Chapitre d’ouvrage

Introduction. Le « jouer » : un nœud de paradoxes

Pages 13 à 24

Citer ce chapitre


  • Hamayon, R.-H.
(2012). Introduction. Le « jouer » : un nœud de paradoxes. Jouer : Une étude anthropologique (p. 13-24). La Découverte. https://shs.cairn.info/jouer--9782707164919-page-13?lang=fr.

  • Hamayon, Roberte H..
« Introduction. Le “jouer” : un nœud de paradoxes ». Jouer Une étude anthropologique, La Découverte, 2012. p.13-24. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/jouer--9782707164919-page-13?lang=fr.

  • HAMAYON, Roberte H.,
2012. Introduction. Le « jouer » : un nœud de paradoxes. In : Jouer Une étude anthropologique. Paris : La Découverte. TAP / Bibliothèque du MAUSS, p.13-24. URL : https://shs.cairn.info/jouer--9782707164919-page-13?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Et peut-être, ajoute l’auteur en reprenant son texte plus tard, ce paradoxe est-il essentiel à l’évolution (« the paradoxes of play are an evolutionary step ») [Bateson, 1972, p. 147].
  • [2]
    « My contribution is to ask for a paradox to be accepted and tolerated and respected, and for it not to be resolved. »
  • [3]
    Ainsi que dans quelques articles [Hamayon, 1989 ; 1992a ; 1992b ; 1995].
  • [4]
    Ce volume constitue le numéro 30-31 de la revue Études mongoles et sibériennes (1999-2000). Par la suite, plusieurs chercheurs ont poursuivi ce thème dans leurs propres travaux, auxquels je dois beaucoup.
  • [5]
    Les autres religions universalistes ont, elles aussi, réprouvé, détourné ou récupéré les jeux. Ainsi, en Haute-Asie, le bouddhisme a remodelé les danses pour les faire accomplir par ses moines dans l’enceinte de ses monastères.
  • [6]
    C’est ce terme qu’utilise Alain Caillé, renouvelant ainsi la notion de « fait social total » établie par Marcel Mauss sur l’exemple du don [1995, p. 33 ; 2007 (2000), p. 63-65].
  • [7]
    [Huizinga, 1951 (1938), p. 12, 15, 19-20].

C’est sous le signe du paradoxe que commence ce livre. Comme si le jeu en était indissociable. Paradoxe, d’abord, sur mon terrain d’anthropologue : l’aire mongole et sibérienne. Le vocabulaire du « jouer » y est omniprésent dans la vie rituelle, mais son ethnographie ne manifeste quasiment aucun intérêt pour cette notion. Ceci motive, dans les quelques pages qui suivent, l’historique des recherches qui m’ont conduite à l’étudier en propre. Paradoxes divers, ensuite, au niveau général. La diversité des jeux est extrême, chacun de nous le constate quotidiennement. Elle trouve un écho dans la multiplicité des angles adoptés pour en traiter. Mais chaque étude spécialisée bute sur l’irruption inattendue, dans les limites qu’elle s’est fixées, d’aspects qu’elle avait choisi d’exclure, comme pour rappeler l’existence possible d’un lien latent entre tous, ou comme si la divergence des approches ne pouvait masquer l’évidence d’une certaine universalité du « jouer ». La terminologie du « jouer » semble connaître en effet à la fois des découpages de vocabulaire variables et des domaines d’usage convergents d’une langue et d’une culture à l’autre. Cette variabilité des découpages suffit-elle à expliquer la rareté des tentatives généralisantes ? Et inversement, que dire du désintérêt manifeste de l’anthropologie, discipline qui se prétend pourtant éminemment englobante ? On peut aussi se demander dans quelle mesure le verbe « jouer », seul à convoyer cette notion en français, peut influencer ou inhiber la recherche…


Date de mise en ligne : 26/05/2020

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Gestion - Ouvrages + Revues

380 € par an

10 000 ouvrages et 300 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

18,99 €

370 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

4,00 €

12 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?