Conclusion
- Par Denis Woronoff
Pages 277 à 279
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- Woronoff, D.
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À l’article « François de Wendel » du Dictionnaire des idées reçues, on pourrait lire sans doute : Tonner contre. Il est vrai que cette sorte d’unanimité vient comme naturellement chez les contemporains de Wendel, à gauche bien sûr, mais aussi, parfois, à l’autre bord. Le mélange du pouvoir et de l’argent fascine et inquiète, même si la puissance qui s’en dégage est en partie imaginaire et, probablement, surestimée. Le paradoxe de cet homme qui se livre si peu, sauf à son Journal, aura été d’être à la fois public et secret. « Un homme impénétrable », jugera un de ses adversaires de droite, Henri de Kerillis. Stratégie ou trait de caractère, cette position de retrait, sauf cas d’urgence, aura entretenu le soupçon. Peu de voix dissonantes et, en tout cas, convaincantes ont rompu le consensus. Les images positives n’avaient pas la force de celles qui voulaient nuire : elles s’offraient trop comme une hagiographie en construction. Mausolée de mots, précédant le mausolée de pierres, elles n’ont pas tenu davantage que ce dernier.
François de Wendel a partagé, avec d’autres grands « ploutocrates » de l’entre-deux-guerres, tels que Eugène Schneider, le sidérurgiste, Édouard de Rotschild, le banquier, Ernest Mercier, l’électricien, la vindicte d’une partie de l’opinion. Aucun n’a été, comme François de Wendel, une cible constante et privilégiée de ces attaques. Pourquoi ? Par rapport à Mercier, industriel récent, il a un nom célèbre, une inscription dans l’histoire. Rotschild, d’une dynastie si haïe par ailleurs, ne se rattache à aucun produit, aucun lieu particulier…
Date de mise en ligne : 09/06/2023
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