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18. Guérilla diplomatique (1958-1959)

Pages 420 à 437

Citer ce chapitre


  • Deltombe, T.,
  • Domergue, M.
  • et Tatsitsa, J.
(2019). 18. Guérilla diplomatique (1958-1959) Kamerun ! : Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) (p. 420-437). La Découverte. https://shs.cairn.info/kamerun--9782348041761-page-420?lang=fr.

  • Deltombe, Thomas.,
  • et al.
« 18. Guérilla diplomatique (1958-1959) ». Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) La Découverte, 2019. p.420-437. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/kamerun--9782348041761-page-420?lang=fr.

  • DELTOMBE, Thomas,
  • DOMERGUE, Manuel
  • et TATSITSA, Jacob,
2019. 18. Guérilla diplomatique (1958-1959) In : Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) Paris : La Découverte. Poche / Essais, p.420-437. URL : https://shs.cairn.info/kamerun--9782348041761-page-420?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Daniel Kemajou, député du Cameroun, Compte rendu du débat parlementaire consacré aux pleins pouvoirs demandés par le Premier ministre Ahmadou Ahidjo, 29 octobre 1959 (cf. <www.histoire-du-cameroun.com>).
  • [2]
    Lettre d’Um Nyobè au gouvernement français, 2 juillet 1957 (citée in Achille Mbembe, Écrits sous maquis, op. cit., p. 199).
  • [3]
    Cabinet militaire du Haut Commissaire, « Recueil mensuel des renseignements intérieurs », juillet 1957, p. 5 (CAOM, Aff-Pol 3322).
  • [4]
    Daniel Abwa et René Ngouo Woungly-Massaga (alias commandant Kissamba), Cameroun, ma part de vérité, Éditions Minsi, Yaoundé, 2005, p. 41.
  • [5]
    Cabinet militaire du Haut Commissaire, « Recueil mensuel des renseignements intérieurs », loc. cit.
  • [6]
    Mélanie Boutchueng, Ernest Ouandié (1924-1971). L’homme et son action politique, op. cit., p. 54.
  • [7]
    SDECE, « Notice d’information. Activité de l’UPC », 23 juin 1958 (CARAN, FPR 148).
  • [8]
    « Rapport de Sûreté du 11 au 15 juillet 1958 », p. 39 (APO, 1AC158).
  • [9]
    Philippe Decraene, Le Panafricanisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris, 1959, p. 105.
  • [10]
    SDECE, « Bulletin de renseignements du 4 février 1958 » (SHAT, 10T183).
  • [11]
    Chef de bataillon Dumonet, chef de la section de coordination du ministre de la France d’outre-mer, 25 mars 1957 (SHAT, 10T183).
  • [12]
    « Condensé de renseignements recueillis jusqu’au 10 octobre 1959 », émanant de l’EMGDN/REN/RIM (SHAT, 10T183).
  • [13]
    Guy PervillÉ, « Le Panafricanisme du FLN », in Charles-Robert Ageron et Marc Michel (dir.), L’Afrique noire française : l’heure des indépendances, CNRS Éditions, Paris, 1992, p. 513-522 (disponible sur <http://guy.perville.free.fr>).
  • [14]
    Frantz Fanon, « La leçon de Cotonou », El Moudjahid, 22 août 1958 (in Frantz Fanon, Pour la révolution africaine. Écrits politiques, François Maspero, Paris, 1964, p. 149).
  • [15]
    Frantz Fanon, « La farce qui change de camp », El Moudjahid, nº 21, 1er avril 1958 (in ibid., p. 122).
  • [16]
    Entretien des auteurs avec l’historien algérien Mohammed Harbi (qui fut en 1959 envoyé en mission au Mali par le FLN), 12 septembre 2008, Paris.
  • [17]
    EMAT, 2e bureau, « Note sur le communisme au Cameroun » (SHAT, 10T183).
  • [18]
    « Rapport de Sûreté du 22 avril au 14 mai 1958 », p. 47 (APO, 1AC158).
  • [19]
    Lettre de Moumié à Um Nyobè, Accra, 23 avril 1958 (cité in « BRH de la ZOPAC nº 37 », 10-16 septembre 1958, annexe nº 6, p. 30 ; SHAT, 6H247).
  • [20]
    Cité in « Rapport de Sûreté du 22 avril au 14 mai 1958 », loc. cit., p. 47.
  • [21]
    Frantz Fanon, « Décolonisation et indépendance », El Moudjahid, nº 22, 16 avril 1958 (in Frantz Fanon, Pour la révolution africaine, op. cit., p. 119).
  • [22]
    Frantz Fanon, « Accra : l’Afrique affirme son unité et définit sa stratégie », El Moudjahid, 24 décembre 1958 (in ibid., p. 171-173).
  • [23]
    Frantz Fanon, « Unité et solidarité effective sont les conditions de la libération africaine », 5 janvier 1960 (in ibid., p. 192).
  • [24]
    Frantz Fanon, Peaux noires, masques blancs, Seuil, Paris, 1952.
  • [25]
    « BRH du Bureau de documentation [Bedoc] nº 13 », 1er-8 décembre 1959, p. 14 (APO, 1AC96).
  • [26]
    CAOM, Aff-Pol 3336/2 (cité in Simon Nken, La Gestion de l’UPC, op. cit., p. 242).
  • [a]
    Par exemple, une résolution de pays non alignés demandant à la fois une amnistie et l’abandon de la violence est rejetée le 6 décembre 1957 (« Rapport de Sûreté du 26 novembre au 11 décembre 1957 », p. 34 ; CAOM, Aff-Pol 3320).
  • [28]
    L’Économie, nº 635, 22 mai 1958.
  • [a]
