Chapitre 3. Entre crises et détente : le statu quo européen en question (1958-1969)
Pages 75 à 103
Citer ce chapitre
- BADALASSI, Nicolas,
- Badalassi, Nicolas.
- Badalassi, N.
Citer ce chapitre
- Badalassi, N.
- Badalassi, Nicolas.
- BADALASSI, Nicolas,
Notes
-
[1]
Bozo Frédéric, La politique étrangère de la France depuis 1945, Paris, Flammarion, 2019, p. 71.
-
[2]
Vaïsse Maurice, La grandeur. Politique étrangère du général de Gaulle, 1958-1969, Paris, Fayard, 1998, p. 115.
-
[3]
Bozo Frédéric, Deux stratégies pour l’Europe. De Gaulle, les États-Unis et l’Alliance atlantique (1958-1969), Paris, Plon, 1996, p. 40.
-
[4]
Cité par Bozo Frédéric, Deux stratégies pour l’Europe, op. cit., p. 63.
-
[5]
Vaïsse Maurice, La grandeur, op. cit., p. 182.
-
[6]
Bozo Frédéric, « De Gaulle, l’Amérique et l’Alliance atlantique. Une relecture de la crise de 1966 », Vingtième Siècle, revue d’histoire, n° 43, juillet-septembre 1994, pp. 55-68.
-
[7]
Schoenborn Benedikt, La mésentente apprivoisée : de Gaulle et les Allemands. 1963-1969, Paris, PUF, 2007, pp. 341-342.
Entre 1958 et 1962, la guerre froide connaît sa deuxième phase de fortes tensions. Tandis que l’URSS apparaît plus puissante que jamais, le désir soviétique de statu quo, la contestation grandissante des orientations du Kremlin par la Chine maoïste et le besoin de se poser en soutien des mouvements révolutionnaires dans le tiers-monde conduisent Nikita Khrouchtchev à déclencher plus ou moins directement deux des crises internationales les plus graves de la guerre froide : la deuxième crise de Berlin et la crise de Cuba. L’une et l’autre entraînent des répercussions gigantesques sur la manière qu’ont les Européens de penser leur sécurité.
Alors que les États-Unis revoient leur doctrine de dissuasion nucléaire et s’enfoncent dans la guerre du Vietnam, la question de la capacité américaine de protection et celle de la propension des deux Grands à s’entendre sur le dos des Européens se posent ouvertement à l’ouest du continent après l’affaire cubaine. Une figure domine le débat au fil de la décennie, celle du général de Gaulle, revenu au pouvoir au printemps 1958 à la faveur de la guerre d’Algérie. Allant à l’encontre de l’objectif structurel des Soviétiques de consacrer le rideau de fer, De Gaulle promeut une vision de la sécurité qui, loin de remettre en question la logique transatlantique de la défense ouest-européenne, propose d’en redéfinir les modalités en partant du principe que la division de l’Europe constitue une « anomalie historique » qui doit être corrigée. La mise en œuvre de cette conception implique une plus grande marge de manœuvre des Européens vis-à-vis des superpuissances et doit passer par une réforme du fonctionnement de l’OTAN, par le développement du volet politique de la construction européenne et par l’instauration d’un véritable dialogue Est-Ouest susceptible de rétablir la confiance mutuelle…
Date de mise en ligne : 23/07/2024
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
22,99 €