Chapitre d’ouvrage

Les fantômes de l’amitié

Pages 121 à 124

Citer ce chapitre


  • Fauconnier, B.
(2012). Les fantômes de l’amitié. Flaubert (p. 121-124). Gallimard. https://shs.cairn.info/flaubert--9782070439812-page-121?lang=fr.

  • Fauconnier, Bernard.
« Les fantômes de l’amitié ». Flaubert, Gallimard, 2012. p.121-124. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/flaubert--9782070439812-page-121?lang=fr.

  • FAUCONNIER, Bernard,
2012. Les fantômes de l’amitié. In : Flaubert. Paris : Gallimard. Folio Biographies, p.121-124. URL : https://shs.cairn.info/flaubert--9782070439812-page-121?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Rapporté par Guy de Maupassant, La Revue bleue 19 janvier 1884.
  • [2]
    Lettre à George Sand, 7 octobre 1871.
  • [3]
    Lettre à George Sand, 21 janvier 1872.
  • [4]
    Lettre à sa nièce Caroline, 15 février 1872.
  • [5]
    Lettre à Maxime Du Camp, 6 avril 1872.
  • [6]
    Lettre de George Sand à Flaubert, 9 avril 1872, Correspondance, Gallimard, « Pléiade », t. 4, p. 509.
  • [7]
    Lettre à sa nièce Caroline, 23 avril 1872.

Après certains événements, écrire peut donner l’impression qu’on ne fait que tourner des ronds de serviettes. Telle est peut-être la fonction de l’artiste, dérisoire en apparence, essentielle en réalité. Créer n’empêche rien, et il est pourtant inconcevable de se taire. Ceux qui peuvent comprendre cela sont peu nombreux, c’est peut-être cette caste mandarinale à laquelle rêve Flaubert quand il considère le champ de ruines, morales surtout, qu’est devenue la France.
Sa colère n’est pas retombée. Lui qui « appelle bourgeois quiconque pense bassement », le voilà justement dans la peau d’un bourgeois ultrarépressif, comme rattrapé par la bêtise dont il a fait son combat, pareil à Don Quichotte face aux moulins à vent. Malheureusement pour lui, et peut-être pour nous qui l’aimons, les horreurs qu’il rumine, il les écrit. À George Sand surtout, qui est comme l’exutoire de ces délires misanthropes et antidémocratiques. Est-ce un hasard ? Il sait qu’il blesse la fibre sociale de sa vieille amie, très ébranlée il est vrai par les événements récents. Alors il appuie où ça fait mal, il enfonce le clou, en rajoute dans la provocation : la révolution a été un four, monarchie ou république, c’est du pareil au même, le suffrage universel est la honte de l’esprit humain. D’ailleurs, instruire le peuple est inutile. Il aurait fallu condamner aux galères tous les communards, ces chiens enragés, etc. George Sand a beau avoir l’esprit large et l’indulgence inépuisable, les philippiques de son « vieux troubadour », qui est en train, disons-le, de tourner au vieux schnock réactionnaire et répressif, commencent à lui échauffer les oreilles…


Date de mise en ligne : 05/06/2024

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

15,99 €

292 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)
Membre d'une institution cliente ?