7. Entre la mer et les murs…
- Par Alain Ricard
Pages 133 à 149
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Ebrahim Hussein est un poète, mais il n’a pas publié de recueil de ses textes, seulement quelques poèmes dispersés dans divers ouvrages : à chacune de mes visites, il m’a donné des textes… Son théâtre, et notamment Jogoo Kijijini et Arusi, est écrit dans un vers libre qui prolonge les recherches sur la libération de la poésie swahili dont l’œuvre de Kezilahabi, Kichomi (1984, traduit en italien par Elena Bertoncini), trace un premier état. Entre l’océan des idées, dans lequel le petit poisson noir (Samaki mdogo mweusi, 1980) se jette, et les murs – y compris celui de Berlin – qui l’ont toute sa vie enserré, sa poésie est celle d’un être épris de liberté, qui invente une nouvelle façon d’être swahili, en kiswahili.
Ebrahim Hussein a été un militant étudiant de la TANU, le parti nationaliste de Nyerere ; son grand-père maternel a soutenu la TANU dans la région côtière. Ebrahim a aussi fait partie des étudiants qui sont partis au village, dans l’Usambara, où il a passé plus d’un an, dans les années soixante. A la fondation de l’université, il a fait des études de théâtre avec le professeur Fiebach, venu d’Allemagne de l’Est ; il a aussi été l’assistant de Wilfred Whiteley, fondateur et maître des études swahili modernes. Dès ses années d’étudiant, il s’est fait connaître comme poète et comédien. Son poème Ngoma na vailini (Tambours et violons), qui date de 1968, année où il était étudiant « en théâtre et linguistique », a été « mimé par l’auteur durant une représentation scénique » (Abdulaziz, 1979 : 104)…
Date de mise en ligne : 26/09/2018
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