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Conclusion. Sommes-nous tous des drogués ?

Pages 279 à 283

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  • Adès, J.
  • et Lejoyeux, M.
(2001). Conclusion. Sommes-nous tous des drogués ? Encore plus ! : Jeu, sexe, travail, argent (p. 279-283). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/encore-plus--9782738110367-page-279?lang=fr.

  • Adès, Jean.
  • et al.
« Conclusion. Sommes-nous tous des drogués ? ». Encore plus ! Jeu, sexe, travail, argent, Odile Jacob, 2001. p.279-283. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/encore-plus--9782738110367-page-279?lang=fr.

  • ADÈS, Jean
  • et LEJOYEUX, Michel,
2001. Conclusion. Sommes-nous tous des drogués ? In : Encore plus ! Jeu, sexe, travail, argent. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.279-283. URL : https://shs.cairn.info/encore-plus--9782738110367-page-279?lang=fr.

Le lecteur, s’il nous a suivis jusque-là, pourrait être pris de vertige : y a-t-il donc tant d’addictions, se demande-t-il, et moi-même, qui travaille parfois le week-end, qui peut jouer au tennis des heures entières ou craquer pour des achats dispendieux, suis-je un chercheur de sensations, et éventuellement un drogué ?
Notre propos n’était évidemment pas de susciter de telles inquiétudes ni de laisser penser que tout plaisir, pour peu qu’on s’y attache, nous transforme en toxicomane. On peut jouer de l’argent, séduire, acheter, travailler sans que rien n’apparente, heureusement, ces activités à l’usage d’une drogue.
Où commence donc la maladie ? Là où finit la liberté de choix, là donc où s’installe l’addiction, qui en est le contraire. Chercher des sensations fortes, c’est, après tout, l’un des plaisirs excitants de la vie : l’addiction peut en résulter, chez quelques-uns, quand le comportement se répète, moins du fait de la volonté que de celui d’une contrainte, d’un véritable besoin. Ce glissement progressif du plaisir, de la sensation à la dépendance, nous l’avons décrit dans cet ouvrage à propos du jeu, des achats, de la sexualité, et même du travail ou de l’exercice physique. On connaît depuis toujours les joueurs ruinés, les obsédés du sexe et les dilapidateurs de fortunes : on a longtemps, cependant, attribué au vice, choix pernicieux, de se perdre dans le plaisir, ces débordements stigmatisés par la société et réprouvés par la morale. Il n’y a pas si longtemps, après tout, que l’alcoolisme n’est plus appelé l’ivrognerie, qu’il est considéré comme une maladie, et que l’on sait que l’appel à la volonté, quand alcool ou drogue nous ont pris au piège, est un cri dans le désert…


Date de mise en ligne : 21/05/2025

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