Chapitre d’ouvrage

11. Le réveil de la culture

Pages 199 à 216

Citer ce chapitre


  • Lecomte, B.
(2024). 11. Le réveil de la culture. Gorbatchev (p. 199-216). Perrin. https://shs.cairn.info/gorbatchev--9782262072087-page-199?lang=fr.

  • Lecomte, Bernard.
« 11. Le réveil de la culture ». Gorbatchev, Perrin, 2024. p.199-216. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/gorbatchev--9782262072087-page-199?lang=fr.

  • LECOMTE, Bernard,
2024. 11. Le réveil de la culture. In : Gorbatchev. Paris : Perrin. Tempus, p.199-216. URL : https://shs.cairn.info/gorbatchev--9782262072087-page-199?lang=fr.

Notes

  • [1]
    La période du « dégel » soviétique tient son nom d’un roman d’Ilya Ehrenbourg paru sous ce titre en 1954. Elle a connu son apogée en 1962 avec la publication par la revue Novy Mir d’un roman d’Alexandre Soljenitsyne sur la vie quotidienne au goulag, Une journée dans la vie d’Ivan Denissovitch.
  • [2]
    Ont ainsi connu l’enfer du goulag le poète Iouli Daniel, l’éditeur Alexandre Guinzburg, le peintre Gueorgui Mikhaïlov, la critique littéraire Tatiana Velikanova, le dessinateur Viatcheslav Syssoev et bien d’autres.
  • [3]
    Boris Pasternak (1890-1960), poète et romancier russe d’origine juive, s’est vu décerner le prix Nobel de littérature en 1958 pour Le Docteur Jivago, mais les autorités de l’URSS lui ont interdit d’accepter cette distinction.
  • [4]
    Alexeï Guerman (1938-2013) et Elem Klimov (1933-2003) furent deux importants cinéastes soviétiques.
  • [5]
    Cette conversation à bâtons rompus, traduite en italien, a été publiée en samizdat dans L’Unita et La Repubblica du 7 octobre 1986.
  • [6]
    Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires, op. cit.
  • [7]
    Polytika, 18 octobre 1986.
  • [8]
    Elem Klimov, conférence de presse donnée à Madrid le 11 novembre 1987.
  • [9]
    Dans un article publié par la revue Teatr en août 1986, puis dans la Pravda du 6 mars 1987 et la Sovietskaïa Kultura du 7 juillet 1987.
  • [10]
    Traduction française : Les Enfants de l’Arbat, Fayard, 1988.
  • [11]
    Mikhaïl Gorbatchev : Mémoires, op. cit.
  • [12]
    Quatre des principaux révolutionnaires d’octobre 1917. Léon Trotski (Lev Bronstein), né en 1879, fondateur de l’Armée rouge, sera le plus grand adversaire de Staline qui le fera assassiner en 1940. Grigori Zinoviev (Ovseï Apfelbaum), né en 1883, sera accusé d’avoir trahi Staline et la révolution lors des procès de Moscou, et exécuté en 1936. Lev Kamenev (Lev Rosenfeld), né en 1883, beau-frère de Trostki, aura le même parcours que Zinoviev et finira fusillé en 1936. Nikolaï Boukharine, né en 1888, chef de l’Internationale communiste et rédacteur de la Constitution soviétique, sera condamné à mort pour trahison en 1938.
  • [13]
    En réalité, une telle commission avait déjà été instituée après le XXe Congrès, sous Khrouchtchev, mais elle était vite tombée en déshérence. Cette fois, l’instance réunie par Gorbatchev procède à un nettoyage idéologique qui aboutit, à partir de février 1988, à la réhabilitation de Boukharine, Kamenev, Zinoviev et dix-neuf autres personnalités.
  • [14]
    C’est le président russe Boris Eltsine, en octobre 1992, qui transmettra officiellement à la Pologne les documents classifiés attestant la responsabilité de Staline dans ce drame.
  • [15]
    Alexandre Soljenitsyne (1918-2008), écrivain, Prix Nobel de littérature, auteur d’Une journée d’Ivan Denissovitch, de L’Archipel du Goulag et de La Roue rouge, restera, avec le physicien Andreï Sakharov, le plus important dissident de l’histoire de l’URSS.
  • [16]
    A la même époque, un obscur journal syndical de Kiev, en Ukraine, fait sensation en publiant sans aucune autorisation le texte que Soljenitsyne avait écrit juste avant d’être expulsé, Ne pas vivre dans le mensonge (Slovo rabotnika, 18 octobre 1988).
  • [17]
    Le mot Goulag (Glavnoïe Oupravlenie Laguereï) signifie « Administration principale des camps ».
  • [18]
    Andreï Sakharov, Mémoires, Seuil, 1990.
  • [19]
    D’autant qu’il n’est pas complètement étranger à l’exil de Sakharov à Gorki. En janvier 1980, Gorbatchev venait d’être nommé membre suppléant du Politburo. Si l’on peut imaginer qu’il n’a pas eu son mot à dire lorsque la direction du Parti a validé la proposition du KGB, il a donc assisté, au moins, aux débats de l’époque.
  • [20]
    AFP, 29 décembre 1986.
  • [21]
    La conférence de Vienne, réunie en vertu des accords d’Helsinki passés entre l’Est et l’Ouest en août 1975, aborde, à cette époque, la question des droits de l’homme. C’est dans cette enceinte, en novembre 1986, que l’URSS a accepté d’accueillir à Moscou, en 1987, une réunion sur les questions humanitaires.

Quand Gorbatchev arrive au sommet du pouvoir, en mars 1985, la culture soviétique est totalement figée. Le nouveau maître du Kremlin en est conscient. Il est un des rares dirigeants du pays à lire des romans, à s’intéresser à l’art, à fréquenter les théâtres et les expositions de peinture. Plus jeune, il a connu la période du « dégel » qui, après la mort de Staline, avait desserré l’étau idéologique et policier encadrant la culture soviétique. Cette formidable parenthèse, qui a correspondu au règne de Khrouchtchev, s’est refermée dès le début de celui de Brejnev pour aboutir, au fil des années de « stagnation », à une paralysie quasi générale de tout le monde artistique. Epaulée par le KGB et les appareils syndicaux et professionnels (Union des écrivains, Union des peintres, etc.), la direction du Parti communiste est revenue au temps de l’insipide « réalisme socialiste », obligeant les artistes à se consacrer à l’« éducation des masses » en condamnant les « fausses valeurs » véhiculées par la « culture bourgeoise ». Difficile, pour un écrivain ou un peintre, d’échapper alors à la pression du Parti, à la propagande, à la censure, voire à quelques années de camp en Sibérie.
La culture russe, pourtant, est alors en plein renouveau… mais à l’étranger. C’est à Londres, Boston, Munich ou Paris qu’on applaudit les pièces montées par Iouri Lioubimov, les films réalisés par Andreï Tarkovski, les concerts dirigés par Kirill Kondrachine, les ballets interprétés par Rudolf Noureev ou Alexandre Godounov…


Date de mise en ligne : 04/11/2024

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