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Chapitre XIX. De la Résistance au combat pour la paix : les origines du Mouvement de la Paix (1947–1949)

Pages 607 à 645

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  • Pinault, M.
(2000). Chapitre XIX. De la Résistance au combat pour la paix : les origines du Mouvement de la Paix (1947–1949) Frédéric Joliot-Curie (p. 607-645). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/frederic-joliot-curie--9782738108128-page-607?lang=fr.

  • Pinault, Michel.
« Chapitre XIX. De la Résistance au combat pour la paix : les origines du Mouvement de la Paix (1947–1949) ». Frédéric Joliot-Curie, Odile Jacob, 2000. p.607-645. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/frederic-joliot-curie--9782738108128-page-607?lang=fr.

  • PINAULT, Michel,
2000. Chapitre XIX. De la Résistance au combat pour la paix : les origines du Mouvement de la Paix (1947–1949) In : Frédéric Joliot-Curie. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.607-645. URL : https://shs.cairn.info/frederic-joliot-curie--9782738108128-page-607?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Desanti-1975, p. 39.
  • [2]
    Idem, « L’illusion lyrique » est le titre de la première partie de l’ouvrage, « 1945 – mars 1947 ». On se prépare alors à célébrer le centenaire de l’autre « illusion lyrique », celle du printemps de 1848.
  • [3]
    Hobsbawn-1994, en particulier p. 156-175, et K. Pomian, « Quel xxe siècle ? », Le Débat, no 93, janvier-février 1997, p. 41-75, surtout p. 54-56.
  • [4]
    Discours d’Irène Joliot-Curie, mars 1946, Londres, 5 p., AC.JC.
  • [5]
    En Grèce des troupes britanniques interviennent en faveur de la monarchie contre les partisans du mouvement de libération nationale, l’EAM, en Pologne le gouvernement britannique appuie d’anciens membres du gouvernement polonais en exil à Londres, dirigé par Mikolajczyk, contre ceux de l’ex-comité de Lublin qui contrôlent le gouvernement provisoire et, en Espagne, il refuse de reconnaître le gouvernement républicain en exil contre celui du général Franco. Dans les Lettres françaises du 29 mars 1946, Joliot signe, en compagnie de Langevin, Aragon, Picasso et d’autres, un manifeste des « intellectuels de France au peuple de Grèce ».
  • [6]
    J. Debû-Bridel, 5 janvier 1945, et réponse, 13 janvier 1945, AC.JC-F 32. Front national, 8 novembre 1944.
  • [7]
    R.P. Philippe à F. Joliot, 11 octobre 1945, AC.JC-F 11. Le « oui » à la première question signifiait « oui » à la réunion d’une assemblée constituante, le « oui » à la seconde question signifiait « oui » au maintien du gouvernement provisoire aux côtés de cette assemblée. Le PCF, le FN et la CGT sont pour le « oui-non ».
  • [8]
    R.P. Philippe à Joliot, déjà citée.
  • [9]
    PV du BP, 20 septembre 1945, du secrétariat, 10 décembre, et du BP, 13 décembre 1945, A. CC-PCF. Dans ses Mémoires, Villon semble situer son remplacement par Casanova à la tête du FN à la fin de 1946, voire au début de 1947, ce que ne confirment pas les archives (Villon-1983, p. 140-141).
  • [10]
    Discours, 4 p., AC.JC.
  • [11]
    Lablénie écrit, notamment : « Quand un ordre nous est donné par le Parti, (…) il nous faut d’abord voir si ce mot d’ordre est applicable, c’est-à-dire s’il ne va pas provoquer des réactions susceptibles d’entraîner une scission » (rapport d’E. Lablénie, 18 mai 1945, A. ESPCI-Fonds Langevin L57/16).
  • [12]
    Document de 7 p., 17 janvier 1946, AC.JC-F 33.
  • [13]
    R. Garaudy et G. Cogniot, « Les Intellectuels et la Renaissance française », brochure, p. 5-6.
  • [14]
    PV du BP, 5 octobre 1944, A. CC-PCF. Un bureau politique antérieur, le 14 septembre, avait confié à Cogniot la tâche de faire reparaître La Pensée, et à E. Fajon celle de relancer l’Université ouvrière sous le nom d’Université nouvelle.
  • [15]
    Cette directive peut être considérée comme l’application aux intellectuels de la ligne générale du PCF, définie ainsi lors du secrétariat du 11 septembre : « Dans la période présente le Parti ne doit pas apparaître comme menant la lutte des classes, mais il doit être souligné constamment que la lutte revendicative est menée dans le seul intérêt de la nation, de façon à montrer les trusts comme défendant des intérêts particuliers au détriment de la nation » (circulaire du secrétariat du PCF, 19 décembre 1944, A.CRCEDHC, F 17, R 128, D804, p. 105).
