Chapitre d’ouvrage

L’ensauvagement

Pages 125 à 133

Citer ce chapitre


  • Fauconnier, B.
(2012). L’ensauvagement. Flaubert (p. 125-133). Gallimard. https://shs.cairn.info/flaubert--9782070439812-page-125?lang=fr.

  • Fauconnier, Bernard.
« L’ensauvagement ». Flaubert, Gallimard, 2012. p.125-133. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/flaubert--9782070439812-page-125?lang=fr.

  • FAUCONNIER, Bernard,
2012. L’ensauvagement. In : Flaubert. Paris : Gallimard. Folio Biographies, p.125-133. URL : https://shs.cairn.info/flaubert--9782070439812-page-125?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 5 septembre 1872.
  • [2]
    Edmond de Goncourt, Journal, 21 juin 1872.
  • [3]
    Lettre à Yvan Tourgueniev, 5 juin 1872.
  • [4]
    Cité par Claudine Gothot-Mersch, in La Tentation de saint Antoine, Gallimard, coll. « Folio », p. 43.
  • [5]
    Ibid.
  • [6]
    Ibid.
  • [7]
    Lettre à sa nièce Caroline, 14 septembre 1872.
  • [8]
    Lettre à Edma Roger des Genettes, 19 août 1872.
  • [9]
    Lettre à George Sand, 1er juillet 1872.
  • [10]
    Lettre à sa nièce Caroline, 25 octobre 1872.
  • [11]
    Lettre à Mme Roger des Genettes, 5 octobre 1872.
  • [12]
    Lettre à Mme Régnier, janvier 1873.
  • [13]
    Lettre de George Sand à son fils, Maurice, 3 mai 1873, citée par H. Troyat, op. cit., p. 307.
  • [14]
    Edmond de Goncourt, Journal, 3 mai 1873.
  • [15]
    Cité par Herbert Lottman, op. cit., p. 378.
  • [16]
    Lettre à Laure de Maupassant, 30 octobre 1872.
  • [17]
    Guy de Maupassant, L’Écho de Paris, 24 novembre 1890.

Il en est que la mort d’un parent libère des contraintes matérielles et de l’obligation de donner le change. Ce n’est pas son cas. Dans les mois qui suivent le décès de sa mère, Gustave s’enferme dans une solitude de plus en plus farouche. Seul lui importe son Saint Antoine. La rupture avec son éditeur Michel Lévy est au fond le signe tangible de sa nature profonde. N’ayant jamais rêvé d’une « carrière », il n’attend rien, sinon d’achever cette troisième version de Saint Antoine, « l’œuvre de toute [s]a vie ». Et il ajoute : « Je suis tellement dégoûté des éditeurs et des journaux que je ne publierai pas maintenant. J’attendrai des jours meilleurs ; s’ils n’arrivent jamais, j’en suis consolé d’avance. » Au plus profond de lui, il n’a jamais varié dans son opinion, sinon dans sa ligne de conduite :
Il faut faire de l’Art pour soi et non pour le public. Sans ma mère et sans mon pauvre Bouilhet je n’aurais pas fait imprimer Madame Bovary. Je suis, en cela, aussi peu homme de lettres que possible.
Assister au mariage de l’enfant d’une femme qu’on a passionnément aimée sans jamais la posséder, peut être source de mélancolie. La vie a passé, il faut céder son tour. Au mariage du fils d’Elisa Schlesinger, en juin 1872, il est ému et pleure comme s’il mariait son propre enfant.
En vérité, il devient de plus en plus irascible et asocial. Au cours de ce séjour à Paris, les quelques personnes qu’il voit le trouvent irritable, les nerfs à vif. Tout lui est motif de fâcherie…


Date de mise en ligne : 05/06/2024

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