Chapitre I. Les trois registres de la filiation
- Par Nazir Hamad
- et Charles Melman
Pages 13 à 18
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- HAMAD, Nazir
- et MELMAN, Charles,
- Hamad, Nazir.
- et al.
- Hamad, N.
- et Melman, C.
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- et Melman, C.
- Hamad, Nazir.
- et al.
- HAMAD, Nazir
- et MELMAN, Charles,
nazir hamad – Une question revient souvent dans le travail avec les enfants adoptés. Elle résume à elle seule la problématique de l’adoption. Je la formulerais ainsi : les adoptés ont de leur filiation une idée floue parce qu’ils ne savent pas séparer le vrai de l’ivraie. Les vrais parents et les faux parents, la vraie famille et la fausse famille, le vrai destin et le faux destin.
Voilà, pour illustrer cette situation, le cas de Gilles. Cet enfant avait 8 ans quand je l’ai reçu à sa demande. Il a été adopté très jeune dans un pays de l’Est par une mère célibataire qui avait fait seule cette démarche parce que son partenaire de l’époque ne voulait pas d’enfant. Quand elle avait pris la décision ferme d’adopter, son ami avait rompu avec elle. La mère de Gilles a ainsi fait partie de ce qu’on appelle les « personnes seules », qui sont de plus en plus nombreuses à adopter. Mais, comme elle avait la chance d’être entourée par sa famille, son statut de femme seule a toujours été relatif. Son fils a beaucoup bénéficié de la présence de ses grands-parents, de ses oncles et tantes.
Quelque temps plus tard, un homme est entré dans la vie de cette femme. Gilles n’a pas tardé à l’appeler papa, avec son accord d’ailleurs. La mère a tout fait pour que son partenaire adopte son fils. Mais, père de trois enfants d’un premier mariage, l’homme a estimé qu’il ne pouvait pas le faire, à ce moment-là – sans que cela ait empêché en quoi que ce soit le père et le fils de se reconnaître chacun dans ce lien familial…
Date de mise en ligne : 09/06/2025
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