    Le « représentant du Cameroun » Xavier Deniau, qui y avait servi au Haut Commissariat sous Soucadaux, puis à la Direction de la tutelle sous Messmer, sera ensuite envoyé par ce dernier en mission au Niger au moment du vote truqué de septembre 1958, pour faire voter « oui » au référendum consacré à la Communauté française du général de Gaulle…
  • [30]
    Le Monde, 21 mars 1958.
  • [31]
    Cité in Achille Mbembe, La Naissance du maquis au Sud-Cameroun, op. cit., p. 390.
  • [32]
    Voir à ce sujet les remarques du directeur de l’AFP au Togo à l’époque : Claude Wauthier, Quatre présidents et l’Afrique, Seuil, Paris, 1995, p. 91 et p. 656.
  • [33]
    « Rapport de Sûreté du 22 avril au 14 mai 1958 », p. 46 (APO, 1AC158).
  • [34]
    Philippe Gaillard, Le Cameroun, tome 1, op. cit., p. 229.
  • [35]
    « Rapport de Sûreté du 11 au 25 septembre 1958 », 26 septembre 1958, p. 4 (CAOM, Aff-Pol 3348).
  • [36]
    Lettre de Xavier Torré à Laget, conseiller à la Cour de cassation, 15 juillet 1958 (CADN, FHCC/8).
  • [37]
    « Rapport de Sûreté du 13 au 26 mars 1959 », p. 6 (APO, 1AC158).
  • [38]
    Note d’É. Jegou au chef de la région du Nyong-et-Sanaga, 27 octobre 1958 (CADN, FHCC/6, P1000961).
  • [39]
    La Presse du Cameroun, 20 novembre 1958 (cité in Zacharie Amatakana, Félix-Roland Moumié, de l’exil à la mort, op. cit., p. 52).
  • [40]
    UPC, « La tutelle internationale à l’épreuve », 7 février 1959 (archives du PCF).
  • [41]
    « Note résumant les conversations tenues au sujet de la mission de visite », s.d., p. 3 (CAOM, 3321).
  • [42]
    Faustin Kenne, Les Grands Chefs de l’insurrection armée en pays bamiléké et leurs activités de 1955 à 1971, op. cit., p. 110.
  • [43]
    « BRH du 29 novembre au 5 décembre 1958 », p. 1 (APO, 1AC111).
  • [44]
    « JMO du groupe de gendarmerie du Cameroun », second semestre 1958 (SHAT, 6H109).
  • [45]
    André Blanchet, « M. Ahidjo va défendre devant l’ONU une politique qui a réussi sur le plan intérieur », Le Monde, 21 février 1959.
  • [46]
    Ibid.
  • [47]
    « À la Commission de tutelle, M. Kosciusko-Morizet dénonce les manœuvres anticamerounaises de certains pays », La Presse du Cameroun, 27 novembre 1958.
  • [48]
    Ibid.
  • [49]
    « Rapport de Sûreté du 13 au 26 mars 1959 », p. 2 (APO, 1AC158).
  • [50]
    UPC, L’ONU et le problème kamerunais, février 1959.
  • [51]
    André Blanchet, « M. Ahidjo va défendre devant l’ONU une politique qui a réussi sur le plan intérieur », loc. cit.
  • [52]
    Ibid.
  • [53]
    Cité in Bureau de documentation du Haut Commissariat, « Note sur la situation politique au Cameroun », mars 1959, p. 3 (CAOM, Aff-Pol 3327).
  • [54]
    Eugène-Jean Duval, Le Sillage militaire de la France au Cameroun, 1914-1964, p. 155.
  • [55]
    « La Commission de tutelle de l’ONU se prononce pour l’indépendance du Cameroun », La Croix, 14 mars 1959.
  • [56]
    La Presse du Cameroun, 16 mars 1959.
  • [57]
    David E. Gardinier, Cameroon. United Nations Challenge to French Policy, Oxford University Press, Cambridge, 1963, p. 89-90.
  • [a]
    Par exemple, les États-Unis s’abstiennent à l’ONU le 21 décembre 1958 sur une résolution concernant l’Algérie, au lieu de voter avec la France, tandis que le sénateur démocrate John Fitzgerald Kennedy se prononce dès 1957 en faveur de l’indépendance algérienne. Leur attitude jouera finalement un rôle important dans la résignation du général de Gaulle à quitter l’Algérie (Irwin Wall, Les États-Unis et la Guerre d’Algérie, Soleb, Paris, 2006).
  • [59]
    « Les événements du Cameroun inquiètent le département d’État », La Tribune des nations, 24 juillet 1959.
  • [60]
    Philippe Decraene, « Panafricanisme et grandes puissances », Politique étrangère, nº 4, 1959, p. 408-421.
  • [61]
    Bureau de documentation du Haut Commissaire, « Note sur la situation politique au Cameroun du 1er au 31 mai 1958 », p. 25 (SHAT, 10T178).
  • [62]
    Jean Adalaba, La Diplomatie du parti nationaliste de l’Union des populations du Cameroun, 1958-1977, mémoire de maîtrise d’histoire, université de Yaoundé-I, 2000, p. 35.
  • [63]
    Cité in Mathieu Rigouste, L’Ennemi intérieur, op. cit., p. 51.
  • [64]
    Christian duCrest de Villeneuve, « Compte rendu trimestriel de renseignements, premier trimestre 1959 », 3 avril 1959, p. 12 (SHAT, 6H259).
  • [65]
    Zacharie Amatakana, Félix-Roland Moumié, de l’exil à la mort, op. cit., p. 66.
  • [66]
    Philippe Decraene, « La mort d’Um Nyobè a porté un coup décisif au mouvement insurrectionnel de la Sanaga-Maritime », Le Monde, 19 décembre 1958.
  • [67]
    Marthe MoumiÉ, Victime du colonialisme français, op. cit., p. 107-108.
  • [68]
    « Rapport de Sûreté du 28 mars au 15 avril 1959 », p. 1 (APO, 1AC158).

