Théologie de la création et science moderne
- Par François Euvé
Pages 109 à 132
Citer ce chapitre
- EUVÉ, François,
- Sous la direction de EUVÉ, François,
- CHOLVY, Brigitte,
- ALEXANDRE, Jérôme
- et COLLECTIF, ,
- Euvé, François.
- Euvé, F.
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- ALEXANDRE, Jérôme
- et COLLECTIF, ,
Notes
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[1]
« L’enseignement des sciences physiques et naturelles est peut-être plus marqué par la philosophie positiviste d’Auguste Comte que nous le soupçonnons » (R. Locqueneux, Science classique et théologie, Paris, Vuibert-Adeapt Snes, 2010, p. 1).
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[2]
On peut évoquer Edwin Burtt, Robert Merton, Michael Foster, Alexandre Koyré, réagissant contre les lectures positivistes dominant dans la génération précédente.
-
[3]
E. Klaaren, Religious Origins of Modern Science, Grand Rapids, 1977, Eerdmans, p. v.
-
[4]
C’est l’apport d’Alexandre Koyré. Mais l’historiographie plus récente s’est rendue davantage sensible aux éléments de continuité.
-
[5]
Le mot « technoscience » est employé ici dans un sens large, désignant l’association, caractéristique de la science moderne, d’une connaissance scientifique du monde avec une action technicienne sur lui.
-
[6]
On cite habituellement la conférence de l’historien des techniques médiévales L. White, reprise dans son article : « The Historical Roots of Our Ecologic Crisis », Science, 155, 1967, p. 1203-1207.
-
[7]
P. Hadot, Le Voile d’Isis, Paris, Seuil, 2004, p. 106.
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[8]
Ibid., p. 142.
-
[9]
B. Rordorf, « Soumettre et dominer », dans ibid., Liberté de parole, Genève, Labor et Fides, 2006.
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[10]
F. Bacon, Novum Organum, Préface.
-
[11]
P. Clavier, Ex nihilo (2 vol.), Paris, Hermann, 2011.
-
[12]
Aux yeux de L. Brisson, analysant un texte de Galien, par contraste avec le démiurge du Timée, le créateur de la Genèse « fait vraiment acte de volonté, car son action implique un surgissement absolu indépendant de tout désir et de toute émotion et affranchi de la raison » (« Le démiurge du Timée et le créateur de la Genèse », in Le style de la pensée. Hommage à Jacques Brunschwig, Paris, Les Belles Lettres, 2002, p. 38).
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[13]
Saint Irénée, Adversus Haereses, IV,20,1.
-
[14]
H. Chadwick, « Liberté et nécessité dans la pensée chrétienne primitive sur Dieu », Concilium, n° 186, 1983, p. 29.
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[15]
Grégoire de Nysse, Homélie sur le Cantique, ch. II.
-
[16]
C’est la position de Georges Minois, L’Église et la science, t. 1, Paris, Fayard, 1990.
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[17]
E. Grant, La physique au Moyen-Âge. vie-xve siècles, PUF, Paris, 1995, p. 8.
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[18]
A. Hamman, « L’enseignement sur la création dans l’Antiquité chrétienne », Revue des sciences théologiques, 42, 1968, p. 18.
-
[19]
P. Gisel, La Création. Essai sur la liberté et la nécessité, l’histoire et la loi, l’homme, le mal et Dieu, Genève, Labor et Fides, 1987, p. 125.
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[20]
A. Hamman, op. cit., p. 23.
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[21]
L. Scheffczyk, Création et providence, Paris, Cerf, 1967, p. 87.
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[22]
E. Klaaren, op. cit., p. 58.
-
[23]
Pour Newton, Dieu est « Seigneur » de l’univers et non « âme du monde » (Principia, Scholie générale).
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[24]
L. Jaeger, Ce que les cieux racontent. La science à la lumière de la création, Charols, Excelsis, 2008, p. 71.
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[25]
M.-D. Chenu, La théologie au xiie siècle, Paris, Vrin, 1957, p. 30.
-
[26]
Pour M. Foster, la cosmologie médiévale n’intègre pas vraiment la thèse théologique de la création : les médiévaux étudient la nature comme si elle n’était pas créée (« The Christian Doctrine of Creation and the Rise of Modern Natural Science », in Science and Religious Belief, C. Russell éd., University of London Press, 1973, p. 300).
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[27]
R. Hooykaas, Religion and the Rise of Modern Science, Edinburgh, Scottish A. P., 1972, p. 13.
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[28]
Platon, Lois, V, 743d ; VII, 806d.
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[29]
Pour R. Hooykaas, c’est surtout au xvie siècle que l’association est faite (p. 88).
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[30]
Un exemple de cela est la reconnaissance de l’ellipticité de l’orbite des planètes par Kepler, à partir des observations de Tycho Brahé, malgré le principe fondamental de circularité, tenu encore par Copernic et Galilée (et Tycho Brahé lui-même).
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[31]
A. Funkenstein, Théologie et imagination scientifique du Moyen Âge au xviie siècle, tr. J.-P. Rothschild, Paris, PUF, 1995, p. 144.
