18 - Un langage à double canon pour une traversée à fleur de sens et de sang ou le cas Castera
Pages 237 à 248
Citer ce chapitre
- DUROSIER DESRIVIÈRES, Jean,
- MÉNARD, Nadève,
- Durosier Desrivières, Jean.
- Durosier Desrivières, J.
- N. Ménard
https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0237
Citer ce chapitre
- Durosier Desrivières, J.
- N. Ménard
- Durosier Desrivières, Jean.
- DUROSIER DESRIVIÈRES, Jean,
- MÉNARD, Nadève,
https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0237
Notes
-
[1]
Université Lumière, Lyon 2.
-
[2]
L’année 1986 marque la chute de la dictature de Duvalier. Georges Castera retourne au pays natal au cours de la même année.
-
[3]
Traduction de Rodney Saint-Éloi.
-
[4]
Compositions publiées dans l’ordre respectif : éd. INIP, 1986, 1986 ; éd. À Contre-courant, 1990, 1993, 1995 ; éd. Mémoire / Planète rebelle, 1998 ; éd. Dawill / Georges Castera, 2000 ; éd. Mémoire, 2001. Nous avons traduit un peu plus bas deux titres (Rèl : Cri ; Awòdpòte : D’une grande portée) dont les sens nous paraissent évidents ; les autres n’ont pas été traduits parce qu’ils subiraient, à notre avis, un déficit de sens considérable, à moins d’en faire tout une périphrase. Et là encore ! L’on ne saurait, par exemple, traduire Jòf par Voyeurisme, si l’on tient compte de l’explication consignée dans le dernier segment de l’article.
-
[5]
Compositions publiées dans l’ordre respectif : Le Natal, 1992, 1992, 1993 ; éd. Mémoire, 1996, 1999 ; éd. Caractères, 2006.
-
[6]
Entretien avec Georges Castera, réalisé par Rodney Saint-Éloi, paru dans Le Nouvelliste, le 12 mars 1993.
-
[7]
Conférence de Georges Castera sur « L’écriture poétique créole », Faculté de linguistique appliquée, Université d’État d’Haïti, le 7 juin 1991.
-
[8]
« Stridence », Brûler, éd. Mémoire, p. 72.
-
[9]
BARTHES Roland, Le degré zéro de l’écriture, Paris, Seuil, 1953 / 1972, p. 23.
-
[10]
CASTERA Georges, « Pour constat », in Droits de l’homme. Utopie Défi Réalités, UNESCO, 1998, p. 52.
-
[11]
Traduction de l’auteur de cet article. Idem pour toutes les autres traductions. Il est à noter qu’une mention spéciale a été attribuée à Georges Castera par le jury du Prix Carbet (1995) pour Rèl.
-
[12]
Conjonction, no 193, avril-mai-juin 1992, 110.
-
[13]
« Frap », Awòdpòte, éd. À Contre-courant, p. 72.
-
[14]
MAULPOIX Jean-Michel, Du lyrisme, Paris, éd. J. Corti, 2000, p. 376.
-
[15]
PONGE Francis, « Le plus grand artiste », Pratiques d’écriture ou l’inachèvement perpétuel, Paris, Hermann, 1984, p. 95.
-
[16]
Extrait d’une longue interview que Georges Castera avait accordée à Charles H. Rowell pour la revue Callaloo. Seulement une infime partie a été publiée dans le magazine, vol. XV, no 2.
-
[17]
CASTERA Georges, « À partir d’un débat sur les nouvelles directions de la poésie haïtienne », in Nouvelle Optique, vol. 1, no 1, Montréal, janvier 1971.
-
[18]
« L’ombre du poème à tes pieds », Brûler, p. 76.
-
[19]
POTEAU Serge Garry, France-Antilles, 11 juin 2004, p. 2.
-
[20]
Idem.
Les deux décennies post-duvalériennes
portent paradoxalement les
empreintes du chaos et du renouveau. Le champ (chant) littéraire haïtien,
pour sa noblesse, se voit investi de ce renouveau dont le désordre et la
violence seraient le plus souvent le ferment. Or, choisir d’écrire dans ce
pays en lutte perpétuelle défiant presque toute perspective conduit ceux
qui tirent les pépites miraculeuses de la fange ardente à deux (im) postures
possibles : scripteur parasite, être d’insouciance au-dessus de la mêlée ou
créateur alerte, guerrier du réel et de l’imaginaire. Georges Castera fils
quant à lui, revenu tout droit de l’exil après la chute de Baby Doc (1986),
maintiendra sa position dans le camp du lyrisme en partant à l’assaut de la
complexe réalité haïtienne avec une artillerie encore lourde et percutante
de ses deux codes linguistiques : une poésie d’expression créole et
française, une parole vive, virile et vivifiante, pour constater, dénoncer et
résister, à deux doigts du rêve, du désir et du plaisir. À l’heure d’un ultime
bilan, traçons une esquisse thématique qui répondrait à une question
essentielle : comment le poète arrive-t-il à énoncer dans son écriture
poétique un discours transfigurant, empli à la fois de sens politique,
critique et érotique, ancré dans un univers quasi carcéral (Haïti) ?
Malheureux ceux qui se croient dignes de dire Haïti en marge de ses
langues et/ou de ses langages. Bienheureux celui qui délie son intelligence
aux sens et aux rythmes des signes du pays…
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