Préambule
- Par Christian Sommer
Pages 7 à 15
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- SOMMER, Christian,
- Sommer, Christian.
- Sommer, C.
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- Sommer, C.
- Sommer, Christian.
- SOMMER, Christian,
Notes
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[1]
Le présent ouvrage reprend, en les modifiant légèrement, deux textes initialement parus dans le cadre du dossier Autour de Heidegger, Discours de rectorat (1933) : contextes, problèmes, débats, in Les Etudes philosophiques, n° 2/2010. Je remercie les PUF d’en autoriser la publication.
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[2]
Heidegger, Die Selbstbehauptung der deutschen Universität. Rede, gehalten bei der feierlichen Übernahme des Rektorats der Universität Freiburg i. Br. am 27.5.1933, Breslau, Korn, 1933,21934, Klostermann, Francfort/M., 1983,21990, repris in Gesamtausgabe, t. 16, Francfort/M., Klostermann, 2000, p. 107-117, édition que nous citons. Traductions françaises : L’autoaffirmation de l’université allemande. Discours tenu pour la prise en charge solennelle de rectorat de l’université Fribourg-en-Brisgau le 27.5.1933, bilingue (avec le texte de la 1re éd.), tr. G. Granel, TER, Mauvezin, 1987 ; L’université allemande envers et contre tout elle-même [sic], in Heidegger, Écrits politiques 1933-1966, tr. F. Fédier, Gallimard, Paris, 1995, p. 97-110. – Principaux sigles utilisés : GA = Gesamtausgabe ; SZ = Sein und Zeit ; WiM = Was ist Metaphysik? ; EiM = Einführung in die Metaphysik ; HW = Holzwege ; N I, II = Nietzsche I, II; VA = Vorträge und Aufsätze ; US = Unterwegs zur Sprache ; ID = Identität und Differenz ; SW : Hölderlin, Sämtliche Werke (dkv, Francfort/M., 1992-1994) ; KSA : Nietzsche, Kritische Studienausgabe (wdg, Berlin,21988). Pour les références bibliographiques complètes, cf. Martin Heidegger. Bibliographie chronologique (1909-1976/Bibliographie des traductions françaises (umr8547.ens.fr). – Afin d’alléger les notes, nous n’indiquons généralement dans nos références secondaires que le nom de l’auteur suivi de l’année de publication, les références complètes étant reportées à la fin de l’ouvrage.
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[3]
Cf. GA 16 [1933], p. 93; adhésion le 3 mai, antidatée au 1er mai 1933. Heidegger vote pour le NSDAP dès avant 1932 ; cf. Heidegger, Lettre à Bultmann, 16/12/1932, in Bultmann/Heidegger [2009], 191-192.
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[4]
Pour le détail des faits et gestes de Heidegger pendant la période du Rectorat, cf. A.M. Fischer [2008], 254-363; B. Martin [1989], 191-206; D.Morat [2007], 119-127; H. Ott [1988], 131-246; R. Safranski [1994], 291-338; H. Zaborowski [2010], 205-404.
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[5]
Une large sélection de ces textes et documents de circonstance – allocutions, appels aux urnes, cérémonies commémoratives, travail administratif universitaire pour l’alignement (Gleichschaltung), organisation de stages d’«éducation politique», projets institutionnels, correspondance, etc. – est reproduite dans GA 16, 81-364; 755-775 et dans le Heidegger-Jahrbuch 4 (2009), 13-52. Pour certains documents qui ne sont pas repris dans GA 16, mais éclairent le contexte immédiat, cf. G. Schneeberger [1962]. On trouvera les références des traductions françaises de certains documents et textes dans la bibliographie chronologique suscitée.
