Chapitre 1. Le jouer peut-il constituer un objet de recherche ?
Pages 25 à 50
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- HAMAYON, Roberte H.,
- Hamayon, Roberte H..
- Hamayon, R.-H.
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- Hamayon, R.-H.
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Notes
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[1]
« Unity of Play : Diversity of Games. »
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[2]
[Chartier, Uzielli, 1980]. Ces auteurs mettent cet intérêt subit sur le compte de l’évolution interne de la discipline historique [p. 44-45].
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[3]
Ses autres références sont Turner [1982b] et Geertz [1983 (1973)], retenus l’un pour l’état de conscience du joueur qui entre dans le jeu, l’autre pour l’idée que, à travers les coqs qu’ils font combattre à Bali, ce sont les hommes qui se battent entre eux.
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[4]
Paul Yonnet [1985, p. 24] explique l’absence de travaux sociologiques sur certains jeux, comme le tiercé ou les courses de chevaux dans nos sociétés, par leur manque de prestige qui les fait considérer comme « rites d’esclaves et d’abrutis ».
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[5]
Wendling montre que les joueurs sont nombreux aujourd’hui à revendiquer un statut de professionnel à l’image des sportifs et que le terme de championnat est devenu courant dans le vocabulaire car « les échecs ont acquis l’un des traits distinctifs des sports modernes […] la quantification ». La reconnaissance des échecs comme sport pourrait se traduire en France par des aides ou des financements publics pour les clubs. L’auteur termine son ouvrage par un nouvel accent sur l’effort de professionnalisation : « C’est un métier, les échecs » [2002, p. 75, 241].
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[6]
« In the Andaman Islands, peace is concluded after each side has been given ceremonial freedom to strike the other. This example, however, also illustrates the labile nature of the frame, “This is play”, or “This is ritual” » [Bateson, 1972, p. 141].
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[7]
Il est dans la logique interne du drame rituel d’être « processuel » et « performatif », car il constitue une activité qui « désengage d’une action fonctionnelle directe sur la pensée et la conduite des gens » [p. 16, 23-33].
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[8]
Pour Richard Grathoff [1970], en particulier dans le chapitre « Towards a unified theory », game et play relèvent d’une sociologie du quotidien. Structures d’interaction, ils illustrent des stratégies de coopération et de compétition
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[9]
Turner aurait plaidé, à l’époque, mais sans succès, pour la création d’une « ethno-dramaturgie ».
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[10]
Une idée similaire de condensation se rencontre à propos de la tragédie classique sous la forme de règle des trois unités (de temps, de lieu, d’action). Elle est proche de l’idée de « compression narrative » utilisée par les créateurs de jeux vidéos qui se fondent sur des récits de fiction.
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[11]
Voir par exemple Varenne et Bianu [1990].
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[12]
Sporadiquement, ce courant donne lieu à des remarques débordant du cadre de l’apprentissage, comme celle sur l’existence d’un lien significatif entre l’intérêt pour le jeu et l’intérêt pour la religion, voir Proceedings of the Annual Meeting of the Association for the Anthropology of Play, 1992.
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[13]
Jerome Bruner, « The main characteristic of play – whether of child or adult – is not its content but its mode. Play is an approach to action, not a form of activity », Children’s Play Council, August, 2001, cité par Moyles [1989].
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[14]
[Brougère, 2005, cité par Delory-Momberger, 2006, p. 479].
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[15]
Le verbe to game, attesté autrefois, n’est plus guère usité aujourd’hui que dans le sens de gamble, « parier ».
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[16]
Par des voies très différentes, Henriot parvient à une proposition similaire : « L’idée de jeu n’a pu se former que très lentement, progressivement […] » [1989, p. 289].
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[17]
Consulté sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales, <www.cnrtl.fr>.
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[18]
Selon l’étymologie de jeu donnée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales.
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[19]
Un autre mot de la même famille, lusus (entrée lusus 2 dans le dictionnaire latin de Gaffiot), signifie « jeu, divertissement, badinage, ébats amoureux, plaisanterie, bon mot ».
