Chapitre 3 / Modes de gestion des identités dans et par les partis politiques en Turquie
- Par Élise Massicard
Pages 93 à 116
Citer ce chapitre
- MASSICARD, Élise,
- DORRONSORO, Gilles
- et GROJEAN, Olivier,
- Massicard, Élise.
- Massicard, É.
- G. Dorronsoro
- et O. Grojean
https://doi.org/10.3917/scpo.dorro.2014.01.0093
Citer ce chapitre
- Massicard, É.
- G. Dorronsoro
- et O. Grojean
- Massicard, Élise.
- MASSICARD, Élise,
- DORRONSORO, Gilles
- et GROJEAN, Olivier,
https://doi.org/10.3917/scpo.dorro.2014.01.0093
Notes
-
[1]
Nous distinguons entre alévité (le fait sociologique) et alévisme (la mobilisation en son nom).
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[2]
On désigne par « alévis » un ensemble de groupes hétérodoxes et syncrétiques, constituant entre 10 et 25 % de la population de Turquie.
-
[3]
Sur ce phénomène à Mersin, cf. Turgut (2005).
-
[4]
Les partis défendant une cause identitaire (tels les partis kurdistes) ne sont pas intégrés à l’analyse.
-
[5]
Loi sur les partis politiques no 2820 du 22 avril 1983, article 78.
-
[6]
Loi sur les partis politiques, paragraphes 12 et 96.
-
[7]
Cet article a été modifié en 1991, puis aboli en 1995. Mais une interdiction similaire figure dans l’article 81 de la loi sur les partis.
-
[8]
Pour n’en citer que quelques-uns, le HEP (Halk?n Emek Partisi, Parti du travail du peuple) en 1993, le DEP (Demokrasi Partisi, Parti de la démocratie) en 1994, le HADEP (Halk?n Demokrasi Partisi, Parti de la démocratie du peuple) en 2003 pour soutien au PKK, le DTP (Demokratik Toplum Partisi, Parti pour une société démocratique) en 2009.
-
[9]
Ce phénomène n’est pas spécifique à la Turquie, mais a marqué aussi l’histoire politique de la France par exemple.
-
[10]
Et ce, malgré les démentis formels d’organisations. « Aleviler MGK’ya gidiyor », Hürriyet, éd. européenne, 19 janvier 2001.
-
[11]
À ces réticences liées aux contraintes de légitimation se sont jusqu’à récemment ajoutées des restrictions juridiques, la coopération entre partis, d’une part, et associations ou fondations, de l’autre, étant interdite, ainsi que la défense par un parti, une association ou une fondation d’une partie de la population. Ces contraintes ont été desserrées récemment par des mesures d’harmonisation à l’UE.
-
[12]
Observation, locaux du DYP (Do?ru Yol Partisi, Parti de la juste voie), Adana, avril 2007.
-
[13]
Entretien, cadre dirigeant du CHP, Adana, 1er avril 2009.
-
[14]
Ankara, 6 décembre 2000.
-
[15]
TBMM Tutanaklar?, Dönem 19, Cilt 24, Birle?im 42, 14 décembre 1992, Oturum 2, p. 438 [Procès-verbaux de la Grande Assemblée nationale de Turquie, législature 19, volume 24, session 42, 14 décembre 1992, séance 2, p. 438].
-
[16]
« Alevi k?y?m? dursun », Cumhuriyet, 29 mai 1996.
-
[17]
Cela permet de mieux comprendre certaines consignes de vote apparemment contradictoires, comme celles d’une fondation alévie soutenant le DSP au niveau national, mais le candidat alévi du CHP pour les municipales à Istanbul en 1999.
-
[18]
« Baykal’?n A tak?m? », Hürriyet, 5 février 1999. Dans ces provinces mixtes, du fait de la confessionnalisation des votes, le CHP est souvent soutenu et investi majoritairement par les alévis. Refusant de donner l’image d’un parti alévi, D. Baykal, son dirigeant, supprime en 1995 les élections internes, qui aboutissaient en général à la désignation de candidats alévis dans ces provinces.
-
[19]
De manière intéressante, l’organisation du CHP a très peu fait campagne chez les Kurdes de cet arrondissement, considérant que c’était là le travail du candidat à la mairie d’arrondissement, alors que les équipes faisant du porte-à-porte étaient beaucoup plus à l’aise dans les quartiers arabes. Par ailleurs, les convois du CHP passant par des quartiers à forte population kurde et où les partis kurdistes étaient influents ont souvent été caillassés. Observations, mars 2009, Adana.
-
[20]
Yeni Adana, 23 décembre 1997.
-
[21]
Ce terme désigne les quatre écoles de jurisprudence existantes dans l’islam sunnite, dont seules deux sont présentes en Turquie. Dans ce pays cependant, ce terme a pris le sens de « communauté confessionnelle » et désigne souvent les alévis d’une part et les sunnites de l’autre.
-
[22]
« Alevi dü?manl??? yalan? », Güvercin [revue du parti DSP], 1 (1), 1988, p. 30 et suiv.
-
[23]
L’amalgame guitare-kalachnikov ayant largement été fait dans les années 1970, on peut considérer qu’il puise dans un stock déjà constitué.
-
[24]
Observations, festival d’Hac?bekta?, août 1999 et 2000.
-
[25]
Entretien avec un alévi de retour du festival d’Hac?bekta?, Ankara, août 2001.
Résumé
Malgré la prégnance des questions identitaires, la Turquie se veut unitaire. Les partis politiques à prétention universaliste gèrent cette tension en évitant de relayer publiquement des revendications identitaires qu’ils considèrent illégitimes, notamment au niveau national. Cependant, l’identité constitue un paramètre central de leur relation à l’électorat et de leur gestion du personnel politique. Ils utilisent donc des modes de communication spécifiques caractérisés par l’ambiguïté. L’identité passe ainsi dans le champ politique, mais sans guère de revendications dans l’espace public, donc sans politisation.
Mots clés
- Adana
- CHP
- communication politique
- jeu d’échelles
- parti politique
- politique identitaire
- politisation
- Turquie
Mots-clés éditeurs : Adana, CHP, communication politique, jeu d’échelles, parti politique, politique identitaire, politisation, Turquie
Abstract
Abstract: Despite prevalent identity tensions, Turkey wishes to present itself as a unitary State. How do political parties with a universalist stance deal with this tension? They avoid publicly relaying identity claims that they consider to be illegitimate, especially at a national level. However, identity is a key component of their relationship to the electorate and of how they manage their political personnel. Therefore, political parties use unique forms of communication that are characterised by ambiguity. Identity therefore slips into the political landscape, but without producing any public demands – in short, without being politicised.
Keywords
- Adana
- CHP
- identity politics
- local/national scale
- political communication
- political party
- politicisation
- Turkey
Mots-clés éditeurs : Adana, CHP, identity politics, local/national scale, political communication, political party, politicisation, Turkey
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