13 - La crise de l’Union française
- Par Jacques de Folin
Pages 225 à 232
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Notes
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[1]
Gras, op. cit., pp. 501-502.
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[2]
F.R.U.S., op. cit., télégramme n° 874, de Hanoi, du 27 mai 1953, p. 586.
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[3]
M.A.E., dossier E. 162.1/1., télégramme n° 10017, de Saigon, du 31 mai 1953.
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[4]
F.R.U.S., op. cit., télégramme de Dulles au département d’État, envoyé de Londres, le 17 octobre 1953, p. 828.
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[5]
M.A.E., dossier E. 162.1/1., télégramme n° 222, de Saigon, du 20 octobre 1953.
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[6]
M.A.E., dossier E. 162.1/1., télégramme n° 7808, de Saigon, du 22 octobre 1953.
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[7]
F.R.U.S., op. cit., télégramme n° 695, de Foster Dulles à Saigon, p. 838.
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[8]
L’affaire du « trafic des piastres » a été liée à celle des « fuites » du rapport Revers, certains milieux politiques, principalement à gauche, ayant trouvé l’occasion de dénoncer la corruption entraînée par la guerre du Vietnam. Le trafic des piastres a contribué à alimenter la campagne de Beuve-Méry contre la « sale guerre ».
De quoi s’agissait-il ? La piastre était forcément une monnaie de spéculation. Depuis décembre 1945, le taux officiel était fixé à 17 francs pour 1 piastre. Alors que le taux, au marché réel ou « noir », était de 10 francs, ou même moins. On voit les bénéfices que l’on pouvait tirer d’un va-et-vient de transferts de Saigon à Paris, puis de Paris à Saigon, etc. Car les transferts de Saigon à Paris étaient légaux en raison de l’appartenance de la piastre à la zone franc (virements bancaires privés ou commerciaux ; mandats-poste mensuels ; transferts exceptionnels obtenus par des dérogations contournant les règlements de l’Office indochinois des changes). « Tout le monde avait recours à ces trafics, du riche commerçant au petit employé français ou vietnamien, du général au coolie qui servait de prête-nom, des grands établissements bancaires et commerciaux au Vietminh lui-même. » (Franchini, tome I, p. 415.) Mais le plus grave était que d’importants partis politiques français profitaient de ces facilités pour alimenter leurs caisses. Les accusations, plus ou moins voilées, de corruption n’en étaient que plus crédibles. -
[9]
Nguyên Dac Khé, directeur du cabinet de Bao Daï, et sans aucun doute francophile, a écrit : « C’était le gouvernement de la République française, et lui seul qui s’immisçait en permanence dans les affaires vietnamiennes pour contrôler la façon dont le Vietnam les gérait dans l’exercice de ses compétences étatiques. » (La Nef, cahier n° 9, « Où va l’Union française ? », p. 201.) L’auteur, chef du cabinet de Georges Bidault, a été chargé par le colonel de Brébisson, qui suivait l’affaire d’Indochine à l’état-major général, d’en faire partà son ministre.
Au Cambodge, depuis les élections de 1947, le roi Sihanouk gouverne contre l’Assemblée dominée par le Parti démocrate, et la situation devient incontrôlable. De nouvelles élections, provoquées par le roi le 9 septembre 1951, ne la modifient pas et elle pourrit de plus en plus. Le roi comprend qu’il ne peut sortir de ces difficultés qu’en se faisant le champion de l’indépendance, rôle qu’il s’estime seul à pouvoir jouer efficacement.
Dès le mois de décembre 1951, dans un discours à Battambang, il a demandé pour son pays un « statut de dominion », affirmant que les accords du 8 mars permettaient « d’atteindre une véritable indépendance de jure », ce qui Provoque la colère du président Auriol.
Le cabinet démocrate est alors renvoyé le 15 juin 1952, et le roi forme un gouvernement dont il prend la direction. Il demande à l’Assemblée un mandat de trois ans pour assurer la paix, restaurer le pays et obtenir « une indépendance complète, pleine et satisfaisante ». L’Assemblée vote la confiance à l’unanimité, le roi a gagné.
Les difficultés de Sihanouk ne sont pas, pour autant, terminées, car Son Ngoc Thanh lance depuis son exil des appels à la révolte. Le roi doit, une nouvelle fois, dissoudre l’Assemblée le 13 janvier 1953 et prendre tous les pouvoirs.
D’autre part, pour satisfaire les aspirations à l’indépendance, conformément à ses promesses, il doit s’opposer à Letourneau qui, soutenu par le président Auriol, se refuse à « violer la Constitution » en abandonnant ses prérogatives diplomatiques et militaires…
Date de mise en ligne : 31/03/2020
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