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[20]
En latin, le verbe joculor veut dire plaisanter.
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[21]
L’Encyclopedia Britannica donne : « Jongleur, French Public entertainer : professional storyteller or public entertainer in medieval France, often indistinguishable from the trouvère. The role of the jongleur included that of musician, juggler, and acrobat, as well as reciter of such literary works as the fabliaux, chansons de geste, lays, and other metrical romances that were sometimes of his own composition. Jongleurs performed in marketplaces on public holidays, in abbeys, and in castles of nobles, who sometimes retained them in permanent employment. In such a case the jongleur became known as a ménestrel and devoted more of his time to literary creation than to entertainment. »
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[22]
Jongleur est l’un des synonymes figurant dans La Grande Encyclopédie pour définir « Schamans » en 1765.
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[23]
La notion de marge ou de latitude est rendue par play en anglais, Spielraum en allemand et leurs équivalents sont rendus par le terme de jeu dans de nombreuses autres langues.
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[24]
Huizinga était philologue et historien, Caillois écrivain, sociologue et essayiste.
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[25]
Largement reconnue par les auteurs qui se fondent sur le jeu en Occident, cette association se heurte à l’évidence d’associations linguistiques entre les notions de travail et de rite ailleurs dans le monde, comme il ressort, par exemple, de plusieurs des contributions réunies dans Essais sur le rituel [Blondeau, Schipper, 1990] : pour leurs auteurs, l’opposition serait plutôt entre travail sacré et travail profane.
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[26]
Pour une analyse critique de la catégorisation de Caillois, voir Wendling [2002, p. 43-44]. Selon lui, cette catégorisation n’apporte rien parce qu’elle est « partout applicable », inapte à rendre compte, autrement que par le « diktat théorique » qu’elle constitue, des raisons pour lesquelles le potlatch disparaît des analyses de cet auteur.
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[27]
Selon cette troisième perspective, les sports sont des reflets de société capitaliste, l’amphithéâtre romain de la mentalité esclavagiste. Wendling critique à ce titre le fait que Caillois a classé les sociétés selon qu’y prédomine tel ou tel couple de ses quatre principes. Je serai pour ma part moins sévère à l’égard d’une telle perspective s’inspirant de Caillois : la transformation des Jeux sibériens à l’époque moderne correspond effectivement à un changement de société.
« Unité [unicité] du jeu (play), diversité des jeux (games) », voici ce qu’annonçait le titre anglais d’un article de Roger Caillois écrit en 1957 pour la revue Diogène. C’était mettre en évidence une différence terminologique révélatrice à maints égards. Là où la langue anglaise facilite la distinction en opposant la diversité des games à l’unicité du play, la langue française réunit en un seul mot le concept et ses manifestations. Cette différence traduit la complexité du phénomène, riche de tant d’aspects qu’il faut « mobiliser une complémentarité de regards, issus de perspectives disciplinaires variées » [Genvo, 2008, p. 100]. Vertigineuse est la masse de travaux qui en résulte, et déconcertant le fait que, quel que soit l’angle de vue adopté, le fil de la recherche conduit toujours à buter sur des facettes de ce thème qui lui échappent, souvent bien éloignées de la notion la plus spontanément associée à « jouer » dans la vie quotidienne : « s’amuser ». C’est bien là l’un des enjeux de la recherche, perpétuellement tiraillée entre le respect de différences apparemment insurmontables et le sentiment qu’il y a toujours, malgré tout, quelque chose de commun qui justifie l’emploi de « jouer ».
Les travaux existants se répartissent entre les deux partis tirés de ce constat : aborder le jeu en général ou aborder les jeux au nom de disciplines particulières. Le parti généraliste sur l’unicité du concept, lancé par Johan Huizinga en 1938 et repris au bond par Roger Caillois en 1958, est quasiment abandonné aujourd’hui, mais il n’est pas de travail ponctuel qui ne cite ces auteurs, et les voies qu’ils ont ouvertes sont toujours à l’horizon des recherches actuelles…
Date de mise en ligne : 26/05/2020
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