Chapitre d’ouvrage

142. Sur le charisme

Pages 623 à 645

Citer ce chapitre


  • Baechler, J.
  • et Escudier, A.
(2025). 142. Sur le charisme. Écrits : Tome II : Sociologie Volume 3. (1969-2002) (p. 623-645). Hermann. https://shs.cairn.info/ecrits-tome-ii-sociologie-vol-3--9791037043177-page-623?lang=fr.

  • Baechler, Jean.
  • et al.
« 142. Sur le charisme ». Écrits Tome II : Sociologie Volume 3. (1969-2002) Hermann, 2025. p.623-645. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ecrits-tome-ii-sociologie-vol-3--9791037043177-page-623?lang=fr.

  • BAECHLER, Jean
  • et ESCUDIER, Alexandre,
2025. 142. Sur le charisme. In : Écrits Tome II : Sociologie Volume 3. (1969-2002) Paris : Hermann. Hors collection, p.623-645. URL : https://shs.cairn.info/ecrits-tome-ii-sociologie-vol-3--9791037043177-page-623?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Paru in John A. Hall et Ian Jarvie eds., The Social Philosophy of Ernest Gellner, Amsterdam, Atlanta, Rodopi, 1996, p. 309-328 (rédaction : 24 octobre 1993) [NdÉ].
  • [2]
    Ernest Gellner, Saints of the Atlas, Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1969, p. 74 [Traduction du passage cité (NdÉ) : « On atteint l’agurramhood du fait qu’on est censé le posséder. L’agurramhood est dans l’œil du spectateur. Mais ce n’est pas tout à fait vrai : l’agurramhood est dans les yeux des spectateurs – tous, d’une certaine manière, louchent sur les autres spectateurs pour voir ce qui est dans leurs yeux, et s’ils le voient là, alors ils le voient aussi. Collectivement, cette caractéristique est une attribution, mais pour chacun, c’est un fait objectif, une caractéristique intrinsèque : car si tous les autres la voient chez un homme, alors, pour n’importe quel observateur singulier, cet homme le possède vraiment. »]
  • [3]
    Traduction française : « Voici donc l’organisation la meilleure pour le gouvernement d’une cité ou d’un royaume : un seul (unus) est placé en position de supériorité, selon la vertu, et préside à tous ; viennent ensuite, au-dessous, un certain nombre de dirigeants (principantes), selon la vertu ; et pourtant un tel gouvernement (principatus) s’étend à tous (ad omnes), tous ayant la possibilité d’être choisis (eligi) et tous étant d’autre part électeurs. Tel est en effet le régime (politia) optimal, bien combiné à la fois du royaume, en ce qu’un seul préside, de l’aristocratie, en ce que plusieurs dirigent, selon la vertu ; de démocratie (democratia) enfin, à savoir de pouvoir populaire (potestate populi), en ce que les dirigeants peuvent être choisis (eligi) parmi les membres du peuple, et le choix (electio) des dirigeants appartient au peuple (ad populum) » (NdÉ.)
  • [4]
    Coran, II 30 ; mais aussi XIV 32-3, XVI 12, 14, XXII 65. Plus ambigu, mais facile à tirer en un sens démocratique est le verset II 247 sur la royauté de Saül, envoyé par Dieu, mais où il est affirmé : « Dieu donne sa royauté à qui il veut ». Khalifat, traduit par « royauté », pourrait l’être par « pouvoir, autorité », voire « souveraineté » : Dieu, dans cette interprétation, « donne son pouvoir [par délégation d’en haut] à qui il veut [à tout un chacun, devenu siège de toute délégation d’en haut] ».

Je suis, dès longtemps, tombé en arrêt devant ce passage de Saints of the Atlas :
« One attains agurramhood by being held to possess it. Agurramhood is in the eye of the beholder. But that isn’t quite right : agurramhood is in the eyes of the beholders – all of them in a sense squint to see what is in the eyes of other beholders, and if they see it there, then they see it also. Collectively this characteristic is an ascription, but for any one man, it is an objective fact, an inherent characteristic : for if all others see it in a man, then, for any single beholder, that man truly has it ».
Rappelons que la qualité d’agurram est celle d’un « saint » qui, dans ces sociétés de l’Atlas marocain, comme, sous d’autres dénominations, dans de nombreuses autres sociétés tribales, assure les fonctions d’arbitrage et de médiation entre les segments qui composent la société. Ces « saints » appartiennent à des lignages distincts, venus d’ailleurs. Chaque membre de ces lignages est susceptible de devenir agurram, mais seuls sont investis du titre et de la fonction ceux que les parties intéressées reconnaissent comme habités par la baraka, terme que les sociologues rendront volontiers par l’expression consacrée de charisme.Avec sa justesse de vue et sa concision d’expression habituelles, Ernest Gellner a saisi tous les éléments de cette structure à la fois évidente et mystérieuse qu’est une relation charismatique. Le lien a quelque chose d’évident, car l’on comprend de soi que, si un groupe défini attribue une qualité à quelqu’un, ce quelqu’un devient le siège réel de cette qualité aux yeux de chaque membre du groupe…


Date de mise en ligne : 01/07/2025

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Gestion - Ouvrages + Revues

380 € par an

10 000 ouvrages et 300 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

26,99 €

936 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

10,00 €

23 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?