  • [16]
    PV du secrétariat, 13 janvier et 2 juin 1947, A. CC-PCF. La commission est composée de Prenant, Calas, Villon, Garaudy, Joliot, Aragon, Eluard, Fréville, Morgan, Leduc, Jean Laffitte, Parreaux, Marie-Élisa Nordmann, Voguet.
  • [17]
    Lorsque le secrétariat discute longuement des « questions idéologiques » en juillet et qu’il crée une « Section centrale du travail idéologique », placée sous la responsabilité de Fajon, Casanova en fait aussi partie.
  • [18]
    Document no 202, « Campagne du charbon », 13 mars 1947, et Appel du CD national, doc. no 211, 18 avril 1947, AC.JC-F 33.
  • [19]
    B. Goldschmidt, de New York, 11 juin 1947, SAT no 16, A.BG. Les SAT sont les rapports quasi hebdomadaires que les délégués scientifiques adressent de New York au CS du CEA.
  • [20]
    L. Kowarski, 17 juin 1947, WAT (« Weeckly Atomic Times »), no 18, et 25 juin 1947, WAT no 19, A. BG.
  • [21]
    Goldschmidt-1987, p. 403-104.
  • [22]
    L’Emergency Committee of Atomic Scientists est né en mai 1946 à Princeton, sous la présidence d’Einstein et Urey. Le comité se compose de H. Bethe, H. Brown, T.R. Hogness, P. Morse, L. Pauling, F. Seitz, L. Szilard et V. Weisskopf. Il a diffusé un appel dont le titre était « La dernière heure avant minuit » (30 juin 1947). Joliot reçoit une circulaire d’Einstein (6 décembre 1946) annonçant la création du comité (AC.JC-F 25).
  • [23]
    A. Einstein à F. Joliot, 3 mars 1948, et H. Brown à Joliot, 24 février 1948, AC.JC-K 4. Les Occidentaux pressentis sont : Joliot, Perrin, Auger et Kowarski pour la France, Blackett, Chadwick, Dirac, Hill, Mott, Oliphant et Peierls pour la Grande-Bretagne, Kramers pour la Hollande, Bohr pour le Danemark, et Compton, DuBridge, Marshak, Noyes, Oppenheimer, Rabinovitch, Shapley et Wilson pour les États-Unis, auxquels s’ajoutent des représentants du comité américain organisateur. Les noms des scientifiques de l’Est ne sont pas indiqués (URSS, Pologne et Tchécoslovaquie).
  • [24]
    J. Wang, « Science, Security and Ten Cold War : the Case of E.U. Condon », Isis, juin 1992, vol. 83-2, p. 238-269. Dans le WAT du 7 avril 1948, Goldschmidt note qu’il renonce à aller à un « dîner pour Condon », « pensant qu’il faut les laisser laver leur linge sale en famille. Mais il y aura pas mal de scientifiques à New York à cette occasion ».
  • [25]
    Pflaum-1992, p. 388 et L’Humanité, 20 mars 1948.
  • [26]
    Témoignage de C. Coryell, 27 mars 1963.
  • [27]
    Mme Farge, Le Combat pour la Paix, no 121, mars-avril 1959.
  • [28]
    Les Lettres françaises, no 228, 7 octobre 1948, p. 5.
  • [29]
    L’Humanité, 13 mars 1948, p. 1. Voir plus loin la liste des signataires de l’appel.
  • [30]
    L’Humanité, 28 et 29 octobre 1947.
  • [31]
    Les Lettres françaises, no 183, 20 novembre 1947. Le Monde, 29 novembre 1947.
  • [32]
    Tillon explique, dans ses Mémoires, que l’idée de ce rassemblement vient d’« une douzaine d’anciens FTP, dont j’étais, dit-il, (qui) décidèrent à la fin de novembre 1947 de renouer les liens avec des personnalités résistantes de toutes appartenances ». Outre Farge, il énumère « Jean Cassou, Louis Martin-Chauffier, Jean-Marie Domenach, l’abbé Boulier, le commandant Jouneau, l’ex-colonel Mary, Georges Beyer, etc. » (Tillon-1977, p. 469). Il confond donc la composition du futur Mouvement de la Paix, incluant l’abbé Boulier et Domenach, avec le noyau d’origine composé exclusivement d’amis de Farge (Boulier-1977, p. 160). Tillon écrit encore que « Farge avait accepté la direction » du nouveau mouvement alors qu’il est en fait à l’initiative. S’il prétend faussement avoir fait partie des signataires de l’appel du 5 novembre 1947, Tillon n’affirme pas à la lettre avoir été lui-même à son origine. A fortiori, il ne dit pas non plus que la consigne est venue du PCF. Au contraire, il indique qu’il n’en parla qu’ensuite à Thorez. En effet, dans le PV du secrétariat du 12 février 1948, une première mention des « Anciens combattants de la Résistance » (sic) apparaît, avec cette délibération : « Approbation du rapport de Tillon et adoption des suggestions ». La création des CDL correspond à ce que souhaite le PCF, mais ils ne deviendront une réelle préoccupation qu’au mois de septembre 1948, avec l’adoption d’un rapport de L. Mauvais.
  • [33]
