De la recherche de sensations à l’addiction
- Par Jean Adès
- et Michel Lejoyeux
Pages 243 à 278
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- ADÈS, Jean
- et LEJOYEUX, Michel,
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- Adès, J.
- et Lejoyeux, M.
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- et LEJOYEUX, Michel,
Pourquoi Stéphane passe-t-il ses nuits devant Internet et Claire ses journées dans les magasins de vêtements ? Que cherchent les joueurs pathologiques, les workaholics et les dépendants de la sexualité ? Avant tout des sensations, des sensations fortes. Malebranche avait décrit ces sensations fortes comme celles « qui étonnent l’esprit et qui le réveillent avec quelque force, parce qu’elles lui sont fort agréables ou fort incommodes ».
Vladimir Jankélévitch, dans « L’aventure, l’ennui, le sérieux » a brossé le portrait psychologique de l’homme aventureux, en quête de sensations. Il peut devenir dépendant de l’amour, à la manière des love-addicts de Susan Peabody : « L’homme passionné par la passionnante insécurité de l’avenir, écrit Jankélévitch, par le passionnant aléa de l’avenir est dans la situation passionnelle de ces amants frénétiques qui ne peuvent vivre ni ensemble ni séparés : ensemble, ils se battent, ils ne se supportent pas ; séparés, ils languissent et aspirent de nouveau à leur symbiose confuse. »
Pour le chercheur de sensations, la nouveauté (nouveau vêtement, nouvelle expérience sexuelle, nouvel enjeu professionnel) est un puissant excitant, une sorte de drogue. Vladimir Jankélévitch explique ainsi l’attrait de la nouveauté : « C’est dans le renouvellement des sensations et la jouissance de la variété que la conscience, avec un peu d’imagination, trouvera de quoi oublier qu’elle existe. »
La recherche de sensations se nourrit de l’attrait de la nouveauté, de la peur de l’ennui et de la routine…
Date de mise en ligne : 21/05/2025
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