Présentation
- Par Hugues Daussy
Pages 343 à 344
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- DAUSSY, Hugues,
- Daussy, Hugues.
- Daussy, H.
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- Daussy, H.
- Daussy, Hugues.
- DAUSSY, Hugues,
Faites que notre grand Louis,
Qui défend vos pauvres brebis,
Les renverse tous par morceaux.
Au diable soit lou houguenaux !
Exterminez-les, Annihilez-les,
Exterminez-les,
Faites humilier
Cette orgueilleuse Montpellier ;
Faites que Nîmes
Fonde en abîme ;
Que Montauban S’en aille au vent ;
Que La Rochelle, Cette rebelle,
Sente votre ire vengeresse,
Ainsi que doit une traîtresse.
1 « L’accident que nous craignions toujours nous est arrivé : mais plus lourdement encore que nous ne l’eussions osé imaginer [1] », écrivit Philippe Duplessis-Mornay à Jacques-Auguste de Thou quelques jours après qu’un messager lui eut appris l’assassinat d’Henri IV. Pour ce fidèle serviteur du feu roi, l’annonce fut certes particulièrement rude en raison des liens particuliers qui l’avaient uni au chef de la maison de Bourbon aux temps les plus durs du combat huguenot. Mais elle fut ressentie avec d’autant plus de violence que la disparition du monarque pouvait aussi mettre en péril la tranquillité si laborieusement acquise par les protestants français.
2 Trois décennies plus tard, la publication posthume des mémoires du duc Henri de Rohan éclaira d’une lumière plus crue et plus définitive cet événement, considéré par le capitaine huguenot comme un véritable kairos dans l’histoire politique du royaume et de la Réforme française. Dans un Discours sur la mort de Henry le Grand, alors imprimé pour la première fois, il déplora cet événement aussi dramatique que préjudiciable. « Si jamais j’ai eu sujet de joindre mes regrets avec ceux de la France, écrivit-il, c’est à la mort malheureuse de Henri le Grand, pleine de tristesse et d’accidents funestes pour nous. » Puis il conclut, au terme d’une longue et éloquente énumération des vertus du roi défunt, par un constat aussi tranchant que révélateur du basculement engendré par la disparition du monarque : « Qui peut avoir vécu au temps de ce roi auguste, comme j’ai fait, et prendre plaisir en celui-ci ? Je veux donc séparer ma vie en deux, nommer celle que j’ai passée, heureuse, puisqu’elle a servi Henri le Grand, et celle que j’ai à vivre, malheureuse, et l’employer à regretter, pleurer, plaindre et soupirer [2]. » Si on ignore la date exacte de la rédaction de ce texte, que son contenu soit prophétique ou fondé sur l’expérience éprouvée de la réalité, il n’en annonçait pas moins la perspective de nouveaux orages pour la destinée des protestants français.
Date de mise en ligne : 04/07/2025