Chapitre d’ouvrage

« Nous servirons l’Éternel »

Pages 29 à 36

Citer ce chapitre


  • Blec, Y.-M.
(2024). « Nous servirons l’Éternel » James Baldwin (p. 29-36). Gallimard. https://shs.cairn.info/james-baldwin--9782072929618-page-29?lang=fr.

  • Blec, Yannick Michel.
« “Nous servirons l’Éternel” ». James Baldwin, Gallimard, 2024. p.29-36. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/james-baldwin--9782072929618-page-29?lang=fr.

  • BLEC, Yannick Michel,
2024. « Nous servirons l’Éternel » In : James Baldwin. Paris : Gallimard. Folio Biographies, p.29-36. URL : https://shs.cairn.info/james-baldwin--9782072929618-page-29?lang=fr.

Notes

  • [1]
    J. Baldwin, « Chroniques d’un enfant du pays », Chroniques d’un enfant du pays, p. 119.
  • [2]
    Ibid., p. 118.
  • [3]
    Livre de Josué, 24, 15.
  • [4]
    J. Baldwin, « Notes autobiographiques », Chroniques d’un enfant du pays, p. 25.
  • [5]
    J. Baldwin, « Ici dragons », Retour dans l’œil du cyclone, Christian Bourgois, 2015, p. 188-189.
  • [6]
    J. Baldwin, Chassés de la lumière, Stock, 1972, p. 11.
  • [7]
    Ibid.

David Baldwin était beau. Certains diraient beau mais noir — « il était très noir ». James Baldwin écrirait plus tard :
Il était, je crois, très beau. Je m’en rends compte d’après ses photos et d’après mes propres souvenirs de lui quand j’étais petit, je le revois endimanché pour aller prêcher quelque part. Beau, fier et renfermé « comme un ongle incarné », a dit quelqu’un. Mais quand j’ai grandi, il était à mes yeux comme ces images que j’avais vues de chefs tribaux africains : il aurait vraiment dû aller nu, avec de la peinture de guerre et des reliques barbares, dressé parmi les lances.
Après qu’il eut adopté le petit James à l’âge de trois ans, il lui donna son nom. Dans ses souvenirs de petit garçon, Baldwin se rappelait un sourire à son égard, reçu par-dessus l’épaule de sa mère. Pourtant, ils n’étaient pas liés par un amour filial inconditionnel.
Berdis avait épousé cet homme qui avait accepté son enfant, illégitime, comme s’il était le sien. Quand ils se rencontrèrent, David habitait à New York depuis huit ans environ. Vers 1919, il avait quitté La Nouvelle-Orléans — une Sodome et Gomorrhe, « la plus vicieuse des villes » — où la musique et les fêtes étaient quasi cultuelles. Pour ce prédicateur, ces fêtes symbolisaient les dérives exacerbées des troubles et de la décadence du Sud où les Saintes Écritures finissaient par être oubliées. Les perversions infinies que les tripots et les bars offraient dans sa ville d’origine et qui détournaient les Noirs des voies du Seigneur étaient tout aussi haïssables que les lynchages qui lui inspiraient de l’effroi…


Date de mise en ligne : 08/10/2024

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