La guerre du Cameroun ne se déroule pas seulement dans les montagnes bamiléké, la brousse de Sanaga-Maritime ou les bidonvilles de Douala. Elle se joue également à Paris, au Caire, à Alger, à Accra, à Conakry et, bien sûr, à New York, siège de l’Organisation des Nations unies, où le dossier camerounais est soigneusement étudié à l’heure où plus personne n’ignore que cette nation naissante, toujours sous tutelle de l’ONU, va accéder à l’indépendance. La bataille est internationale.
Traités en agents du communisme international, les militants de l’UPC, illégaux au Cameroun francophone, expulsés du Cameroun britannique, n’ont, dans une sorte de prophétie autoréalisatrice, d’autre choix que de se rapprocher du Parti communiste français, de demander soutien et assistance au bloc de l’Est et de se réfugier dans les pays africains sympathisants. Symétriquement, les pays « occidentaux » font bloc derrière la France pour barrer la route aux supposés « marxistes » camerounais.
Mais ce schéma de guerre froide est aussi l’occasion de tester la réalité des solidarités de bloc. Si les quelques upécistes qui arpentent le monde sont très demandés dans les conférences internationales tiers-mondistes, ils ne trouvent toutefois pas chez leurs alliés l’aide concrète qui ferait basculer la guerre en leur faveur. Les upécistes en exil symbolisent certes parfaitement la résistance africaine au colonialisme européen. Mais le Cameroun n’est ni l’Algérie française ni le Congo belge. Il ne constitue pas une priorité stratégique des pays socialistes…


Date de mise en ligne : 25/10/2023

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