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[32]
Ibid., p. 152.
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[33]
Ibid., p. 165.
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[34]
Cité par A. Crombie, Histoire des sciences de saint Augustin à Galilée, t. 1, Paris, PUF, 1959, p. 227.
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[35]
E. Grant, op. cit., p. 38.
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[36]
J. Ladrière, Les enjeux de la rationalité, Paris, Aubier, 1977, p. 15.
-
[37]
S. Gaukroger, The Emergence of a Scientific Culture. Science and the Shaping of Modernity 1210-1685, Oxford University Press, Oxford, 2005, p. 168.
-
[38]
Ibid., p. 56.
-
[39]
R. Merton, « Motives forces of the new science », in I. B. Cohen (éd.), Puritanism and the Rise of Modern Science, p. 115.
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[40]
E. Klaaren, op. cit., p. 150.
-
[41]
N. Malebranche, La recherche de la vérité (1712), Paris, Vrin, 2006, p. 278.
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[42]
J. H. Brooke, op. cit., p. 26.
-
[43]
« Of Atheism », in Essays by Francis Bacon, Londres, 1937 ; cité par J. H. Brooke, op. cit., p. 125.
-
[44]
A. Koyré, Du monde clos à l’univers infini, Paris, Gallimard, 1962, p. 269.
-
[45]
J. Ladrière, L’articulation du sens, t. II, Paris, Cerf, coll. « Cogitatio Fidei », 1984, p. 291 (je souligne).
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[46]
M. Morange, La vie, l’évolution et l’histoire, Paris, Odile Jacob, 2011.
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[47]
S. Kauffman, At Home in the Universe. The Search for Laws of Self-Organization and Complexity, Oxford, Oxford University Press, 1995.
-
[48]
S. Kauffman, Reinventing the Sacred. A New View of Science, Reason and Religion, New York, Basic Books, 2008.
-
[49]
B. Saint-Sernin, « Légitimité et existence de la philosophie de la nature ? », Revue de métaphysique et de morale, 3, 2004, p. 332.
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[50]
Nous ne discuterons pas ici la notion débattue d’émergence qui s’efforce de conjoindre continuité physico-chimique (conservation de l’énergie, etc.) et discontinuité de structure (cf. A. Fagot-Largeault, « Émergence », in D. Andler et al., Philosophie des sciences, t. II, Paris, Gallimard, coll. « Folio », p. 939-1048).
-
[51]
Galilée, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, tr. R. Fréreux, Paris, Seuil, coll. « Sources du savoir », 1992, p. 129.
-
[52]
A.-N. Whitehead, Process and Reality, New York, Free Press, 1978, p. 21.
-
[53]
J. H. Brooke, p. 172. La justification en était trouvée dans la génération spontanée, faisant passer spontanément de l’inerte au vivant, processus encore reconnu à l’époque.
-
[54]
É. Le Roy, L’exigence idéaliste et le fait de l’évolution, Paris, Boivin, 1927, p. 34.
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[55]
P. Teilhard de Chardin, « Le cœur de la matière » (1950), dans Œuvres, t. XIII, Paris, Seuil, 1976, p. 36.
-
[56]
M. Gillet, « La philosophie d’Édouard Le Roy », Archives de philosophie, 1964, p. 533.
-
[57]
M. Kehl, « Et Dieu vit que cela était bon. » Une théologie de la création, tr. J. Hoffman, Paris, Cerf, coll. « Cogitatio Fidei », 2008, p. 391.
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[58]
Saint Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils, I,75,6.
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[59]
Ibid., III,69,15.
-
[60]
Ibid., III,69,16.
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[61]
Ibid., III,70,7.
La question de la relation entre tradition chrétienne et origine de la
science moderne est une question complexe, délicate et débattue
depuis fort longtemps. La position la plus répandue, au moins à
partir du xixe siècle, est celle de l’exclusion mutuelle : l’émergence
d’une nouvelle science au xviie siècle serait directement corrélée
au recul de la religion, au développement d’une culture sécularisée
ou, au moins, à une désacralisation du monde naturel. Ce serait
d’ailleurs plus généralement le cas du travail scientifique qui tirerait son efficacité du rejet de toute option métaphysique, toujours
particulière et subjective, et, par conséquent, antinomique à la visée
universelle et objective de la science. Cette posture positiviste reste
encore largement présente dans les mentalités.
Au regard de l’histoire, cette position est à la fois vraie et fausse.
Il est vrai que le progrès de la connaissance scientifique des phénomènes naturels, comme celui d’une possible transformation de la
nature, suppose une certaine désacralisation, un « désenchantement
du monde » (indiquer la référence). Mais, par ailleurs, l’émergence
d’une nouvelle science au xviie siècle ne peut pas être comprise
si l’on fait abstraction des débats théologiques de l’époque. De
nombreux travaux historiques, menés au xxe siècle, ont montré que
cette émergence ne pouvait se comprendre que sur le fond d’un
déplacement dans les visions du monde qui incluent des options
métaphysiques. La dimension religieuse y est impliquée et, par
conséquent, une théologie de la création…
Date de mise en ligne : 06/05/2025
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