    Appel des Combattants de la Liberté, Les Lettres françaises, 18 mars 1948 : Farge Yves, Jouneau Georges, Mary (colonel), Cassou Jean, d’Astier Emmanuel, Aubrac Raymond, Aveline Claude, Bretty Béatrice, Casanova Laurent, Chamson André, Copeau Pascal, Crémieux Francis, Descomps J. (Dr), Florentin Daniel, Fournier Marcel, Friedmann Georges, Godard Justin, Guignebert Jean, Kriegel-Valrimont Maurice, Manhès Henri (colonel), Martin-Chauffier Louis, Prenant Marcel, Saillant Louis, Tillon Charles, Vercors (Jean Bruller), Vernant Jean-Pierre. Le Fonds Villon (A. MRN) comprend un tract qui publie l’appel avec 27 signatures. On y trouve, en plus des précédentes : Aboulker José (Dr), Peyer, André Blumel, Bruguier Michel, Chavant Eugène, Dechartre Philippe, Godefroy Louis, Laverdet.
  • [34]
    Le Monde, 22 novembre 1947.
  • [35]
    L. Casanova, Journées nationales d’études, 24-25 avril 1948, 14 p., AC.JC-F 33.
  • [36]
    Y. Farge, Conseil national des CDL, 2 octobre 1948, cité dans Morgan-1954, p. 166.
  • [37]
    J. Noaro à F. Joliot, 22 février 1948, AC.JC-F16. Noaro appartient au bureau du cercle des critiques, constitué par Daix et Duvignaud, sur les instructions de Casanova (Daix-1976, p. 207).
  • [38]
    F. Joliot, soirée de l’Amitié franco-polonaise, 30 janvier 1947, AC.JC.
  • [39]
    B. Zazzo à F. Joliot, 2 février 1948, AC.JC. B. et R. Zazzo à M. Pinault.
  • [40]
    Le Figaro, 11-12 avril 1948.
  • [41]
    L’Humanité, 21 mars 1948, p. 1. Lettre adressée le 19 mars 1948 au président du Conseil de la République, dans « Pourquoi F. Joliot-Curie a-t-il été révoqué ? », brochure de l’UFU, 26 p.
  • [42]
    F. Joliot à Irène, 22 mars 1948, AC.JC.
  • [43]
    F. Joliot à P. Biquard, 19 août 1948, de l’Arcouest, A. ESPCI-Fonds PB. « La délégation française unanime, reconnaissant votre parrainage, vous adresse l’assurance de son admiration et de son cordial dévouement », écrivent les délégués français à Joliot (AC.JC).
  • [44]
    P. Daix, Les Lettres françaises, 22 juillet 1948. Selon O. Le Cour Grand-maison, la délégation française comprend 27 membres dont 16 communistes, mais il faut ajouter plusieurs noms à sa liste : Aubel, Benda, Daix, Garaudy, Wurmser. C’est ainsi que l’on arrive à 34.
  • [45]
    Boulier-1977, p. 157. René Cassin est le président du Conseil d’État.
  • [46]
    I. Joliot à F. Joliot, de Wroclaw.
  • [47]
    Desanti-1975, p. 115-118.
  • [48]
    M. Prenant, « Le professeur J. Huxley, la science et la paix », La Pensée, no 30, mai-juin 1950, p. 37-43.
  • [49]
    « Minutes. WFScW. Fourth meeting of the Executive Council », Institut du Radium, 10 novembre 1947, et « The International Conference to inaugurate the World Federation of Scientific Workers », A. UGICT-CGT, B. 34 et B. 37.
  • [50]
    Bartosek-1996, p. 107.
  • [51]
    F. Joliot, AG de la FMTS, septembre 1948, 4 p., AC.JC.
  • [52]
    Selon Crowther, la FMTS n’a aucun salarié ou permanent. Son budget de fonctionnement sur 2 ans a été de 500 £ (rapport à la première AG de la FMTS, 21 septembre 1948, AC.JC). « Je crains (?) qu’il fasse de la propagande pour confier aux Unions scientifiques la tâche de se préoccuper des Social Implications of Science. (…) Mon point de vue est que les Unions ne doivent pas se préoccuper des questions sociales. Leur rôle est purement technique (scientifique). Nous devons plus que jamais agir pour être en relation étroite avec la FSM, être en quelque sorte leur conseil pour toutes les questions scientifiques. » (F. Joliot à P. Biquard, 19 août 1948).
  • [53]
    L’Humanité, 4 et 12 octobre 1948. Vingt-trois signataires appellent à ces assises : L. Saillant, Y. Farge, l’abbé Boulier, le commandant Jouneau ; le colonel Manhès ; J. Guignebert ; J. Godart, C. Tillon, l’amiral Muselier, C. Aveline, A. Blumel, L. Martin-Chauffier, Vercors, F. Leclercq, G. Duchesne, le général Petit, F. Joliot-Curie, J. Hadamard, E. d’Astier, F. Vigne, A. Le Léap, D. Florentin, l’abbé Le Renard.
  • [54]
    Brochure des « Assises du peuple français pour la Liberté et la Paix », A. MRN, Champigny, Boulier-1977, p. 161.
  • [55]
    L’Humanité, le 9 décembre 1948. Albert Bayet, Jean-Marie Domenach d’Esprit, Pierre Stibbe de la Bataille socialiste, et des membres de l’Union des chrétiens progressistes en font partie.
  • [56]
    PV du secrétariat et du BP du PCF et communiqué du 30 septembre 1948, A. CC-PCF.
  • [57]
    PV du secrétariat, 7 et 14 février 1949, idem.

