production de bauxite, dont il est le sixième producteur mondial. Un pays dont la croissance annuelle du pib était de + 5,3 % par an de 1970 à 1980, et dont l’accession à l’indépendance eût été un modèle du genre si le coup d’État sanglant de 1980 n’avait bloqué l’aide internationale et plongé l’économie dans le marasme.
Il partage avec le Guyana et la Guyane française une position périphérique par rapport à l’ensemble sud américain : une juxtaposition de peuples, de langues et de cultures non latines, un retard de plus de cent cinquante ans dans le processus d’émancipation politique, une économie et un peuplement plus proches de l’ensemble caraïbéen insulaire que des voisins continentaux.
Périphérique en tout, le Suriname finit par devenir un centre paradoxal de l’espace atlantique, voire mondial laboratoire historique et géographique exceptionnel où se rencontrent populations amazoniennes, protestantes, africaines et indiennes sur un milieu plus contrasté que l’omniprésence de la forêt ne le laisse prévoir à première vue…
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