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[6]
Cours magistraux : GA 36/37 [SS 1933] ; GA 36/37 [SS 1933/34] ; GA 38 [SS 1934]. Parmi les textes importants à prendre en compte, cf. également les deux conférences dans GA 16 [1934], 285-307 et GA 16 [1934], 316-334, ainsi que le séminaire Hegel, Philosophie du droit (GA 86 [WS 1934/35]). Il faut ajouter à ce corpus restreint de la période du Rectorat le texte «apologétique» Das Rektorat 1933/34. Tatsachen und Gedanken dans GA 16 [1945], 372-394, les documents dans GA 16 [1945], 397-404, 409-415, les lettres à H. Marcuse, 20/1/1948, in GA 16, 430-431 et à H.-P. Hempel, 19/9/1960, in GA 16, 568-573 et les textes rétrospectifs dans GA 16 [1960], 568-573; GA 16 [1966], 652-683, spéc. 656-657.
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[7]
Pour l’état de la recherche sur « Heidegger et la politique », cf. A. Caputo [2001]; B. Grün [2001]; D. Thomä [1990]; [2003]. Parmi les études récentes dans l’espace anglophone, citons Ch. Bambach [2003] ; M. de Beistegui [1998] ; J.D. Caputo [1993] ; J. Fritsche [1999] ; T. Kisiel [2001] ; [2002a]; [2002b]; [2005]; [2006]; B.Radloff [2007]; H. Sluga [1993]; I. D. Thomson [2005] ; M. Zimmermann [1990]. Sur la discussion angloaméricaine, dont les références principales procèdent du contexte francoallemand, cf. I.D. Thomson [2005]. – En Allemagne, citons R. Mehring [1992]; D. Morat [2007]; A. Schwan [1989]; H. Zaborowski [2010]; F. Grosser [2011]; en Italie, il faut signaler F. Fistetti [1999]; [2001]; D. Losurdo [1991]. – La situation française, enfin, est déterminée par le destin spécifique de Heidegger en France (cf. T. Rockmore [1995]; D. Janicaud [2001]). Parmi les travaux toujours importants, cf. J. Derrida [1990] ; [1992] ; [1994] ; D. Janicaud [1990] ; Ph. Lacoue-Labarthe [1986] ; [1987] ; [2002]. En France, on le sait, l’étude et la perception de cette problématique ont souvent pâti d’approches polémiques et superficielles (V. Farías [1987]; A. Münster [2001]; E.Faye [2005]), ou dogmatiques et apologétiques (F. Fédier [1988]; M. Amato [2007]). Les uns réduisent l’œuvre à la forme sublimée d’un national-socialisme vulgaire, les autres la détachent de l’engagement politique, les deux contournent la complexité réelle des liens entre philosophie et politique tels qu’ils se nouent dans la pensée de Heidegger à partir de 1933. Ce que J. Derrida ([1992], 195) pouvait formuler après le «débat» qui a suivi la publication de l’ouvrage de V. Farías nous paraît toujours pertinent, lorsqu’il critiquait «les arrêts sentencieux qui, du côté de la “défense”, autant que du côté de 1’“accusation”, ont si souvent réussi à empêcher de lire ou de penser, qu’il s’agisse de Heidegger, de son nazisme, ou du nazisme en général ».
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[8]
Voir Bultmann, Lettre à Heidegger, 18/6/1933, in Bultmann/ Heidegger [2008], 193-196 et Jaspers, Lettre à Heidegger, 23/8/1933, in Heidegger/Jaspers [1990], 155-157. Sur la réception immédiate du Discours, cf. plus généralement Heidegger-Jahrbuch 4 (2009), 140-197; A. Fischer [2008], 279; R. Safranski [1994], 291; H. Zaborowski [2010], 552-602.
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[9]
Cf. R. Alisch [1989] ; B. Grün [2009].
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[10]
Cf. sur ce point O. Jouanjan [2010] qui propose une glose de deux références du Discours (Gefolgschaft et Studentenrecht) qui renvoient directement au contexte juridique et soulèvent l’épineuse question de leur pertinence philosophique pour Heidegger.