« Pour les militants du PCF, 1946 restait une année d’illusions… », écrit une intellectuelle revenant sur son passé de « stalinienne ». Elle ajoute que, par contraste, 1947 fut « l’année terrible ». L’examen que D. Desanti fait de son engagement militant, jusqu’à la fin de 1956, donne à voir comment les intellectuels communistes sont entrés en guerre froide. Joliot n’a pas eu le loisir de raconter sa vie et au cours de ces années il s’est peu confié, de telle sorte qu’une tentative de le suivre au travers des péripéties de la période laissera quelques insatisfactions. Il n’avait pas un caractère qui le poussât aux emportements dogmatiques, à une vision du monde en noir et blanc, à des prises de parti virulentes dans des querelles de conjoncture. Comment entre-t-il, comment accepte-t-il d’entrer, comme tant d’autres, dans les logiques d’affrontement et de simplification manichéenne de ces temps de guerre froide ? Jusqu’à quel point en épouse-t-il les causes qui coupent alors le monde en deux ?
En raison de l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations à l’UNAEC, Joliot a vécu une année 1946 plus douloureuse à lui qu’à beaucoup d’autres, communistes ou pas. Ainsi l’année 1947 le trouve-t-elle déjà averti des affrontements qui s’annoncent. Il est en mesure d’apprécier la gravité de la proclamation, au mois de mars, de la « doctrine Truman ». Parallèlement, son engagement est largement déterminé par son appartenance à la Résistance, à un courant du communisme issu de la Résistance, dominé par « …


Date de mise en ligne : 10/12/2021

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