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[11]
Lettre à E. Heidegger, 15/10/1932, in Heidegger/E. Heidegger [2005], 184; Lettre à Blochmann, 19/12/1932, in Blochmann/Heidegger [1989], 55 ; Lettre à Bultmann, 16/12/1932, in Bultmann/Heidegger [2008], 190-191 ; GA 47 [SS 1939], 71.
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[12]
GA 16 [1966], 656.
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[13]
Cf. H. Nohl [1970].
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[14]
La connexion décisive, encore à explorer, entre l’engagement politique de 1933 et la «répétition» du commencement grec «présocratique» a été soulignée par J.-F. Courtine [2007], 195, note 5.
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[15]
Cf. sur ce point G. Most [2010]. Sur la « vision » nietzschéenne de l’antiquité et son effet sur la philologie allemande jusqu’en 1945, voire au-delà, cf. aussi H. Cancik [1995].
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[16]
L’État idéal de Platon supporte qu’on érige un poète en guide suprême à condition de le considérer, comme Heidegger l’a peut-être fait, à travers le prisme, fatalement déformant, de Nietzsche qui, dans L’État grec (1872), suggérait de voir dans « la conception d’ensemble de l’État platonicien le merveilleux et grand hiéroglyphe d’une doctrine ésotérique (Geheimlehre) […]sur le lien entre l’État et le génie » (KSA 1/777). Que Heidegger attribue à Hölderlin et à ses vaterländische Gesänge, selon un geste georgien, un rôle mythopoétique, fondateur et recteur, ne paraît d’ailleurs pas incompatible avec Rép. X, 607 a 4 : « les hymnes aux dieux et les éloges des gens vertueux seront la seule poésie que nous admettons dans notre cité ».
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[17]
Heidegger rédige la première esquisse du plan des Beiträge zur Philosophie (Vom Ereignis), GA 65 au printemps 1932; cf. GA 66 [1937/38],424. La première occurrence significative de Hölderlin est l’exergue tiré de Die Wanderung, placé en tête de l’interprétation du Poème didactique de Parménide dans le cours de 1932 (GA 35 [SS 1932], 103), mais c’est dès 1929-1930 que, selon Heidegger lui-même (GA 71 [1941/42], 89), la «parole de Hölderlin» serait devenue un destin (Geschick).
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[18]
Lettre à K. Jaspers, 1/7/1935, in Heidegger/Jaspers [1990], 157.
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[19]
Cf. G. Neske [1977], 246.
«Heidegger 1933»Heidegger, élu recteur de l’Université de Fribourg-en-Brisgau le 21 avril 1933, prononce son discours d’intronisation, L’auto-affirmation de l’Université allemande, le 27 mai 1933. Le 1er mai 1933, le philosophe avait adhéré au NSDAP, arrivé au pouvoir le 30 janvier de la même année. Il démissionnera de son poste de recteur le 23 avril 1934. Pendant cette période il exerce diverses activités liées à sa fonction officielle, tout en continuant de dispenser son enseignement universitaire.Sans ignorer évidemment les nombreux commentaires suscités depuis 1933 par cet engagement controversé, nous concentrons notre étude sur le Discours de rectorat, document crucial qui cristallise non seulement toute la problématique de l’engagement au sein du national-socialisme, mais aussi, sous une forme plus ou moins élaborée, tous les motifs de cette implication, que Heidegger développera, approfondira, infléchira ou révoquera, jusqu’en 1945, et au-delà. S’il s’agit pour nous dans le présent ouvrage de comprendre l’engagement de Heidegger dans son architecture philosophique interne, afin de circonscrire l’horizon de son intention fondamentale, il faut garder à l’esprit que pour faire émerger dans toute sa complexité la constellation « Heidegger 1933 », il est non moins nécessaire de faire apparaître le tissu des problématiques et des débats impliquant ses interlocuteurs directs ou indirects, les contextes politique, juridique, philologique, et plus généralement les traditions ou courants intellectuels que le philosophe mobilise, fût-ce pour s’en démarquer…
Date de mise en ligne : 28/03/2022
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